Paul-André Sadon
magistrat français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Paul-André Sadon, né le à L'Isle-sur-Serein (Yonne) et mort le à Vanves, est un ancien haut magistrat français.
| Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Paul-André Raymond Henri Sadon |
| Nationalité | |
| Activité |
| Distinction |
|---|
Parcours
Années 1950
Licencié en droit, d'abord avocat, il est nommé juge suppléant à Lyon, en décembre 1950 et, trois ans plus tard, à Chambéry. Substitut du procureur de la République à Saint-Mihiel (Meuse) (1955) puis à Châteauroux (1956), détaché à l'administration centrale du ministère de la Justice (1958).
Années 1960
Par le décret publié au Journal officiel du , Paul-André Sadon est nommé juge à l'ex-tribunal de la Seine, tout en demeurant affecté à l'administration centrale du ministère de la Justice. Conseiller technique au cabinet du ministre des Transports, Jean Chamant, du jusqu'à sa réaffectation au ministère de la Justice, en tant que conseiller technique du garde des Sceaux, René Capitant, le . Il demeure ensuite au cabinet du garde des Sceaux, sous les ministres Jean-Marcel Jeanneney et René Pleven[1]. Selon la Commission historique instituée par le cardinal Decourtray et présidée par René Rémond sur Touvier et l'Église, il est sollicité par le réseau qui s'active pour obtenir la grâce de Paul Touvier. Il répond au solliciteur, André Lavagne, en manifestant un intérêt à l'égard du cas Touvier et lui suggère de recourir à une demande d'amnistie[2].
Il est nommé premier substitut près le tribunal de grande instance de Nanterre le
Années 1970
Paul-André Sadon est nommé premier vice-président au tribunal de grande instance de Paris, en 1971. Il devient, le , directeur des services judiciaires au ministère de la Justice, fonction qu'il occupe jusqu'en juillet 1975 avant d'être nommé le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris. C'est à ce poste qu'il ouvre une information judiciaire contre X pour « homicides volontaires » à la suite de l'assassinat de l'ambassadeur de Turquie et de son chauffeur par des terroristes arméniens en plein Paris[3].
Il est nommé procureur général près la cour d'appel de Paris le . Pour la gauche, à l'époque dans l'opposition, il est la principale incarnation de la politique du garde des Sceaux Alain Peyrefitte et de son projet de loi « sécurité et liberté »[4].
Années 1980
Le , à la suite de l'alternance, il est écarté de ce poste par la gauche et nommé premier avocat général en surnombre à la Cour de cassation[5].
Entre mars et décembre 1986 il est chargé de mission, avec les fonctions de conseiller auprès du cabinet d'Albin Chalandon, garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le Gouvernement Chirac II[6]. Alors que l'état d'esprit du cabinet du nouveau garde des Sceaux était de penser que la nouvelle alternance conduirait à très court terme au départ des personnels en place, Paul-André Sadon opte pour le maintien du directeur des Affaires criminelles et des Grâces, du sous-directeur de la législation criminelle et du bureau de législation pénale générale en poste sous les ministres des précédents gouvernements socialistes[7].
Le , il devient directeur de cabinet d'Albin Chalandon. Selon La Croix et l'Express, on lui doit la découverte de "l'erreur curieuse et providentielle" qui permettra l'annulation de la procédure dans le procès de Maurice Papon et l'enlisement du procès pendant 10 ans[8],[9]. À la suite de la démission du gouvernement, il quitte ses fonctions le .
D'après Henri Nallet, ce magistrat "représente, dans l'imaginaire de beaucoup de responsables socialistes, mais aussi de dirigeants de droite, d'avocats et de magistrats, le modèle achevé du manipulateur de justice, capable à la demande de faire exploser ou d'étouffer telle affaire selon des considérations politiques" [10].
Années 1990 et 2000
De 1989 à 1998, il est conseiller général de l'UDF de l'Yonne (canton de l'Isle-sur-Serein) et maire (DVD) de L'Isle-sur-Serein de 1984 à 2008.
Mort
Paul-André Sadon meurt le à Vanves à l'âge de 97 ans[11],[12].
Décorations
Le , Paul-André Sadon est promu au grade de commandeur dans l'ordre national de la Légion d'honneur.[réf. souhaitée]