Louis Dartige du Fournet
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Cimetière de Saint-Chamassy (d) |
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Dartige du Fournet |
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Louis René Charles Marie Dartige du Fournet, né à Putanges dans l'Orne le et mort à Périgueux en Dordogne le , est un officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de vice-amiral.
La famille Dartige du Fournet est une famille subsistante de l'ancienne bourgeoisie française, originaire de Felletin, dans l'actuel département de la Creuse[1]. L'auteur de la famille est François Dartige (1600-1674), bourgeois et maître de poste à Felletin. C'est au XIXe siècle que la famille Dartige relève le nom de "du Fournet", patronyme d'une famille d'ancienne noblesse dont certains membres furent proches de Du Guesclin, aujourd'hui éteinte. La famille Dartige du Fournet détient encore le château du Fournet, à Saint-Judoce.
Biographie
Le vice-amiral Dartige du Fournet est né Louis Dartige, mais son père, Louis Auguste Dartige (receveur de l'enregistrement et des Domaines), est autorisé par décret présidentiel, en 1877, à ajouter du Fournet au nom de famille, relevant le nom porté par l'une de ses aïeules maternelles et rappelant le château du Fournet à Saint-Judoce, en Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) où vivait son père (le château abrite toujours un portrait du vice-amiral Dartige du Fournet) ; sa mère était Sidonie Olympe Mourin d'Arfeuille. Il se maria avec Marie Vauquelin de la Rivière puis avec Edmée de la Borie de la Batut.
Il entre en 1872 à l'École navale, dont il sort major. Le , sous les ordres du capitaine de frégate Bory, commandant l'aviso L'Inconstant, le lieutenant de vaisseau Louis Dartige, commandant la canonnière Comète, force la passe de Ménam (fort Paknam) pour dégager le port de Bangkok. Ce fait d'armes contribue à l'attribution à la France de la rive gauche du Mékong (le Laos) par le Siam (actuelle Thaïlande)[2]. Louis Dartige devient ensuite second sur le croiseur-cuirassé Pothuau, puis il commande le croiseur Surcouf de l'escadre du Nord.
En 1909, il est nommé contre-amiral. Durant la guerre des Balkans (1912-1913), il est à la tête de la flotte française de Méditerranée, et il est nommé vice-amiral. Lors de la Première Guerre mondiale, en , il est nommé à la tête de la troisième escadre française qui vient d'être créée. Basée à Port-Saïd (Egypte), cette escadre est chargée de faire appliquer le blocus des côtes ottomanes décrété en [3]. L'amiral Dartige du Fournet est alors le principal instigateur du développement de la stratégie insulaire française en Méditerranée orientale : dans le cadre de la lutte contre l'empire ottoman, la marine française prend possession des îles de Rouad en et de Castellorizo ()[4]. Elle y installe des centres de renseignement particulièrement actifs durant tout le conflit.

Le , les Arméniens retranchés sur le Musa Dagh[3] (ou « Mont-Moïse ») pour résister au génocide entrepris par les Turcs réussissent à attirer l’attention du croiseur Guichen, au nord de la baie d’Antioche, avec un drap blanc marqué d’une croix rouge. L'amiral Dartige du Fournet sollicite des instructions auprès de l’état-major. Sans réponse précise, c'est finalement sous sa responsabilité que, les 12 et , 4 080 Arméniens sont embarqués sur la Foudre, le D'Estrées, le Guichen, l’Amiral Charner et le Desaix. Les marins français de la 3e escadre donnent le meilleur d’eux-mêmes pour réussir cette évacuation, sur Port-Saïd, en Égypte, où les rescapés sont accueillis, gardant toutefois le nom de Mussalertsi (enfants du mont Mussa).
Dartige du Fournet prend par la suite le commandement en chef des flottes alliées d'Orient qui vont agir dans le Bosphore[5].
Il est démis de ses fonctions par le ministre de la Marine, Lucien Lacaze, à la suite de l'embuscade dans laquelle tombent les soldats alliés à Athènes en [6],[7]. Il cherche à réintégrer l'armée de terre durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale[8], avant d'être réhabilité.
Il se marie et se retire à Périgueux dans sa villa Paknam. Il est enterré à Saint-Chamassy (Dordogne)[7].
Honneurs, hommages
Le , 110 ans après les faits, une délégation française conduite par Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, en présence d'Ararat Mirzoian, ministre arménien des Affaires étrangères, s'est rendue au complexe commémoratif du génocide arménien Tsitsernakaberd à Erevan en Arménie pour dévoiler une plaque en l'honneur de Louis Dartige du Fournet, derrière laquelle est scellée une poignée de terre prélevée sur sa tombe en Dordogne afin de perpétuer la gratitude du peuple arménien pour le sauvetage des plus de 4 000 Arméniens de Musa Dagh par un militaire « qui n'a écouté que la voix de sa conscience », selon le discours qu'a prononcé alors Edita Gzoyan, directrice du Musée-Institut du génocide des Arméniens[9].
Publications

- Instructions nautiques sur les mers de Chine. Introduction. Navigation générale. Collationnées par le service des instructions nautiques au Dépôt de la marine, 3 vol., Paris, Imprimerie nationale, 1883-1884
- Journal d'un commandant de la Comète : Chine, Siam, Japon (1892-1893), Paris, Plon-Nourrit, 1897, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56085880.pdf Texte en ligne]
- Petite Mousmé, Paris : Plon-Nourrit, 1907. Réédition : Paris, Pondichéry, Éditions Kailash, 2009
- Souvenirs de guerre d'un amiral, 1914-1916, Paris, Plon-Nourrit, 1920
- Heures lointaines. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1928
- À travers les mers. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1929
- Portraits de Famille. Souvenirs intimes, Périgueux, imprimerie Ribes, 14 rue Antoine-Gadaud, 1938
Promotions
- Élève sur le Borda le ,
- Aspirant de 2e classe le ,
- Aspirant de 1re classe le ,
- Enseigne de vaisseau le ,
- Lieutenant de vaisseau le , à bord de l'aviso Bouvet,
- Capitaine de frégate en 1897, à bord du croiseur Pothuau,
- Contre-amiral en 1909, préfet maritime à Bizerte,
- Vice-amiral en 1913.
