En , la famille Gravier acquiert une propriété qui appartenait à la famille Doultre depuis 1529[2], au bord de l'Allier. François Gravier, vers , fait détruire les bâtiments qui s'y trouvent, dont la tour dit de Ramas, et fait construire une partie de l'actuel pavillon[2].
En , la famille Ravin-Charcot en devient propriétaire[2]. La porte du Pont est détruite en et remplacée par un logis avec belvédère. La maison accueille alors des hôtes venant prendre les eaux à Vichy. Mme Ravin-Charcot prétend alors pour faire de la publicité à sa maison que c'est ici que la marquise de Sévigné était descendue lors de ses deux séjours à Vichy, en et , où elle était venue faire soigner ses rhumatismes. MmeRavin-Charcot fait apposer un panneau au-dessus de la porte puis une plaque de marbre rappelant son passage[2]. Elle désigne même la chambre où la marquise aurait dormi[2]. Mais il existe de forts doutes sur ce récit, les historiens penchant plutôt pour un séjour de la marquise à l'auberge de la Croix-Blanche[2] toute proche, où se trouve aujourd'hui l'Ermitage.
Estampe de Jules Simon de représentant le pavillon Sévigné.
En , le pavillon prend le nom d'hôtel de Sévigné, devenant un des établissements de luxe de Vichy. Il reprend son nom d'hôtel de Sévigné quelques années plus tard sous l'impulsion de son nouveau propriétaire, M.Risler[2]. Par la suite, Joseph Aletti, propriétaire de plusieurs hôtels de luxe et un des promoteurs de la station thermale, en prend la direction[2].
Pendant la Première Guerre mondiale, le pavillon de Sévigné est réquisitionné comme plusieurs hôtels de la ville, pour être transformé en hôpital temporaire (hôpital no53)[2].
Lors des dix premiers jours de , le pavillon abrite les appartements du président de la République, Albert Lebrun[2], avant que celui-ci ne quitte Vichy. Il devient ensuite la résidence privée du maréchal Pétain[2] (il y réside principalement l'été, demeurant à l'hôtel du Parc l'hiver) et le lieu où se tiennent les conseils des ministres du gouvernement de Vichy[2]. Les propriétaires en sont alors Élisabeth Risler-François et Jean-François Risler[3]. Élisabeth Risler-François et son époux Pierre François y organisent via les Éclaireurs de France, des activités de résistance[4]. Alors que le pavillon est toujours occupé par Pétain et son entourage, Élisabeth Risler-François y cache également à partir de une jeune fille juive, Lise Dennery, la faisant passer pour une nourrice[1]. René Duphil, également cadre des Éclaireurs de France, et son épouse Henriette, cachent sa petite sœur Anette sous un faux nom[5]. Ils seront tous les quatre ultérieurement honorés du titre de «Justes parmi les nations» à ce titre pour avoir sauvé des Juifs au péril de leur vie. L'équipe nationale des EDF se livre également dans un local du Pavillon à une intense fabrication de fausses cartes de ravitaillement et d'identité et encouragent les jeunes qui rejoignent les maquis et la Résistance[6],[7].
Il redevient un hôtel de luxe jusqu'à sa fermeture en . En , il est transformé en résidence privée.
123456789101112Jacques Cousseau, Palaces et grands hôtels de Vichy: L'hôtellerie triomphante des XIXeetXXesiècles dans la reine des villes d'eaux, Champetières, éditions de la Montmarie, , 190p. (ISBN978-2-915841-55-8).
↑Audrey Mallet, Vichy contre Vichy: une capitale sans mémoire (texte remanié de Vichy contre Vichy: histoire et mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans l'ancienne capitale de l'État français de à aujourd'hui, thèse de doctorat sous la dir. de Henry Rousso et Norman Ingram, au CHS (Paris-I) et à l'Université Concordia de Montréal, soutenue le , no2016PA01H073), Paris, Belin, coll.«Contemporaines», , 296p. (ISBN978-2-410-00961-3).