Passage de l'Argue

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Passage de l'Argue
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Le passage en 2025, avec la rue Edouard-Herriot en arrière-plan.
Voir la plaque.
Situation
Coordonnées 45° 45′ 40,14″ nord, 4° 50′ 05,32″ est
Ville Lyon
Arrondissement 2e
Quartier Bellecour
Début Place de la République
Fin Rue de Brest
Rue Mercière
Morphologie
Type Passage
Forme 2 tronçons
Rotonde
Longueur 145 m
Largeur m
Superficie 550 m2
Histoire
Création 1828
Monuments Statue de Mercure (volée)
Mosaïque
Géolocalisation sur la carte : Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Passage de l'Argue
Intérieur du passage de l'Argue en 2025, depuis la place des Jacobins.
Le passage illuminé à l’occasion des illuminations des fêtes de fin d'année en 2025.

Le passage de l'Argue est un passage couvert situé dans le quartier de Bellecour, dans le 2e arrondissement de Lyon, qui relie le 43 rue de Brest au 40 rue de la République, en traversant la rue Édouard-Herriot[1].

Il présente l'une des plus anciennes arcades de France en province, construite sur le même modèle que ceux de Paris, desquelles il est contemporain[2].

Célèbre et de réputation huppée à Lyon, le passage joue un rôle significatif dans le commerce de la Presqu'île de la ville[3].

Il y a aussi le petit passage de l'Argue, qui formait à l'origine une partie du passage principal et qui permettait de sortir par la rue Thomassin, ce avant sa fermeture au public, en 2006.

Entièrement pédestre, le passage abrite principalement des commerces luxueux.

Le mot argue (qui provient du grec arguros signifiant « argent » en français)[4] fait référence à un outil à filer l'or et l'argent pour le destiner aux tissus précieux, et désigne également par métonymie l'atelier du tireur d'or.

Pour empêcher la contrefaçon, il y avait deux bureaux d'argent en France, l'un à Paris, l'autre à Lyon, lequel était situé dans la rue de la Monnaie, à proximité du passage de l'Argue[3].

Histoire

Le passage était déjà mentionné sur la carte de la ville réalisé en 1740 par Claude Séraucourt[5], mais était alors une rue étroite et insalubre composée de quinze ateliers de tissage. Il y avait aussi un atelier de monnaie qui a disparu à la fin du XVIIIe siècle, puis a été rétabli par le Directoire français en 1798[6].

Les maisons qui étaient présentes à cet endroit furent achetées et démolies par M. Coste, Casati, Dugueyt, et Millon[7] dans le but d'y faire reconstruire un passage en 1825 par l'architecte Vincent Farge[8] ; il fut rouvert en 1828[9]. Originellement, le passage reliait la rue Royale (actuelle rue de la République et ex-rue Impériale) à la rue de Brest.

En 1834, lors de la révolte des canuts, les républicains se cachèrent dans le passage[10] qui fut alors complètement détruit : vitres brisées, magasins démolis et biens pillés[11],[12], etc. En , il fut totalement inondé après de violentes pluies[13].

Bien que cela ne fût pas courant à l'époque, l'électricité au gaz y fut introduite très rapidement[5] : en effet, en , Delorme demanda l'installation d'un gazomètre dans le passage[14], le gaz utilisé étant préparé dans un atelier situé dans la rue Tupin-Rompu[15]. De plus, tant l'éclairage que l'entretien du dallage du passage furent généreusement supportés par la ville de Lyon[16]. Une ordonnance de 1828 a interdit toute vente aux enchères à l'intérieur du passage[17].

Commerces remarquables

Le passage de l'Argue a abrité de nombreux bâtiments remarquables.

On y trouvait notamment l'Atelier de l'Argue, qui a disparu à la fin du XVIe siècle mais a été réinstallé à la suite d'un décret du [18] ; par la suite, il a été transféré dans la rue de la Savoie.

Le , les autorités civiles et militaires participèrent à l'inauguration du Café-Théâtre, lequel appartenait à M. Seguin[10]; ce théâtre avait une salle circulaire, deux colonnes corinthiennes et ioniques avec deux entablements et un plafond avec de riches et élégants lustres et ornements ; toutefois, malgré une forte fréquentation, le théâtre ferma pour cause de banqueroute[7].

En 1836, un restaurant renommé et dirigé par Caillot, puis, en 1860, le théâtre des Bouffes Lyonnaises, ouvrirent successivement[5].

En 1862, Louis Josserand et son épouse Gabrielle Avocat ouvrirent un théâtre du Guignol[19], et, en 1899, les premières représentations de la marionnette furent données dans le petit passage de l'Argue, tout près du passage actuel[20].

Parmi les personnalités célèbres ayant vécu dans ce passage figurent les peintres Julian Gubian (1834) et Perignon (1840)[10].

Architecture et monuments

En 1836, le passage comptait 96 arches à fermetures uniformes. La partie nord était composée de deux étages élevés, tandis que la partie sud jusqu'à la rotonde n'avait qu'un seul étage ; quant à l'entrée, elle était formée par un arc dont l'archivolte était soutenue par des colonnes doriques[7].

Le passage présente un type particulier d'architecture à Lyon[21] et ressemble à ceux des galeries italiennes à Rome ou à Milan[3]. Bien que coupé en deux parties par la rue Édouard-Herriot sous le Second Empire en 1860, le passage conserve son authenticité tant sur le plan de la décoration que sur celui de la construction[22].

La troisième statue de Mercure, volée en 2011, avec la rue du Président-Édouard-Herriot en arrière-plan.

Les quatre grands porches d'entrée et de sortie sont de style néo-classique, la suite étant située sous une verrière ornée d'une enfilade de lanternes. Les encadrements des commerces sont en bois, avec une volonté d'homogénéité stylistique[20]. Le passage est composé de magasins de tous types mais surtout des articles de luxe, à savoir des montres, des pipes, des sacs, des accessoires d'habillement (chapeaux, chaussures), des cadeaux et des articles de décoration.

Trois petites statues du dieu romain protecteur des marchands et des voyageurs Mercure élancé, aux pieds ailés, ont été successivement érigées sur la rotonde centrale[9], mais pas tout à fait à la même place[23]. La première statue a été volée en 1902 ; la seconde a été fondue par les Allemands pour en faire des canons lors de la Seconde Guerre mondiale ; la troisième  volée trois jours après son inauguration en   a été remise en place en et de nouveau volée quinze ans plus tard, en 2011.

Cette troisième statue  comme la deuxième avant elle[24]  est la reproduction de Mercure volant  une sculpture de style Renaissance italienne[25]  de Giambologna[9].

L'attribution des deux griffons sculptés aux écoinçons de l'accès oriental sur la rue Édouard-Herriot au sculpteur italien Rodolphe Galli (1840-1863) est précisée par la signature sur le trumeau immédiatement à droite de l'arc au premier étage[26].

La troisième statue de Mercure a depuis été remplacée par une structure en forme de cœur en 2018, couverte d’une mosaïque composée de carreaux et de miroirs[27].

Reconnaissance

Notes et références

Voir aussi

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