Patrouilleur Outre-mer
navire de guerre
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Les patrouilleurs Outre-mer, ou POM ou classe Félix Éboué, sont un programme de six patrouilleurs de la Marine nationale. Ils sont basés à Nouméa, Tahiti et La Réunion, où ils remplacent les anciens patrouilleurs de la classe P400, mais avec un gabarit bien plus important de 1 300 tonnes à pleine charge et des capacités étendues. Le premier exemplaire, l'Auguste Bénébig, a été livré le à Nouméa[2], le deuxième, le Teriieroo a Teriierooiterai est admis au service le à Papeete[3], le troisième Auguste Techer a été livré le à La Réunion[4]. Les trois suivants doivent être livrés en 2025 et 2026.
| Patrouilleur Outre-mer | ||||||||
Le Auguste Bénébig (P779) en mer du Timor en 2024. | ||||||||
| Classe Félix Éboué | ||||||||
| Caractéristiques techniques | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type | Patrouilleur | |||||||
| Longueur | 80 m | |||||||
| Maître-bau | 11,8 m | |||||||
| Tirant d'eau | 3,5 m | |||||||
| Déplacement | 1 300 t à pleine charge | |||||||
| Propulsion | Diesel-électrique | |||||||
| Puissance | 2 x 3 880 kW | |||||||
| Vitesse | 24 nœuds | |||||||
| Caractéristiques militaires | ||||||||
| Armement | 1 canon de calibre 20 mm Nexter Narwhal
4 mitrailleuses de 12,7 mm ou 7,62 mm |
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| Embarcations | 2 semi-rigides de type EDO | |||||||
| Aéronefs | 2 drones de reconnaissance Aliaca | |||||||
| Rayon d'action | 5 500 nautiques à 12 nœuds | |||||||
| Autres caractéristiques | ||||||||
| Électronique | Radar de veille air/surface Système d’identification optronique jour / nuit Système de combat Lyncea Moyens de communication HF et satellitaires |
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| Équipage | 30 marins et 29 passagers[1] | |||||||
| Histoire | ||||||||
| Architecte | Mauric | |||||||
| Chantier naval | Socarenam | |||||||
| A servi dans | ||||||||
| Commanditaire | Direction générale de l'Armement | |||||||
| Date début commande | 4 décembre 2019 | |||||||
| Période de construction |
2020-2026 | |||||||
| Période de service | 2023 - | |||||||
| Navires construits | 5 | |||||||
| Navires prévus | 6 | |||||||
| Navires en activité | 4 | |||||||
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| modifier |
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Historique
Genèse
Les travaux liés au programme BATSIMAR et à la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017[5] ont établi que la protection des approches maritimes et des intérêts à la mer des départements, régions et collectivités d'outre-mer nécessitaient des moyens aptes à s'opposer aux actions terroristes et aux menaces d'incursions. Ils ont défini deux familles de navires de patrouille : les patrouilleurs de haute mer de nouvelle génération (PHM-NG), ou Patrouilleur hauturier, et les patrouilleurs Outre-mer (POM). Les POM ont pour mission la sauvegarde maritime du territoire et l'action de l'État en mer, avec un armement adapté et sans capacités offensives significatives. En , la direction générale de l'Armement émet un appel d'offres concernant ces bâtiments[6].
Commande
Le , le président de la République Emmanuel Macron annonce à l'occasion des Assises de l'économie de la mer que le ministère des Armées a octroyé le contrat de construction de six POM à la société Socarenam, basée à Boulogne-sur-Mer, déjà constructeur des patrouilleurs Antilles-Guyane (PAG) de la classe La Confiance[7]. La DGA passe officiellement commande auprès de la Socarenam le [1].
Le marché de développement, de réalisation, et de maintien en condition opérationnelle est publié le . Il est confié en cotraitance aux sociétés Socarenam et CNN-MCO, situées à Brest, pour une valeur de 223 939 897 euros hors TVA[8], soit 37,3 millions d'euros par unité.
Construction
Les patrouilleurs Outre-mer portent les noms de combattants ou de défenseurs ultramarins de la France libre, originaires de chacun des trois territoires où ces navires sont basés.
La première découpe de la première unité, dénommée Auguste Bénébig, a eu lieu le , au cours d'une visite du chantier Socarenam de Saint-Malo par la ministre des Armées Florence Parly[9].
Le navire a été mis à l'eau le à Saint-Malo, puis aussitôt convoyé vers Boulogne-sur-Mer pour armement. Il a entamé en ses essais à la mer depuis la base navale de Brest. Le le patrouilleur a quitté le port de Brest pour se rendre à Nouméa[10] où il est arrivé le , après avoir fait escale à Las Palmas, Fort de France, transité par le canal de Panama, Papeete, Wallis, soit 20 000 km de navigation[11]. Il a été livré à la Marine le [2] et admis au service actif le .
Le deuxième patrouilleur de la série, le Teriieroo a Teriierooiterai, a été mis à l'eau le à Saint-Malo, puis a poursuivi son armement à Boulogne-sur-Mer[12]. Il a quitté Boulogne-sur-Mer le pour rejoindre Calais. Il est arrivé à Brest le . Il a quitté Brest pour Papeete le , où il est arrivé le . Il est admis au service actif le [3]. Selon le Plan annuel de performances [PAP] du programme 146 «Équipement des forces» mis en annexe du projet de loi de finances 2026, l'Auguste Bénébig et leTeriieroo a Teriierooiterai, feront l’objet d’une «rénovation» «pour appliquer les évolutions mises en place sur les POM 3 à 6»[13].
Le troisième patrouilleur, l'Auguste Techer, a été mis à l'eau le . Il a quitté Saint-Malo le pour rejoindre Boulogne-sur-Mer. Il a été livré à la Marine le . Il est admis au service actif le [14].
Caractéristiques
Les patrouilleurs Outre-mer de la classe Félix Éboué ont un déplacement de 1 300 tonnes à pleine charge. Ils sont longs de 80 m, 11,8 m de maître-bau, avec un tirant d'eau de 3,5 m[15],[16]. La propulsion de type diesel-electrique est assurée par deux moteurs diesels ABC 16DZC de 3880 kW et deux moteurs électriques ENAG/ABB motion M3LP de 550 kW. La vitesse maximale est de 24 noeuds. Armés par un équipage de trente marins, ils peuvent recevoir vingt-neuf passagers supplémentaires et assurer le soutien de plongeurs[1]. Ils sont amenés à évoluer dans des zones de forte chaleur et d'hygrométrie élevée, pour des missions sans ravitaillement d'une durée avoisinant les trente jours, avec une capacité de manutention autonome pour le levage de matériels. Ils disposent de deux embarcations rapides d'intervention EDO NG, d'une embarcation de servitude et de deux système de mini-drones aériens embarqués pour la Marine (SMDM)[1].
Le système de combat est le Lyncea de la société française Nexeya, installé depuis 2009 sur les frégates de classe Floréal et les avisos reclassés en patrouilleurs de classe d'Estienne d'Orves[17]. Le radar de surveillance KH Mk II SharpEye est fourni par Hensoldt[18]. Deux radars Sperry Marine assurent la navigation, et un système de veille électro-optronique Sae Eagle est installé. L’armement est constitué d’un canon de calibre 20 mm téléopéré Narwhal 20B, placé à l’avant, et de quatre affûts destinés à accueillir des mitrailleuses de 12,7 mm et 7,62 mm[1]. Ces navires disposent d'une plateforme et d'un hangar pour un drone, et de moyens de communication satellitaires[19]. Au niveau du rond central de la plateforme drone, il est possible de fixer un trépied support d'arme pour Mistral ou Akeron. L'utilisation de mortier de calibre 81mm est également possible.
Utilisateurs
Marine nationale
Six patrouilleurs sont prévus pour équiper la Marine nationale[15]. La première unité, qui est livrée le [2], est basée à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, où elle est suivie d'un autre bâtiment fin 2025. Le deuxième patrouilleur est admis au service actif le à Papeete, en attendant également un autre bâtiment. Deux unités basées à La Réunion prendront la relève des patrouilleurs P400 et du Malin[1].
| Indicatif visuel | Nom | Première découpe | Mise à l'eau | Essais en mer | Livraison | Service actif | Port base |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| P779 | Auguste Bénébig | [9] | [20] | 26 | [2] | 25 juillet 2023 | Nouméa |
| P780 | Teriieroo a Teriierooiterai | septembre 2021 | [12] | 14 septembre 2023 | 7 juin 2024 | 17 juillet 2024 | Papeete |
| P781 | Auguste Techer | décembre 2022 | 22 décembre 2023[21] | 23 septembre 2024 | 26 août 2025 | 20 octobre 2025[14] | La Réunion |
| P782 | Jean Tranape | juillet 2023 | 11 janvier 2025[22] | 4 novembre 2025 | 10 juillet 2026[23] | 14 septembre 2026 | Nouméa |
| P783 | Philippe Bernardino | septembre 2023 | 27 mars 2026 | 2027 | Papeete | ||
| P784 | Félix Éboué | décembre 2024 | 2028 | La Réunion |