Patricia Vinnicombe
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Patricia Joan Vinnicombe |
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Patricia Joan Vinnicombe, née le en Afrique du Sud et morte le en Australie, est une archéologue sud-africaine, connue pour avoir révélé de nombreuses peintures rupestres San dans les vallées et les contreforts du Drakensberg, en Afrique australe, et pour avoir eu une approche novatrice dans l’étude de ces peintures en utilisant des sources ethnographiques. Elle a également joué un rôle significatif dans la préservation de l'art aborigène en Australie-Occidentale.
Patricia Vinnicombe est née dans le district de Mount Currie, dans l'est du Griqualand, dans la province du Cap, en Afrique du Sud, et a grandi dans la ferme de West Ilsey, dans le district d'Underberg, au KwaZulu-Natal, un territoire entouré de peintures rupestres dans les montagnes du Drakensberg[1]. Ces montagnes ont été le territoire de chasse et de cueillette des populations San pendant des millénaires[2]. La structure géologique des montagnes du Drakensberg, avec une épaisse strate de grès tendre entre deux strates de roches plus dures, est en effet propice à la formation de grottes et d’abris-sous-roche[2]. Patricia Vinnicombe réalise, encore adolescente, ses premières copies de ce type de peintures. Elle va à l'école à Underberg et à Pietermaritzburg[3].
Elle étudie à l'université du Witwatersrand, où elle obtient un diplôme d'ergothérapeute en 1954, puis travaille comme thérapeute à Londres, mais des contacts avec les paléoanthropologues Raymond Dart et Phillip Tobias à l'université du Witwatersrand l'amènent à s’intéresser davantage à l'étude des peintures rupestres de la région du Drakensberg, peintures qu’elle connait depuis son enfance[3]. Pendant son séjour à l'université du Witwatersrand, elle apprend les techniques de base pour faire des relevés de peintures rupestres et développe ses propres techniques de traçage des peintures rupestres[4].
Pendant qu'elle travaille à Londres en tant que thérapeute, elle réussit également à exposer son travail à l'Imperial Institute (devenu en 2007 le Commonwealth Education Trust). L'accueil positif durant l'exposition l'incite à développer une méthode plus détaillée de copie des peintures rupestres. Ceci lui donne l'occasion de retourner en Afrique du Sud et de se consacrer aux peintures rupestres dans le Drakensberg[4].
Archéologue en Afrique
En 1958, elle entreprend une étude détaillée du Drakensberg afin d'enregistrer toutes les peintures rupestres qui s'y trouvent. Cette recherche, financée par le Human Sciences Research Council, est menée sous la supervision de B.D. Malan, secrétaire de la Commission des monuments historiques. Ils conçoivent également un programme d'analyse numérique, à l'aide de cartes perforées[4].
C'est en travaillant dans le Drakensberg que Patricia Vinnicombe rencontre l'archéologue Patrick Carter, qui avait effectué des fouilles au Lesotho et au KwaZulu-Natal. Ils se marient en 1961 et, à leur retour à Cambridge, en Angleterre, Patricia Vinnicombe obtient une bourse de recherche à Clare Hall. Cela lui permet de continuer à analyser les données qu'elle a recueillies dans le Drakensberg[4].
Elle est profondément influencée par les théories ethnologiques et encouragée par les ethnologues Edmund Leach et Isaac Schapera, et par l'archéologue anglais Peter Ucko. Cela la conduit à explorer les archives de l'histoire, de la vie et des croyances du peuple San. Pendant cette période, elle entretient une correspondance avec David Lewis-Williams. Elle consulte également les archives du Natal à Pietermaritzburg, la bibliothèque de la Natal Society, le Killie Campbell Africana Museum et le Natal Museum pour obtenir davantage d'informations sur l'histoire et les origines des San[3].
En 1967, le South African Archaeological Bulletin publie sa méthodologie et le South African Journal of Science publie quelques résultats préliminaires parmi les 8 478 images qu'elle a identifiées. L'étude indique que l'art de différentes régions peut être comparé à l'aide de techniques numériques. Cette idée va finalement transformer l'étude de l'art rupestre sud-africain en une recherche scientifique[4].
En 1972, elle publie son article Myth, motive and selection in Southern African Rock Art dans lequel elle combine l'ethnographie San et l'art rupestre en mettant l'accent sur les images de l'antilope éland, le thème animalier le plus communément représenté dans l'art rupestre San[2].
En 1976, elle publie le livre People of the Eland : rock paintings of the Drakensberg Bushmen as a reflection of their life and thought. L'université du Natal publie l'ouvrage et l'université de Cambridge lui décerne un doctorat. Au moment de la mort de Vinnicombe, le livre était toujours un ouvrage de référence largement utilisé[3].
Patricia Vinnicombe et Patrick Carter travaillent pendant plusieurs périodes au Ghana, en Tanzanie, en Éthiopie et en Égypte. Patricia Vinnicombe aide à documenter les sites de l'UNESCO qui devaient être engloutis par le remplissage du haut barrage d'Assouan, en Égypte, dans les années 1960 et début des années 1970. En 1974, Patrick Carter et Patricia Vinnicombe recherchent des sites d'art rupestre dans les provinces de Hadar et Dire Dawa, en Éthiopie.