Parc national de Tsimanampetsotsa
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| Pays | |
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| Région | |
| Coordonnées | |
| Ville proche | |
| Superficie |
43 200 ha |
| Type |
Parc national de Madagascar (d) |
|---|---|
| Catégorie UICN |
II |
| WDPA | |
| Création |
2002 (1927) |
| Patrimonialité | |
| Administration | |
| Site web |
Le parc national de Tsimanampetsotsa alias parc national Tsimanapesotse est un parc national de Madagascar créé en 2002. Situé dans la province de Tuléar, il est un des premiers sites Ramsar de Madagascar et est inscrit depuis 2023 au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des forêts sèches de l’Andrefana.
Localisation
Le parc national de Tsimanampetsotsa est situé dans le sud-ouest de Madagascar, dans la région Atsimo-Andrefana, à environ 90 kilomètres au sud de la ville de Toliara[1]. Il se trouve également à 60 kilomètres au sud d’Anakao, une localité côtière réputée pour ses activités touristiques.
Cette aire protégée couvre une superficie d’environ 43 200 hectares et s’organise autour du lac Tsimanampetsotsa, un lac salé d’une teinte passant du bleu turquoise au vert émeraude à Madagascar[2]. Le parc s’étend principalement sur le plateau calcaire de Mahafaly et comprend différents types de paysages, notamment des zones de forêt épineuse, des formations karstiques et des milieux littoraux.
Accès
Le parc national de Tsimanampetsotsa est accessible principalement par des routes secondaires, dont certaines peuvent devenir difficilement praticables durant la saison des pluies.
Depuis Toliara, l’itinéraire terrestre consiste à emprunter la RN7 en direction de l’est jusqu’à Andranovory (environ 70 km), puis à bifurquer vers le sud sur la RN10 en direction de Betioky Atsimo, située à environ 90 km. Il faut ensuite continuer sur la RN10 sur une trentaine de kilomètres jusqu’à une bifurcation signalant l’accès au parc, peu après le village de Befaha. À partir de ce point, une piste mène vers l’ouest sur environ 102 km jusqu’au village de Beheloke, puis se prolonge sur environ 30 km le long de la côte jusqu’à Efoetse, principal point d’entrée du parc et siège du centre d’accueil [3].
L’accès peut également se faire par voie maritime depuis Toliara, en rejoignant les localités côtières d’Anakao ou d’Ambola, puis en poursuivant par voie terrestre jusqu’au parc.
Un autre itinéraire combine transport routier et traversée en bac au niveau de Saint-Augustin, situé à environ 36 km au sud de Toliara, permettant de rejoindre Soalara. Cet accès facilite le trajet pour les véhicules tout-terrain, bien que le fonctionnement du bac reste irrégulier .
Les modalités d’accès, les services de guidage et les infrastructures sont gérés par Madagascar National Parks, dont des bureaux sont situés à Toliara et à Efoetse.
Histoire
Le site de Tsimanampetsotsa est l’une des plus anciennes aires protégées du pays. Initialement, environ 17 520 hectares ont été classés en réserve naturelle intégrale par décret du . La réserve a ensuite été étendue à 43 200 hectares par le décret n° 66-242 du [3].
Dans une optique de meilleure représentativité des écosystèmes et de la biodiversité, l’aire protégée a connu plusieurs extensions successives, atteignant plus de 200 000 hectares au milieu des années 2000. En 2002, elle a été reclassée en parc national par le décret n° 2002-797 du 7 août 2002. Ses limites ont ensuite été révisées par le décret n° 2015-736 du 21 avril 2015, intégrant notamment de nouvelles zones d’intérêt biologique telles que le site d’Hatokaliotsy, identifié dès 1956 comme zone à protéger.
Le parc est inscrit en sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, au titre des forêts sèches de l'Andrefana[4].
Gestion
La gestion du parc est étroitement liée aux conditions de vie des populations riveraines. Le développement des zones périphériques constitue un enjeu majeur, dans un contexte marqué par la sécheresse et l’insécurité alimentaire. L’écotourisme, favorisé par la position du parc sur un axe touristique reliant Toliara à Fort-Dauphin via Anakao et le Cap Sainte-Marie, est considéré comme un levier potentiel de développement local et de valorisation durable des ressources naturelles .
La gestion du site est assurée par Madagascar National Parks (MNP), organisme responsable de la gestion des parcs nationaux et des aires protégées à Madagascar.
Fréquentation touristique
Malgré le potentiel de le réserve nature de Tsimanampetsotsa, la fréquentation touristique du parc reste relativement limitée. Depuis son ouverture en 2002, le nombre de visiteurs annuels oscille généralement autour de 1 000 à 1 500 personnes, avec une progression notable à partir de 2004, avant une baisse ponctuelle en 2009 [5].
Paysages et habitats
Le site de Tsimanampesotse présente une grande diversité de paysages et d’habitats naturels, caractéristiques du sud-ouest de Madagascar.
Le lac Tsimanampetsotsa
Le parc s’organise autour du lac Tsimanampetsotsa, un lac salé allongé d’environ 15 km de long pour 1,5 à 3 km de large, couvrant près de 1 900 hectares. Ce lac s’inscrit dans un système hydrologique complexe comprenant les eaux souterraines du plateau calcaire, les sources, les petits cours d’eau, la plaine côtière et les interactions avec le milieu marin [6].

La richesse biologique du site, caractérisée par la présence d'une colonie de grèbe malgache et par un taux d'endémisme exceptionnel, a conduit à la reconnaissance internationale du lac comme premier site Ramsar de Madagascar, le , marquant le début d’un programme structuré de conservation des zones humides dans le pays[7],[8].
Les formations végétales sont dominées par des fourrés xérophiles installés sur les dalles calcaires du plateau Mahafaly. Ces milieux secs abritent une flore et une faune hautement adaptées aux conditions arides.
Le paysage est également marqué par la présence de grottes, avens et gouffres, dont certains ont une importance culturelle et spirituelle pour les populations locales. Ces milieux souterrains abritent des espèces uniques, notamment des poissons aveugles adaptés à l’obscurité permanente.
On observe par ailleurs une mosaïque d’habitats comprenant des dunes sableuses, des savanes, des affleurements rocheux ainsi que des marécages temporaires, qui varient fortement selon les saisons.
Enfin, le site est alimenté par plusieurs sources d’eau souterraines, telles que Emande, Andranoaomby, Manavambe et Manavankele, essentielles au maintien des écosystèmes locaux dans ce contexte semi-aride.
Le plateau Mahafaly

Le Tsimanampetsotsa National Park se situe au cœur du plateau Mahafaly, une vaste unité géologique caractérisée par des formations calcaires anciennes et fortement modelées par les processus karstiques[9]. Ce contexte géologique explique la présence de paysages typiques tels que des dépressions fermées, des grottes, des fissures et des reliefs dissous par l’érosion, qui donnent au parc son caractère particulier[10]. Ainsi, Tsimanampetsotsa s’inscrit pleinement dans un environnement dominé par le calcaire et les dynamiques d’érosion propres aux régions semi-arides du sud malgache.
Le plateau Mahafaly structure l’ensemble du paysage régional, en assurant la transition entre les zones côtières et l’intérieur des terres[11]. Dans ce cadre, le parc de Tsimanampetsotsa représente une zone centrale et emblématique de ce système naturel. Plus à l’ouest, l’aire protégée de Tsinjoriake Protected Area s’étend le long du littoral au sud de Toliara, tandis que le plateau s’élève progressivement vers l’intérieur, mettant en évidence les contrastes entre côte et arrière-pays. Tsimanampetsotsa apparaît ainsi comme un élément du plateau Mahafaly, où les interactions entre géologie, climat et érosion sont particulièrement visibles [12].
Biodiversité
Le parc national de Tsimanampetsotsa possède une biodiversité, caractérisée par un fort taux d’endémisme chez les plantes et les animaux. Il fait partie de l’éco‑région des forêts épineuses malgaches, un milieu aride unique comprenant des formations végétales adaptées à la sécheresse en raison du climat subaride de la région.
Le parc national de Tsimanampetsotsa abrite une richesse faunique[10]:
Les faunes
La faune du parc est diversifiée, avec plusieurs espèces endémiques ou rares présentes dans différents groupes zoologiques.

Mammifères
Le parc abrite une variété de mammifères, notamment plusieurs espèces de lémuriens et carnivores. Parmi les lémuriens figurent le maki catta (Lemur catta), le sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxi), le microcèbe gris (Microcebus griseorufus), le lémur sportif à pieds blancs (Lepilemur leucopus) et le lémur nain à queue grasse (Cheirogaleus medius). Ces espèces sont adaptées à la forêt sèche et xérophile du parc.
Le parc est également le seul site documenté pour la mangouste de Grandidier (Galidictis grandidieri), une espèce rare et endémique du sud de Madagascar [6].
Oiseaux

Tsimanampetsotsa possède des populations d’oiseaux, avec plus de 110 espèces connues, dont une trentaine de taxons endémiques de Madagascar. Le lac salé et ses zones humides attirent notamment des groupes de flamants roses (Phoenicopterus roseus) [13] et de flamants nains (Phoeniconaias minor), ainsi que des espèces comme le pluvier de Madagascar (Charadrius thoracicus) et le grèbe malgache (Tachybaptus pelzelnii), cette dernière étant menacée. Dans les forêts épineuses se rencontrent diverses espèces de coua, ainsi que des vaangas et des nouvtonies.
Reptiles et amphibiens

La diversité des reptiles est élevée, avec près de 40 espèces recensées, parmi lesquelles des tortues emblématiques comme la tortue radiée (Astrochelys radiata) et la tortue arachnoïde (Pyxis arachnoides), toutes deux menacées. D’autres reptiles représentés incluent divers caméléons, geckos et serpents adaptés aux zones arides. Quelques amphibiens existent également malgré les conditions sèches du parc.
Autres groupes
Des chauves‑souris et d’autres petits mammifères complètent l’inventaire faunique, contribuant à la richesse biologique du parc.
Les flores
La flore du parc est dominée par des formations végétales adaptées au climat aride. Les forêts épineuses xérophiles sont typiques du plateau calcaire de Mahafaly et comprennent de nombreux baobabs, pachypodiums et autres plantes succulentes. Ces communautés végétales accueillent une forte proportion d’espèces endémiques, reflétant le caractère unique de cet écosystème.
En plus des forêts denses, on trouve des fourrés littoraux, des formations herbacées et des zones ripicoles autour des points d’eau et des grottes, qui augmentent encore la diversité des habitats disponibles pour la flore.

Parmi les les espèces emblématiques & endémiques figurent [14]:
- Adansonia rubrostipa
- Pachypodium geayi
- Didierea madagascariensis, Didierea trollii
- Alluaudia montagnacii, Alluaudia comosa
- Albizia tulearensis, Albizia mahalao
- Neobeguea mahafaliensis, Alluaudiopsis fiherenensis, Operculicarya decaryi
- Commiphora orbicularis, C. lamii, C. mahafaliensis
- Diospyros manampetsae
- Euphorbia fiherenensis, Aloe suzannae, Aloe
- Delonix adansonioides, Delonix floribunda
- Capuronianthus mahafaliensis, Cedrelopsis grevei, Cedrelopsis gracilis
- Humbertiella quararibeoides, Grewia grevei, Erythrophysa aesculina
- Senna meridionalis, Dicraeopetalum mahafaliense
- Gyrocarpus americanus, Manilkara, Uapaca, Canarium, etc.
Pressions et menaces
Le parc national abrite des tortues radiées (Astrochelys radiata). Cependant, l'exploitation des tortues radiées pour la consommation locale et le trafic illégal menace le fonctionnement du Parc.
Autres pressions:
- coupe sélective d’arbres forestiers pour la construction,
- feux de brousse,
- défrichement.
