Patrie (cuirassé)

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Patrie
illustration de Patrie (cuirassé)
La Patrie en 1913.

Type Cuirassé pré-dreadnought
Classe République
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Architecte Louis-Émile Bertin
Chantier naval Forges et Chantiers de la MéditerranéeVoir et modifier les données sur Wikidata
Fabrication Acier
Quille posée [1]
Lancement
Armé
Statut Rayé des listes en 1928
Équipage
Équipage 766 à 825 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 135,25 m (hors-tout)
Maître-bau 24,25 m
Tirant d'eau 8,2 m
Déplacement 14 605 t (standard)
14 900 t (pleine charge)
Propulsion 3 hélices
3 machines à vapeur à triple expansion verticales
24 chaudières Niclausse
Puissance 18 000 ch
Vitesse 19,3 nœuds (35,7 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 280 mm
Tourelles (305) : 350 mm
Tourelles (164) : 152 mm
Pont : 60 mm
Armement 2 × 2 canons de 305 mm
6 × 2 canons de 164 mm
6 × 1 canons de 164 mm
25 canons de 47 mm
02 TLT de 450 mm (immergés)
Rayon d'action 8 400 nmi à 10 nœuds
Carrière
Pavillon France
Port d'attache Toulon

La Patrie est un cuirassé pré-Dreadnought de la classe République construit pour la Marine française au début du XXe siècle.

Lancé en décembre 1902, le navire entre en service actif en 1907. Avec son sister-ship le République, la Patrie représente une amélioration significative par rapport aux cuirassés antérieurs (comme le Suffren), offrant un meilleur armement et une meilleure tenue à la mer. Affectée à l'escadre de Méditerranée, elle participe aux manœuvres navales d'avant-guerre avant d'être engagée dans la Première Guerre mondiale.

Durant le conflit, elle participe à la sécurisation des convois de troupes, au combat d'Antivari contre la marine austro-hongroise, puis au blocus de la mer Adriatique. Basée ensuite en Grèce, elle est impliquée dans les événements d'Athènes en 1916 contre les royalistes grecs. Reléguée à des tâches secondaires à la fin de la guerre, la Patrie sert de navire-école avant d'être rayée des listes en 1928 et démolie.

Contexte et construction

Les cuirassés de la classe République sont commandés dans le cadre du programme naval de 1900. Ils marquent une rupture avec la politique des prototypes uniques qui caractérisait la « flotte d'échantillons » française de la fin du XIXe siècle.

Cependant, la construction subit des retards politiques. Le ministre de la Marine de l'époque, Camille Pelletan, fervent défenseur de la Jeune École, privilégie les petits torpilleurs et les croiseurs au détriment des grands bâtiments de ligne. Il tente de freiner la construction de ces unités qu'il juge coûteuses et vulnérables. Bien que la commande soit actée, la mise sur cale de la Patrie aux Forges et Chantiers de la Méditerranée n'intervient qu'en avril 1902. Elle est lancée le 17 décembre de la même année mais n'est admise au service actif qu'en 1907[2].

Caractéristiques techniques

La Patrie déplace 14 900 tonnes à pleine charge, soit 16,4 % de plus que le Suffren, tout en restant juste en dessous de la limite politique des 15 000 tonnes. Elle mesure 135,25 mètres de long pour une largeur de 24,25 mètres.

L'armement principal est constitué de quatre canons de 305 mm répartis en deux tourelles doubles (une à l'avant, une à l'arrière). L'innovation majeure réside dans l'artillerie secondaire : au lieu des traditionnels canons de 138 mm, la classe République adopte dix-huit canons de 164 mm, dont douze en tourelles doubles et six en casemates. Cette configuration offre une puissance de feu intermédiaire nettement supérieure aux navires contemporains.

La protection est assurée par une ceinture blindée en acier Harvey allant jusqu'à 280 mm d'épaisseur au centre, s'affinant vers les extrémités. Les tourelles principales sont protégées par 350 mm de blindage[3].

Histoire

Avant-guerre (1907-1914)

À son admission au service, la Patrie est affectée à la 1re division de l'Escadre de Méditerranée, basée à Toulon. Cette période est ponctuée de nombreux exercices d'escadre et de visites diplomatiques. En 1909, elle participe aux manœuvres internationales.

Le , elle est mouillée dans la rade de Toulon à proximité du cuirassé Liberté lorsque ce dernier explose accidentellement. La Patrie subit des dommages mineurs dus aux débris projetés par l'explosion.

Première Guerre mondiale

Au déclenchement des hostilités en août 1914, la Patrie fait partie de la 2e escadre de ligne. Sa première mission consiste à escorter les convois de troupes venant d'Afrique du Nord vers la métropole, afin de prévenir toute interception par le croiseur de bataille allemand SMS Goeben.

Une fois la sécurité des transports assurée, la flotte française se porte vers l'Adriatique pour y bloquer la marine austro-hongroise. Le , la Patrie participe au combat d'Antivari. La flotte française surprend le croiseur austro-hongrois SMS Zenta et un destroyer. La Patrie, avec les autres cuirassés, ouvre le feu et coule le Zenta.

Durant le reste de l'année 1914 et une partie de 1915, le navire patrouille le sud de l'Adriatique et la mer Ionienne. En mai 1915, après l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés des Alliés, la flotte française se redéploie. La Patrie est envoyée aux Dardanelles pour appuyer les opérations alliées contre l'Empire ottoman. Elle bombarde des positions turques à Kum Kale et Sedd-el-Bahr avant d'être retirée de cette zone en raison de la menace croissante des sous-marins allemands[4].

Les événements de Grèce (1916-1917)

À partir de 1916, la Patrie est basée à Thessalonique pour soutenir le front de Macédoine et faire pression sur le gouvernement grec, alors divisé entre royalistes (pro-allemands) et venizélistes (pro-alliés).

En décembre 1916, elle est le navire amiral du vice-amiral Louis Dartige du Fournet lors des Vêpres grecques à Athènes. Des compagnies de débarquement de la Patrie et d'autres navires sont envoyées à terre mais se heurtent à une violente résistance des troupes royalistes grecques. La Patrie tire quelques coups de semonce sur la zone du stade d'Athènes pour couvrir le repli des marins français.

Après l'abdication du roi Constantin Ier en juin 1917, le navire reste stationné en Grèce, principalement à Moudros, servant de base flottante et de dépôt, ses machines étant fatiguées et sa valeur militaire diminuée face aux sous-marins modernes.

Fin de carrière

Après l'armistice de 1918, la Patrie ne participe pas aux opérations en mer Noire contre les bolcheviks, contrairement aux cuirassés plus récents de la classe Danton. Elle est mise en réserve en 1919. Devenue obsolète, elle sert de navire-école pour les torpilleurs et les électriciens à Toulon.

Elle est finalement rayée des listes de la flotte en 1928, puis vendue pour démolition.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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