Paulin Sêvi Akouété naît à Grand-Popo, localité aujourd’hui située en République du Bénin. Il effectue sa formation au Grand Séminaire de Ouidah, où il envisage un temps la prêtrise avant d’y renoncer. Il se tourne ensuite vers l’enseignement primaire et commence sa carrière professionnelle le à Aného. Réussit au concours d’instituteur en 1926, il est muté à Lomé où il enseigne à l’École primaire publique de la route d’Aného. En 1930, pour des raisons de santé, il est détaché au service de l’enseignement en qualité de secrétaire d’académie[1],[2],[3].
Engagement syndical
À partir des années 1930, Paulin Akouété s’engage dans le syndicalisme. Il est élu premier secrétaire de l’Association des fonctionnaires et ouvriers du Togo (AFOT), avant d’être détaché de l’enseignement pour exercer comme syndicaliste permanent à la Bourse du travail. Après la Seconde Guerre mondiale, il joue un rôle central dans la structuration du mouvement syndical togolais. En 1947, il devient secrétaire général de l’Union des syndicats confédérés du Togo (USCT), organisation regroupant plus de la moitié des syndicats du territoire et revendiquant une autonomie vis-à-vis des centrales métropolitaines françaises. Dans les années 1950, sous sa direction, l’USCT participe activement aux mobilisations sociales et politiques, notamment lors des grèves de 1955 à 1958, qui mêlent revendications professionnelles et exigences politiques liées à l’indépendance. Rôle dans le processus d’indépendance, Paulin Akouété entretient des relations étroites avec Sylvanus Olympio à partir de 1946. Le mouvement syndical dirigé par Akouété soutient les partis nationalistes, en particulier lors de la période précédant les élections législatives du 27 avril 1958, organisées sous la supervision des Nations unies. Le , en sa qualité de secrétaire général de l’USCT, il adresse une motion au commissaireonusien Max Dorsinville, demandant des mesures correctives concernant l’inscription des électeurs. La menace d’une grève générale prévue pour le conduit les autorités à réviser les listes électorales, entraînant une augmentation significative du nombre d’inscrits. À l’issue du scrutin, Paulin Akouété est élu député et les partis nationalistes remportent la victoire, ouvrant la voie à l’indépendance du Togo[1],[2],[3].
Paulin Sêvi Akouété meurt le à l’âge de 95 ans au Centre national hospitalier universitaire de Cotonou. Il est inhumé à Grand-Popo, lors de funérailles auxquelles assistent de nombreuses personnalités du monde syndical et politique[1],[2],[3].