Parc naturel du lac de Sanabria
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| Pays | |
|---|---|
| Communauté autonome | |
| Coordonnées | |
| Ville proche | |
| Superficie |
22 365 ha |
| Population |
323 () |
| Type |
Parc naturel (d) |
|---|---|
| Catégorie UICN |
V (paysage terrestre ou marin protégé) |
| WDPA | |
| Création | |
| Patrimonialité | |
| Visiteurs par an |
42 669 () |
| Site web |
Le parc naturel du lac de Sanabria (en castillan : Parque Natural del Lago de Sanabria y Alrededores) est un parc naturel situé autour du lac de Sanabria au Nord-Ouest de la province de Zamora dans la zone montagneuse formée par les chaînes des Sierra Segundera et Sierra de la Cabrera. Lorsqu'il a été déclaré parc naturel, en 1978, le parc s'étendait sur 22 365 hectares, entre 997 mètres d'altitude au lac et 2 124 mètres d'altitude au sommet du Peña Trevinca. Il a été agrandi en 2015, pour couvrir 32.302 hectares[1]. Il fait partie de la réserve de biosphère transfrontalière de la Meseta Ibérique, déclarée le 9 juin 2015 par l'Unesco[2].
D'une superficie de 318,7 ha, le lac qui donne son nom au parc est le plus grand lac d'origine glaciaire de la péninsule Ibérique. Sa profondeur maximum est de 53 mètres. Les nombreux petits lacs et canyons qui jalonnent le parc sont la trace de l'activité glaciaire du quaternaire.
Communes
Le parc s'étend sur les territoires des communes de Galende, Cobreros, Trefacio et Porto de Sanabria.
Flore et faune
Flore
La situation de cet espace naturel, à la limite de la zone humide et tempérée, l'a doté d'une grande richesse de flore, avec plus de 1500 espèces végétales[3]. Cette grande diversité botanique est en grande partie due à sa situation géographique. Les montagnes de Sanabria sont la limite entre le climat atlantique et le climat méditerranéen. Ceci, avec les différentes orientations des flancs, vallées et cimes, déterminent l'influence prédominante de deux ambiances. D'un côté, les pentes orientées au nord et à l'ouest sont largement sous l'influence atlantique. De l'autre, celles exposées au sud et à l'est présentent des caractéristiques plus méditerranéennes. Et les conditions extrêmes dans lesquelles se développe la végétation des sommets les plus élevés permettent l'existence d'une flore rare et très adaptée, au point que certaines espèces (Ranunculus parnassifolius o Armeria bigerrensis) sont de vraies reliques vivantes de l'époque des glaciations qui sont arrivées jusqu'à nos jours, ont survécu et évolué isolées sur ces sommets depuis plus de 10.000 ans[4].
L'eau est un autre facteur de diversité. L'abondance de ruisseaux, sources, lagunes, tourbières et d'autres zones inondées permettent l'existence d'une flore aquatique caractéristique et adaptée aux caractéristiques des eaux pures, acides et peu minéralisées qui se trouvent dans cet espace naturel. Parmi ces milieux humides, les plus étonnants sont les tourbières, rares à de si faibles latitudes, qui sont constituées de masses compactes de différentes espèces de la mousse Sphagnum et qui peuvent atteindre plusieurs mètres d'épaisseur, qui n'ont pas d'équivalent ailleurs dans la péninsule ibérique. Ces tourbières sont l'habitat préféré de la Drosera — petite plante carnivore — et de quelques espèces de Sphagnum difficiles à localiser ailleurs dans la péninsule[4].
La forêt dominante est constituée de chênes (Quercus pyrenaica) qui ne poussent pas au-delà de 1500 mètres d'altitude et qui sont bien adaptés pour affronter le froid hivernal et l'étiage prolongé. Cet arbre, localement appelé "carballo", a été exploité depuis toujours dans l'économie domestique de la région, tant pour la construction des habitations traditionnelles que pour le bois de chauffage.

Dans les talwegs froids et humides, principalement sur les rives de la rivière Tera ou de certains ruisseaux, il est fréquent que les chênes soient remplacés par des aunes (Alnus glutinosa), des bouleaux (Betula pubescens), des noisetiers (Corylus avellana), des sorbiers (Sorbus aucuparia) et du houx (Ilex aquifolium)[3]. On y observe aussi la présence d'ifs (Taxus baccata) centenaires et de genévriers (Juniperus), souvent de vrais survivants d'un incendie. Plus près des villages, plantés par l'homme, on trouve des châtaigniers (Castanea sativa) et des noyers (Juglans regia), certains de haute fûtaie.
Faune
La faune de ce territoire, elle aussi, bénéficie de cette variété de milieux qui l'a rendue très diverse, avec plus de 190 espèces de vertébrés.
L'habitat du lac, des lagunes et des eaux cristallines des rivières et ruisseaux héberge 7 espèces de poissons. La plus remarquable est la truite, très appréciée pour la pêche sportive et délicieuse. Dans le lac, elle atteint des dimensions considérables et sa chair est généralement rosée. La truite à la sanabraise est un plat emblématique de la cuisine de la province de Zamora.

Le parc est survolé par 17 espèces de rapaces diurnes, dont l'aigle royal, la bondrée apivore et le faucon pèlerin[3]. Dans les endroits les plus sauvages et d'accès difficile, on peut observer la buse variable, le faucon crécerelle ou le hibou grand-duc. Bien que de moindre envergure, mais non moins importantes, 125 espèces d'oiseaux égaient cet espace naturel de leurs vols et gazouillements, et participent à limiter les populations d'insectes. Dans les zones de pâturages les plus élevées vivent la pie-grièche écorcheur, le bruant jaune, une sous-espèce de perdrix grise (Perdix perdix hispaniensis) ou la gorge-bleue à miroir. Plus bas, dans les forêts de chêne-rouvre, on trouve le bouvreuil pivoine, le rouge-gorge familier, le geai des chênes et la huppe fasciée, entre autres.
Les reptiles sont représentés par plus de 10 espèces, parmi lesquelles des vipères, dont la vipère de Lataste, plusieurs couleuvres (couleuvre à collier, vipérine, bordelaise, coronelle lisse). Bien que peu appréciés, ces animaux jouent un rôle important dans l'équilibre naturel de la zone, car ils se nourrissent essentiellement de petits mammifères comme le rat et la taupe qui, sans prédateurs, peuvent devenir de vrais fléaux.

Les nombreuses zones humides, lagunes, sources et cours d'eau permettent l'existence et le développement de 10 espèces d'amphibiens, dont le crapaud accoucheur, la grenouille de Pérez, la rainette verte, le triton marbré et la salamandre tachetée.
On recense par ailleurs 41 espèces de mammifères, dont le desman des Pyrénées, la loutre, la martre, l'hermine, la fouine et le blaireau. Les grands mammifères les plus remarquables sont le cerf, le sanglier, le chat sauvage et le loup emblématique, protagoniste habituel des contes et légendes sanabraises, mais de plus en plus rare[3].
La longue liste d'espèces de la zone ne peut s'achever sans y mentionner celles qui ont disparu du parc et de Sanabria pendant le XXe siècle, comme l'ours. Toutefois, des indices indiquent un retour de l'animal à la région sanabraise.