Patrice Bougrain-Dubourg
homme politique français (1920-2010)
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Patrice Bougrain-Dubourg, né le au Vésinet (Seine-et-Oise) et mort le à Neuvy-sur-Barangeon (Cher)[1], est un homme politique et homme d'affaires français, qui s'est préalablement distingué dans la Résistance intérieure française.
10 novembre 1946
IIe Constituante
Ire (Quatrième République)
| Patrice Bougrain-Dubourg | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (3 ans, 11 mois et 7 jours) |
|
| Élection | 21 octobre 1945 |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 |
| Circonscription | Saône-et-Loire |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire (Quatrième République) |
| Groupe politique | RI |
| Successeur | Claudius Eugène Bachelet |
| Biographie | |
| Surnom | Allain |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Le Vésinet |
| Date de décès | (à 89 ans) |
| Lieu de décès | Neuvy-sur-Barangeon |
| Nationalité | Française |
| Père | Gabriel Bougrain |
| Mère | Yvonne O'Mahony |
| Conjoint | Edmée Bouïre de Monier de Beauvallon |
| Enfants | Bernadette Koenig Robert Bougrain-Dubourg Allain Bougrain-Dubourg Benoît Bougrain-Dubourg Fabienne Faudot-Bel |
| Profession | Homme d'affaires |
| modifier |
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Origines
Il est le fils du général Gabriel Bougrain et d’Yvonne O'Mahony, fille du comte O'Mahony, descendant d'une illustre famille irlandaise venue se mettre au service du roi de France. La famille Bougrain-Dubourg constitue l’une des nombreuses branches de la famille Bougrain, très répandue en Mayenne. Elle tire son nom du fait qu’elle résidait à Couesmes, au lieu-dit Le Bourg. Avec le temps, les « Bougrain, sieurs du Bourg » devinrent les Bougrain-Dubourg. Le même phénomène se produisit pour d’autres branches, telles que les Bougrain de La Cocquerie, de La Passonnais, de La Milesse ou de Bures. Aussi loin que les sources permettent de remonter, les aînés de la famille semblent s’être succédés comme tabellions puis notaires royaux à Couesmes. Ils y habitaient La Cocquerie, considérée comme la demeure ancestrale des Bougrain. Plusieurs branches cadettes, dont celle du Bourg, s’enrichirent grâce à l’industrie textile à l’époque de la prospérité de la toile mayennaise.
La Résistance
Il travaille au bureau d'études de l’usine aéronautique Blériot quand éclate la guerre. À l’armistice, il participe au convoyage dans le sud-ouest des matériels stratégiques de la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO) et reste à Bordeaux où il est placé comme dessinateur au bureau d’études de l’ingénieur André Herbemont. Sous la couverture de chargé de mission pour la liaison des services de la SNCASO, il entre dans la résistance comme agent du Service de Renseignements de l’Aéronautique (SRA) où il est homologué le . Il fait partie du réseau Kléber commandé par Pierre Mangès, responsable de la base de Marmande, région Sud-Ouest. Arrêté à Langon (Gironde), il réussit à s’enfuir. Condamné à mort par contumace en , il vit dans la clandestinité jusqu’à la fin de l’occupation, sous quatre faux noms. Muté comme chargé de mission de 2e classe le au S.R Alliance, il prend part aux opérations de sabotage militaire du Creusot, du canal de Bourgogne et des voies ferrées de cette région. C’est dans ces circonstances, et en instance de s’envoler à Londres avec sa fiancée, que, le , l’évêque d’Autun, Lucien-Sidroine Lebrun, bénit son union dans l’intimité. La branche paternelle d’Edmée de Beauvallon descend de la famille Bouïre, installée dès le XVe siècle à Sauveterre-de-Guyenne, où elle occupa des fonctions importantes : juges royaux, maires, avocats au parlement. Au fil des siècles, les Bouïre associèrent leur nom à plusieurs terres, notamment Monier puis Beauvallon. Du côté maternel, la famille de Cardaillac-Lomné appartient à une branche cadette de la prestigieuse maison de Cardaillac, connue depuis le XIIe siècle en Bigorre. Elle a fourni des mousquetaires du roi, des gardes du corps, des officiers. Cette lignée compte aussi sept chevaliers de Malte, des évêques et des conseillers d’État.bénit secrètement son mariage avec Edmée Bouire de Monier de Beauvallon. Il est muté le au S.R Samson comme chef de secteur, où il exerce son activité jusqu'au .
Patrice Bougrain-Dubourg, dit Allain, est alors détaché à l’état-major des Forces françaises de l'intérieur (FFI) de la région de Bordeaux et est chargé de regrouper les agents étrangers des services de renseignement français et alliés (anciens des Brigades internationales, travaillant à la construction du Mur de l'Atlantique), soit cent-vingt hommes, avec lesquels est constituée la Légion franco-belge et néerlandaise. Encadrés, instruits et armés, ils effectuent sous son commandement des actions de « nettoyage » dans le secteur de Tarbes. En septembre, la légion est rattachée au Corps franc Pommiès de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny, qu’il doit rejoindre et où il garde le commandement en qualité de lieutenant. En novembre la Légion est dirigée vers la Belgique, sur ordre du général Kœnig, pour remise de ses éléments constitutifs aux ministères de la Défense belge et néerlandais. Le , il est rayé des contrôles du Corps franc Pommiès, mis à la disposition de la Direction générale des études et recherches à Paris, qui l’envoie quelques mois auprès de l’attaché militaire de l’ambassade de France à Bruxelles, avant de le rappeler à Paris, au cabinet de Jacques Soustelle puis de son successeur André Dewavrin, dit le « colonel Passy ».
CITATION
Sur la proposition du Ministre de la Guerre, le Président du Gouvernement Provisoire de la République Française, Chef des Armées, cite :
A L'ORDRE DE L'ARMEE
BOUGRAIN, Patrice, de la Direction Générale des Etudes et Recherches.
Seul rescapé d'un secteur ayant été entièrement anéanti par la Gestapo. A pendant un an participé étroitement à la vie de ce secteur en qualité d'adjoint du Chef local, présidant au recrutement, recueillant de précieux renseignements sur les mouvements de péniches et les installations du Creusot en vue de la préparation du sabotage des usines et des écluses. A surveillé en outre la bonne marche des émissions radiotélégraphiques des deux postes d'Autun. Elément courageux, plein d'allant, et d'initiative, a surmonté vaillamment l'hécatombe dont furent victimes ses meilleurs amis et sa famille en reprenant aussitôt du service.
Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Palme.
Fait à Paris, le 7 Novembre 1945
signé DE GAULLE
- Septembre 1944. Lieutenant Patrice Bougrain-Dubourg, commandant la Légion Franco-Belge.
- 9 août 1944. Le lieutenant Patrice Bougrain-Dubourg à la libération de Lourdes.
- Août 1944. Soldats de la Légion Franco-Belge devant la caserne Larrey à Tarbes.
- Tarbes 1944. Camion Matford militarisé équipé d'une mitrailleuse lourde antiaérienne de la Légion Franco Belge.
- Edmée Boïre de Monnier de Beauvallon en 1944.
- Attestation de la participation d'Edmée de Beauvallon aux Forces Françaises Combattantes.
- Patrice Bougrain-Dubourg inaugure le monument de Saint-Symphorien-de-Marmagne.
Carrière politique
Son engagement politique découle directement de la Résistance. Pour être démobilisé, il se présente dans le département de Saône-et-Loire aux Élections législatives françaises de 1945 d’octobre (1945), à la tête d’une liste républicaine d’action sociale et de la Résistance, où il figure sous la profession de mineur.
Il a 25 ans quand il est élu, et se retrouve le plus jeune député de l’Assemblée nationale constituante et donc l'un des secrétaires d’âge. Il fonde avec Marcel Roclore, député de la Côte d’Or, le groupe des Républicains Indépendants, demande notamment la création d’un ministère des anciens combattants et s’intéresse particulièrement aux comités d’entreprise.
En 1946, il se représente dans le même département et indique la profession de secrétaire de direction de la SNCASO. Sa liste est élue avec un gain d’environ 12 000 voix par rapport à 1945. À la seconde Assemblée nationale constituante, il est membre de la commission de la défense nationale ainsi que de la commission des moyens de communication. Le jeune secrétaire de l’Assemblée nationale affirme son attachement au principe de la liberté de la presse et demande une utilisation rationnelle des crédits militaires.
Aux élections législatives qui ont lieu le , alors que la Saône-et-Loire bénéficie d’un siège supplémentaire, il remporte un éclatant succès en attirant vers sa liste plus de 32 000 voix nouvelles. Les 64 450 voix qui se sont portées sur la liste du Cartel républicain indépendant et gaulliste lui permettent d’avoir deux élus. Il est de nouveau élu secrétaire de l’Assemblée nationale le et, comme précédemment, il est membre de la commission de la défense nationale dont il devient secrétaire le . Il est également membre de la commission des finances et de la commission de la réforme administrative en 1947, et de la commission des moyens de communication en 1948.
Toujours intéressé par les rapports économiques et sociaux, il présente une proposition de loi tendant à modifier la loi du sur les comités d’entreprise. Il s’attache à liquider les séquelles de la guerre en proposant le retour à la liberté des transactions pour les céréales secondaires et en présentant, au nom de la commission de la défense nationale, un rapport sur l’indemnisation des propriétaires de véhicules réquisitionnés pendant l’Occupation.
Toujours au nom de la même commission, il présente en 1948 des rapports sur la régularisation de la situation militaire des élèves de l’École Polytechnique et il propose d’élever les limites d’âge des officiers de gendarmerie. Il voudrait que les jeunes combattants de la dernière guerre puissent bénéficier des avantages réservés aux prisonniers de guerre ruraux et il souhaiterait que les veuves de guerre de condition modeste soient dispensées des cotisations aux allocations familiales. Le député de Saône-et-Loire veille au respect du travail des parlementaires, protestant contre l'absence des ministres à la séance de réponses aux questions orales et contre les séances trop tardives. Il demande, non sans humour, que les écoutes téléphoniques soient perfectionnées afin qu'il puisse téléphoner sans subir de parasitages sur sa ligne. Il attire vigoureusement l'attention du gouvernement sur le nombre excessif d'employés des bureaux de logement et de la radiodiffusion française et sur certaines défaillances de ses services. Des échanges très vifs ont lieu entre Patrice Bougrain et les parlementaires communistes. Il a demandé, le , que l'Assemblée nationale rende hommage à Jan Masaryk, ministre des affaires étrangères de Tchécoslovaquie, mort au service de la liberté, au lendemain d'un coup de force communiste. Le , il est pris à partie par André Tourné qui lui reproche d'avoir cherché à établir avec la SNCASO des relations incompatibles avec son mandat. Le député de Saône-et-Loire a le temps de voter contre l'ajournement des élections cantonales le et pour le Pacte atlantique le avant d'adresser, le , une lettre de démission pour l'honneur au président de l'Assemblée nationale.
Aux élections de 1951, son geste ne semble pas bien compris par les électeurs. L'apparentement conclu entre la liste SFIO, la liste radical-socialiste et RGR, la liste MRP et la liste de l'Union des Indépendants Paysans et des Républicains nationaux, l'existence d'une liste RPF conduite par son ancien colistier de 1946, Joseph Renaud, l'absence de mandats locaux, ne lui laissent, par ailleurs, aucune chance de l'emporter. Les listes apparentées recueillent 101 089 voix, manquant de peu la majorité absolue. La répartition des sièges a donc lieu à la proportionnelle, ce qui donne deux sièges à la liste communiste (68 740 voix), un siège à la liste SFIO et un siège à la liste MRP dont le recul se confirme (respectivement 28 433 et 20 959 voix) ; la liste radicale-socialiste a un élu pour 24 163 voix et la liste des indépendants un pour 28 490 voix. La liste du RPF, qui recueille 50 377 suffrages, a également un siège. La liste de Patrice Bougrain, dénommée Liste de courage civique face aux destructeurs de la France et aux calomniateurs, ne recueille que 91 voix. L'ancien député abandonne définitivement la politique pour se consacrer à la vie des affaires.
- 1947. Patrice Bougrain-Dubourg, avec à gauche, Antoine Avinin, député UDSR de la Seine. 7 avril 1947.
- Mai 1946, après le rejet du projet de Constitution. Affiche émanant du Cartel Républicain qui représente le bloc des NON
- 29 avril 1948. Patrice Bougrain-Dubourg, député de Saône-et-Loire. Inspection des troupes aéroportées à Mitry-Mory.
- 1948. Patrice Bougrain-Dubourg à l'École de chasse de Meknès (Maroc).
- 5 février 1948. Patrice Bougrain-Dubourg à des manœuvres aériennes aux environs de Marrakech.
- 1946. Patrice Bougrain-Dubourg. Inspection de la 1er Division Aérienne à Trêves, Allemagne.
- 22 juillet 1947. Visite d'une délégation parlementaire française à la Chambre des Communes.
- Affiche de 1947 à la suite de l'hiver 1946-1947
La vie des affaires
C’est pendant les 18 mois passés au groupe OPTORG, société de négoce créée en Indochine, qu’il se forme au commerce international et devient spécialiste des marchés étrangers.
Conseiller technique en matière d’exportation pour les sociétés récemment nationalisées (EDF, Banque française du commerce extérieur, Elf, Charbonnages de France, etc.), il parcourt le monde à la recherche de nouveaux marchés, à commencer par le Koweït, dont il réussit à faire venir l’émir à Paris en 1953, et l’Iran où le Shah approuve un important programme d’habitat. Ainsi il se rend dans tous les pays musulmans, ainsi qu’en Chine dès 1957, en Amérique latine et dans tous les pays d’Europe, y compris l'URSS.
Lorsqu’en 1968, un GIE de sociétés d’État pour l’exportation est créé au sein du Bureau du développement de la production agricole (BDPA, dont le directeur général est Roger Barberot), il en est nommé directeur général, jusqu’à sa dissolution en 1972.
Patrice Bougrain-Dubourg est également très engagé dans le monde avicole, en tant qu’expert auprès de tribunaux et juge officiel. Président du Marans Club de France, il est secrétaire de la Confédération nationale de l’aviculture et commissaire du Salon de l’agriculture de Paris.
Il se retire progressivement des affaires dès 1980 et s’installe dans sa maison de l’île de Ré dont il est président des Anciens Combattants.
- Patrice Bougrain-Dubourg. Kuwait city. 1953.
- 1954. Devant l'hôtel George V à Paris, avec le Cheikh Abdullah Al-Salim Al-Sabah, émir du Koweït.
- Avec l'Émir du Koweït, Cheikh Abdullah Al-Salim Al-Sabah, dans les salons de l'hôtel George V à Paris en 1954.
- Téhéran, Iran,1956. Le président du Conseil, remet les insignes de commandeur de l'Ordre Nishan I Homayoun à Patrice Bougrain-Dubourg.
- 1955. Avec l'architecte Fernand Pouillon dans son atelier de Marseille.
- Dans les années soixante. Patrice Bougrain-Dubourg appelé au Brésil comme expert agricole
Famille
- Auguste Bougrain-Dubourg, né le 27 mai 1843 à Gorron et mort à Laval le 29 juillet 1903, son grand-père, propriétaire de la banque Bougrain-Lelièvre à Laval ;
- Général Henri Garçon, grand officier de la Légion d’honneur, son oncle ;
- Marcel Brossard de Corbigny, officier de marine et explorateur, officier de la Légion d’honneur, son grand-oncle ;
- Louise Abel de Pujol, fille et petite-fille des peintres Abel de Pujol, sa grand-tante
- Ses frères : Henri, aspirant au 24e régiment d’infanterie, mort pour la France le 9 juin 1940, médaille militaire, croix de guerre ; Yves, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre ;
- Le général de corps d’armée Bertrand O’Mahony, commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, son cousin ;
- Le général Louis Charles Lahure, grand officier de la Légion d’honneur, son parrain. Il a participé en 1902 à la mission du capitaine Lenfant, une expédition audacieuse qui consistait à rechercher une voie de pénétration vers le Tchad qui soit plus facile, plus rapide et plus économique que les voies de l'Oubangui et du Congo.
Décorations

- Légion d’honneur, chevalier (1948), officier ( …)
- Croix de Guerre 1939-1945, trois citations à l’ordre de l’Armée, 1 à l’ordre de la Brigade.
- Médaille de la Résistance avec rosette.
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre
- Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
- Médaille des Engagés Volontaires
- Officier du Mérite Agricole
- King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (Grande Bretagne)
- Chevalier de l’Ordre de Léopold (Belgique)
- Croix de Guerre 1939-1945 (Belgique)
- Chevalier de l’Ordre d'Orange-Nassau (Pays-Bas)
- Officier du Mérite Agricole (Belgique)
- Médaille de la Résistance polonaise en France (Pologne)
- Croix d’argent avec épées du Mérite Krzyz Zaslugi (Pologne)
- Commandeur de l'Ordre du Lion et du Soleil Nishan I Homayoun (Iran)