Pauline Villeneuve

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Pauline Villeneuve
Biographie
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Pauline Villeneuve, en religion sœur Pauline Rose de Sainte Thérèse, née esclave en 1697[1], à la Guadeloupe arrive à Nantes en 1714, où elle est un sujet libre. Elle intègre le couvent des Bénédictines du Calvaire et en devient la mère supérieure. Elle meurt en 1765[2].

Née en esclavage en Guadeloupe de parents esclavagisés, Pauline Villeneuve grandit dans une plantation de coton. Elle est dame de compagnie de sa propriétaire, Mme Villeneuve[3].

Elle arrive à Nantes avec Madame Villeneuve, le [4]. Elle a 17 ans.

Madame Villeneuve, sa maîtresse, doit partir à Paris chez sa sœur et visiter une amie. Mais, elle ne peut emmener son esclave chez celle ci. Elle[5]quitte Nantes et demande aux sœurs Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire de loger Pauline en son absence. C'est un fait rare car généralement les propriétaires emmènent leurs esclaves lors de leurs déplacements[6].

Citation des mots exacts de Gerard Mellier sur l'obligation de déclaration de toute entrée d'un esclave en France au Port de Nantes

Deux éléments importants qui vont pencher ensuite dans la balance : la non déclaration de Pauline en tant qu'esclave à l'arrivée au Port de Nantes, ainsi que la non déclaration de la condition d'esclave de Pauline dans le registre du couvent.

En effet, selon les Mémoires de Gérard Mellier, le subdélégué de l'intendant de Bretagne à Nantes, il faut déclarer tout esclave qui entre dans le Royaume, c'est-à-dire la France hexagonale, et payer une taxe de 500 piastres à la douane.

L'usage s'est introduit à Nantes, que les officiers et habitants desdites colonies qui amènent des nègres en France sont obligés de déclarer à leur arrivée au Greffe de l'Amirauté du débarquement, le nombre des nègres qu'ils amènent soit pour leur service, soit pour les mettre en apprentissage en France [...] ( ill.1)[7]

Et, qui plus est dans les registres du couvent, l’acte de réception au noviciat de Pauline le 26 janvier 1715[8] n’évoque pas son statut d’esclave, et Mme Villeneuve y est qualifiée de « famille » et non de propriétaire[9].

Le procès

Lorsque Madame Villeneuve revient à Nantes, Pauline refuse de quitter le couvent[10]. Avec le soutien des sœurs et de René Darquistade (1680-1754), un armateur pourtant esclavagiste, elle débute son noviciat le . Les sœurs lui attribuent alors le nom de sa propriétaire[3].

Madame Villeneuve intente un procès, qu'elle perd, car le présidial conclut à la liberté de Pauline en 1715[3]. Le fait que Pauline n'aie pas été déclarée à la douane en tant qu'esclave, ni dans le couvent, lui permet d'invoquer le Privilège de la terre de France. René Darquistade soutient Pauline en lui donnant 4000 livres pour payer sa défense[5]. L'Ordonnance de mars 1685 sur les esclaves des îles de l'Amérique précisait que tout esclave introduit en France serait libéré. Et n’ayant pas été déclarée à son arrivée, Pauline a joué sur cette faille de sa propriétaire[11].

"Toutes perſonnes ſont franches en ce Royaume, & ſi toſt qu’vn eſclaue a attaint les marches d’iceluy, ſe faiſant baptiſer, il eſt affrãchy[12]."

Or, Mme Villeneuve va mettre 1 an à revenir récupérer Pauline sans jamais la déclarer.

Extrait de Fond de la Chambre de commerce de Nantes qui évoque le verdict du procès de Pauline Villeneuve

Le verdict du Procès

Selon les mémoires de Gérard Méllier qui évoque le procès, les juges cherchent partout une loi qui dit "que faire dans un tel cas de figure. Aucun règlement authentique fixe la conduite des juges dans pareil cas". C'est-à-dire où "l’esclave n’est pas déclaré, ni ramené en France pour être en apprentissage, quelconque instruction ou les exercices de notre religion ni même avec obligation de la ramener dans les colonies de l’Amérique" comme l'indique l'ordonnance du roi du mois de mars 1685. Aucun arrestographe ne fait mention d’un tel précédent dans les autres tribunaux ou en France[7].

Le Presidial rend donc son verdict In favorum libertatis ( ill.2). Courant 1715, Pauline est libre.

En janvier 1716, Pauline est reçue à la première profession. Elle est admise, « à la pluralité des suffrages », par le vote secret des sœurs. La nouvelle moniale signe alors la charte par laquelle elle s’engage à « la conversion de ses mœurs, à la clôture perpétuelle, à la pauvreté, à la chasteté et à l’obéissance ». Six mois sont encore nécessaires à ce qu’elle devienne professe, c’est-à-dire qu’elle prononce ses vœux définitifs, le 7 juillet 1716. Elle adopte alors le nom de sœur Pauline Rose de Sainte Thérèse[13].

L'acte de décès de Pauline Rose de Sainte Thérèse, en qualité de Vénérable mère

Pauline Villeneuve meurt au couvent le , à l'âge de 69 ans. Les registres du couvent et l'acte de décès indiquent qu'elle est désormais en qualité de Vénérable mère ( ill.3)[14],[6]. Ce qui témoigne de son implication et réussite professionnelle au sein du couvent.

Postérité

Notes et références

Bibliographie

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