Parc naturel de Los Alcornocales
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| Pays | |
|---|---|
| Subdivision |
Provinces de Cadix et Malaga |
| Aire protégée |
Parc naturel |
| Coordonnées | |
| Superficie |
167 767 hectares |
| Partie de |
Réseau Natura 2000, Natura 2000 en Espagne (d) |
| Type |
Parc naturel (d), site d'intérêt communautaire |
|---|---|
| Catégorie UICN |
V (paysage terrestre ou marin protégé) |
| WDPA | |
| Création |
, |
| Nom du Bien |
Parque natural de Los Alcornocales |
|---|---|
| Année d'inscription |
1989 |
| Type |
UICN |
Le parc naturel de Los Alcornocales a été déclaré parc naturel par le Parlement d'Andalousie en 1989. Cet espace naturel protégé constitue une grande bande orientée sud-nord qui s'étend de la zone côtière de Tarifa, sur le détroit de Gibraltar, jusqu'aux sierras de l'intérieur, sur les communes de Cortes de la Frontera, Ubrique et El Bosque. Avec une surface de 167.767 hectares, c'est l'un des plus grands parcs naturels d'Espagne.
Le parc naturel appartient pour une grande partie à la province de Cadix et pour une part à la province de Málaga, et s'étend sur 18 communes: Alcalá de los Gazules, Algar, Algeciras, Arcos de la Frontera, Benalup-Casas Viejas, Benaocaz, Castellar de la Frontera, El Bosque, Jerez de la Frontera, Jimena de la Frontera, Los Barrios, Medina Sidonia, Prado del Rey, San José del Valle, San Roque, Tarifa, Ubrique et Cortes de la Frontera, avec une population totale de 380.000 habitants.
La quasi-totalité du territoire du parc est occupée par des masses forestières de forêt autochtone méditerranéenne, donnant matière à différentes exploitations, forestière, d'élevage, pour la chasse, la cueillette de champignons et de bruyère, mais surtout la production de liège[1].
Le parc présente une variété de paysages, de faune et de végétation, ainsi qu'un patrimoine culturel, exceptionnels dans la péninsule ibérique.
Le parc naturel Los Alcornocales se trouve enclavé dans le bord sud-ouest de la Cordillère Bétique. Il fait partie du complexe dénommé “Unités du Campo de Gibraltar”, constitué essentiellement par des roches détritiques d'origine marine.
La plus étendue (plus de 90 % de la surface du parc naturel) est l'Unité de l'Aljibe, formée de deux niveaux: le premier, la base, constitué d'un ensemble de matériels argileux, très plastiques, avec des couches de grès et calcaires intercalées, appelés Argiles de Jimena ou Série de Base de l'Aljibe et un deuxième niveau, le plus caractéristique et le plus largement représenté, le Grès de Gavala ou de l'Aljibe, lequel se stratifie en de puissants bancs qui souvent dépassent la dizaine de mètres.
La géomorphologie du parc naturel suit la disposition et lithologie des matériels affleurants principaux, les grès et argiles de l'Unité de l'Aljibe, donnant lieu à un ensemble de sierras au relief abrupt et aux fortes pentes, suivant une direction générale nord-sud dans la zone septentrionale et Sud-est-Nord-ouest dans le tiers méridional, le point le plus élevé étant le pic de l'Aljibe (1092 mètres).
La présence d'autres unités géologiques, le Subbétique à l'extrêmité nord-ouest du Parc, et les terrains post-orogéniques de la partie sud-est ainsi que ceux qui remplissent les plaines alluviales, diversifient les formes du paysage.
Climat

Etant donnée la position géographique de Los Alcornocales, le climat dominant dans la zone est, logiquement, méditerranéen avec une influence atlantique, mais un ensemble de facteurs contribuent à le rendre singulier. En premier lieu, la proximité de la mer provoque un effet amortisseur de l'oscillation thermique, en maintenant des écarts très constants et doux toute l'année. Il faut y ajouter des pluies annuelles qui dépassent pratiquement 800 l/m², et atteignent même dans certaines zones plus de 1400 l/m2 grâce aux fronts océaniques qui le balaient d'ouest en est pendant les mois d'automne, hiver et printemps. Dans les sierras du sud, on observe aussi la présence de brouillards estivaux connus comme les "barbes du levant", qui fournissent une humidité environnementale et de précieuses précipitations horizontales pendant la longue saison sèche caractéristique du climat méditerranéen. Tous ces facteurs contribuent à créer un microclimat spécial, aux caractéristiques très similaires à celui qu'on trouve dans des zones subtropicales et macaronésiques, qui favorise la croissance d'une végétation de jungle exubérante, ce qui a valu aux Alcornocales le surnom de "dernière jungle méditerranéenne".
Le vent est aussi un facteur important dans le Parc. La proximité du détroit de Gibraltar et la disposition nord-sud des massifs les plus proches des côtes conditionne la fréquence et l'intensité des vents, qui atteignent les valeurs les plus élevées de toute la péninsule ibérique, ce dont témoigne l'existence du plus grand champ de production d'énergie éolienne de toute l'Espagne.
Végétation

Le parc se distingue par la possession de la forêt de chênes-lièges la plus étendue d'Espagne et l'une des plus grandes du monde, dans un magnifique état de conservation, bien que se poursuive l'exploitation humaine du liège. À la différence des montagnes boisées de chênes-lièges d'autres latitudes, qui sont peu denses, dans cette zone les arbres forment de véritables forêts accompagnées d'une végétation arbustive et herbacée riche et variée, en intime connexion, qui assure la régénération naturelle de la forêt, un bon mélange d'âges et une très grande biodiversité de flore et de faune.
En plus des bois de chênes-lièges, le Parc a d'autres masses forestières importantes, en qualité comme en quantité. Sont particulièrement remarquables les chênes canariens ou chênes andalous, restes d'époques passées, qui forment des bois d'une beauté indescriptible, où l'humidité environnementale et édaphique est primordiale, avec les troncs et les branches colonisés par des lichens, des mousses, des fougères épiphytes et quelques plantes supérieures qui grimpent à la recherche de la lumière qui manque au niveau du sol à cause de la grande densité de la couverture et de la grande taille des feuilles de cet arbre. Il y a aussi d'autres espèces typiques de la forêt méditerranéenne, comme l'olivier et le chêne tauzin.
Le terrain est constitué de massifs montagneux relativement doux, allant jusqu'à 1000 m d'altitude, avec quelques vallées encaissées dites "canutos" (tubes), où coulent de petits ruisseaux de montagne, qui fournissent l'autre caractéristique fondamentale du parc et la communauté végétale la plus remarquable du point de vue scientifique, des forêts galerie de type subtropical ou laurisylve qui sont uniques en Europe continentale, avec la présence de laurier, rhododendron, bourdaine, viorne tin, aulne, accompagnés de houx et de nombreuses espèces de fougères, extrêmement rares à ces latitudes, bien que ce type de végétation ait occupé la plus grande partie du centre et du sud de l'Europe au Cénozoïque. Los Alcornocales possède le type de plante vasculaire le plus ancien qui vive sur terre, une fougère, Psilotum nudum, qui ne se trouve que dans certaines zones subtropicales de la planète, dans des régions éloignées de plusieurs milliers de kilomètres de leur situation européenne.
Espèces arborées et arbustives

- Ficus carica
- Quercus coccifera
- Quercus rotundifolia
- Quercus suber
- Quercus pyrenaica
- Quercus canariensis
- Quercus faginea
- Quercus lusitanica
- Alnus glutinosa
- Cistus crispus
- Cistus albidus
- Cistus ladanifer
- Cistus monspeliensis
- Cistus populifolius subsp. major
- Cistus salviifolius
- Halimium alyssoides
- Halimium atriplicifolium
- Erica australis
- Erica arborea
- Erica scoparia
- Erica umbellata
- Calluna vulgaris
- Arbutus unedo
- Rhododendron ponticum subsp. baeticum
- Rubus ulmifolius
- Rosa sempervirens
- Rosa pouzinii
- Pyrus bourgeana
- Crataegus monogyna
- Ceratonia siliqua
- Genista linifolia
- Genista tridens
- Genista tridentata
- Genista triacanthos
- Stauracanthus boivinii
- Ulex borgiae
- Calicotome villosa
- Cytisus baeticus
- Cytisus villosus
- Cytisus tribracteolatus
- Daphne gnidium
- Daphne laureola
- Myrtus communis
- Osyris quadripartita
- Ilex aquifolium
- Rhamnus alaternus
- Rhamnus lycioides subsp. oleoides
- Vitis vinifera
- Pistacia lentiscus
- Hedera helix
- Nerium oleander
- Lithodora prostrata
- Phlomis purpurea
- Calamintha sylvatica
- Lavandula stoechas subsp. stoechas
- Teucrium fruticans
- Teucrium scorodonia subsp. baeticum
- Fraxinus angustifolia
- Olea europaea
- Phillyrea angustifolia
- Phillyrea latifolia
- Viburnum tinus
- Lonicera periclymenum
- Phagnalon rupestre
- Chamaerops humilis
- Asparagus aphyllus
- Ruscus aculeatus
- Smilax aspera.
Faune

La richesse faunistique du parc est elle aussi déterminée en grande partie par sa position géographique. Sa position à l'extrémité la plus méridionale de l'Europe en fait un passage périodique obligé, vers et depuis l'Afrique, de millions d'oiseaux migrateurs qui convergent vers cette zone dans leur recherche saisonnière de nourriture et d'un climat plus doux pour leur développement. Ainsi, Los Alcornocales est un véritable paradis pour les amateurs d'ornithologie, qui viennent contempler notamment le passage des oiseaux planeurs: cigognes, milans, bondrée apivore, aigle botté, circaète Jean-le-Blanc, vautour, vautour percnopètre et de nombreux autres oiseaux qui récupèrent de l'énergie dans le parc ou attendent que les conditions climatologiques soient favorables pour la traversée toujours problématique du détroit de Gibraltar. Parmi les oiseaux résidents, les plus remarquables sont le pic épeiche, la sittelle torchepot, la mésange à longue queue, la mésange charbonnière, le pinson des arbres, entre autres.
Les populations de mammifères sont importantes, par leur variété et leur abondance. Avec un peu de chance, dans Los Alcornocales on peut observer des mangoustes d'Egypte — les plus grandes populations européennes de cette mangouste sont conservées dans le Parc —, des genettes, des loutres, des blaireaux, des renards, des fouines et des belettes pour les carnivores, et des cerfs, des bouquetins ibériques, des sangliers et des chevreuils pour les herbivores. Ces sierras ont le privilège d'héberger la dernière population de chevreuils andalous de la race dénommée morisca, à la limite sud-ouest de la distribution mondiale de l'espèce. En ce qui concerne la présence du lynx, il n'existe pas d'évidence de population, mais seulement l'observation en 1998 d'un individu libéré à Hornachuelos qui, égaré dans son trajet vers Doñana, a été attrapé à Medina-Sidonia. Il y a aussi des mentions de mygale andalouse (Macrothele calpeiana), et quelques populations de libellules en danger d'extinction dans les ruisseaux,. Plus récemment, certains écologistes ont proposé la réintroduction du loup ibérique dans le parc.
Histoire

Los Alcornocales est enclavé dans un lieu stratégique, où s'unissent l'Atlantique et la Méditerranée et presque l'Europe avec l'Afrique. La position géographique est l'un des aspects qui ont le plus marqué les avatars de son patrimoine, aussi bien naturel que culturel. Son peuplement commence il y a des dizaines de milliers d'années, comme en témoignent les gisements archéologiques proches appartenant à l'homme de Néandertal, les tombes anthropomorphiques ou les restes de gravures et peintures rupestres qui remontent au Paléolithique et au Néolithique. Mais ce sont surtout les abris de l'Âge de Bronze qui attirent l'attention du visiteur. De la bonne cinquantaine de grottes existantes, les plus remarquables pour leur valeur artistique et leur singulière thématique sont la grotte du Tajo de las Figuras, considérée comme la chapelle sixtine de l'art rupestre schématique; la grotte de la Laja Alta, qui héberge un petit catalogue des premières embarcations qui ont sillonné la Méditerranée en provenance de l'orient; et la grotte de Bacinete, avec plus d'une centaine de représentations pictographiques dans un magnifique état de conservation.
Après les premiers habitants, beaucoup d'autres se sont établis dans cet espace, les cultures et civilisations se superposant, ce qui a apporté une nuance ethnologique particulière et un legs d'une fantastique richesse: monuments mégalithiques, restes ibériques, phéniciens, romains (Iptuci), visigoths, forteresses arabes, enclaves castillanes, etc. Beaucoup des villages qui font aujourd'hui partie du parc naturel ont eu leur apogée pendant le royaume nasride, lorsqu'ils constituaient la ligne frontalière occidentale du Royaume de Grenade. Encore aujourd'hui ils conservent beaucoup de traits andalousis dans leurs quartiers historiques, typiques des villages blancs de la région. Jimena de la Frontera, Castellar de la Frontera ou Medina-Sidonia en sont de magnifiques exemples. La zone a été le théâtre d'opérations du grand général d'Alfonso X et Sancho IV, Alonso Pérez de Guzmán, qui est mort au cours d'une bataille à Gaucín, très proche du parc naturel. A cette époque l'influence du royaume Nasride avait déjà diminué dans la région.
D'autres événements historiques ont eu lieu près du Peñón de Ballesteros pendant la Guerre d'Indépendance Espagnole au début du XIXe siècle.
Un autre épisode important dans ces terres s'est produit pendant la guerre civile espagnole, lorsque des citoyens loyaux à la république ont fui dans les montagnes du parc, où ils ont été capturés et torturés, par exemple lors du Cortijo de El Marrufo.
Paysages
Équipements d'usage public


Le parc dispose d'un centre de gestion et de plusieurs centres pour les visiteurs:
- Bureau de Gestion de l'Espace Naturel sur la route À-2228, Alcalá-Benalup, km 1 Alcalá de los Gazules.
- Centre de visiteurs "El Aljibe", dans la banlieue d'Alcalá de los Gazules.
- Centre de visiteurs "Huerta Grande", Algeciras.
- Centre de visiteurs "Cortes de la Frontera" - Cortes de la Frontera (Málaga].
- Centre d'Éducation Environnementale "Salle de cours de la Nature El Picacho" Alcalá de los Gazules.
Il existe divers complexes touristiques, comme:
- Zone récréative et de Campement "La Sauceda" - Cortes de la Frontera (Málaga).
- Zone de campement "Los Tornos" à Facinas.
- Zone récréative "Charco Los Hurones" à Jerez de la Frontera, qui sera reconverti en complexe touristique rural.
- Zone récréative "Molinos del Raudal" à Los Barrios.
- Parc Botanique et Thématique de Los Alcornocales "Tajo de la Cisma" à Benalup-Casas Viejas.

Il y a aussi un grand nombre de routes de randonnée pédestre, cyclotourisme ou randonnée à cheval:
- Ruta de los Molinos
- Ruta Rio Hozgarganta
- Ruta Garganta del Puerto Oscuro
- Ruta de la Laguna del Moral
- Ruta del Rio de la Miel
- Ruta del Rio Guadalmesí
- Ruta de San Carlos del Tiradero
- Voie de cyclotourisme La Sauceda
- Sentier Ubrique-Asomadillas à Jimena de la Frontera
- Sentier de Montée à El Picacho
- Sentier de Montée à El Aljibe
- Sentier Traversée de El Aljibe
- Sentier Canuto de Risco Blanco
Par ailleurs, le parc, sur autorisation, accueille des compétitions sportives.


