Pavillon des sociétés savantes
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XVIIIe siècle |
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Ville de Caen (d) |
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Le pavillon des sociétés savantes, également appelé par le passé « pavillon de la foire » ou « Musée Langlois », est un bâtiment construit à Caen au XVIIIe siècle, à l'origine pour abriter les échevins de la ville lors des foires.
La totalité de l'édifice fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].
XVIIIe siècle : pavillon de la foire
La foire franche de Caen est créée en par Henri IV en remerciement de la fidélité de la ville pendant les troubles de la Ligue. La nouvelle foire de Caen se développe rapidement et concurrence celle de Guibray, pourtant beaucoup plus ancienne[2]. Au XVIIIe siècle, alors que les autres foires françaises s'essoufflent, elle devient l'une des principales foires du royaume[3].
Afin d'accueillir les commerçants et les équipements nécessaires à la bonne tenue de la foire, la ville de Caen achète en 1595 un terrain appartenant au couvent des Jacobins. Ce pré, appelé Champ-de-la-Cercle ou simplement la Cercle, était situé hors les murs dans une boucle formée par la confluence du Canal Robert et d'un bras de l'Orne, la Noë. Un bastion est aménagé à cet emplacement entre 1616 et 1620, la foire occupant l'espace central remblayé[4]. Entre 1600 et 1635, le terrain, qui prend alors le nom de Champs-de-foire, est fieffé à des particuliers. Ils y aménagent une foire à loge constituée de bâtiments permanents et éphémères disposés selon un quadrillage régulier[5]. En dehors de cette période d'activités commerciales qui dure quinze jours par an, ces loges servent régulièrement de cantonnement pour les troupes de passage[6]. Ainsi entre 1789 et 1791, une partie du régiment d'Aunis y est logée ; les soldats se plaignent d'ailleurs de l’inconfort des bâtiments[7].
Il est possible qu'un premier bâtiment officiel ait été bâti dans ce nouveau quartier afin d'abriter les séances des échevins qui, en tant que juges de la foire, en assuraient la police. Il est ainsi fait référence en 1691 à un repas en l'honneur de Monsieur de Matigon, de l'évêque et de l'intendant organisé « au pavillon de la foire[8] ». Tout au long du XVIIIe siècle, il est fait référence à d'autres cérémonies du même genre organisées dans le pavillon de la foire[9]. Toutefois l'édifice actuel ne semble avoir été construit qu'à la fin du XVIIIe siècle, peut-être sous le règne de Louis XVI[10].
XIXe – XXe siècles : pavillon des sociétés savantes et musée Langlois
Au XIXe siècle, la foire est transférée sur le Grand Cours (actuel cours Kœnig). Le pavillon sert alors de lieu de réunions pour les différentes sociétés savantes de la ville (Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, Société d'agriculture et de commerce de Caen, Société linnéenne de Normandie, société des beaux-arts de Caen, etc)[11]. C'est à cette époque que le bâtiment prend le nom de pavillon des sociétés savantes. Jusqu'en 1854, date de son installation dans l'ancien collège du Mont, la Société des antiquaires de Normandie se réunissait également dans le pavillon où de nombreux objets d’intérêt archéologique étaient entreposés, le transformant ainsi en « cabinet » ou « muséum des antiquités »[12] ; Arcisse de Caumont y donnait également ses cours monumentaux, dispensés pour la première fois en 1830[13].
À proximité du pavillon, le quartier de la foire se dégrade et devient un secteur insalubre décrit comme un « cloaque hideux » régulièrement inondé et où se dressent de « vieilles constructions, noires, inhabitées pendant la plus grande partie de l'année[14] ». Sous le mandat de François-Gabriel Bertrand, il est décidé de réaménager ce secteur. En 1861, la ville de Caen reçoit l'autorisation de contracter un prêt en vue de financer les expropriations de ces habitations[15]. Ces dernières – « logettes, obscures, humides, placées dans des rues étroites et malsaines, [qui] ont été depuis longtemps abandonnées par le commerce[16] » – sont rasées et de nouvelles rues sont tracées afin de former un « quartier nouveau, déblayé de ses anciennes constructions et symétriquement percé[17] » ; le long de ces axes, sont construits des équipements publics (rue Daniel Huet) et des maisons bourgeoises (cours Sadi-Carnot). L'ancien pavillon de la foire est le seul bâtiment à avoir été conservé et demeure donc le dernier vestige de l'ancienne activité commerciale de ce quartier.

En 1888, le pavillon est réaménagé aux frais de la nièce du colonel Langlois afin d'accueillir les toiles de son oncle, léguées au musée des beaux-arts de Caen quinze ans plus tôt[18]. Pour permettre d'exposer les tableaux de grandes dimensions, le plancher du premier étage est alors démoli afin d'exhausser le plafond du rez-de-chaussée[10]. Pendant la bataille de Caen, le bâtiment est endommagé et la moitié des collections du musée Langlois est détruite[18]. Le pavillon des sociétés savantes est restauré et le plancher de l'étage supérieur est rétabli à son niveau d'origine. La salle du premier étage sert un temps de lieu de concerts pour les élèves du Conservatoire. Depuis 1976, le rez-de-chaussée est partagé entre le service de la circulation et l'Éducation nationale qui s'en sert comme annexe du collège René Lemière[10]. Au début des années 2000, il est prévu que le bâtiment, aujourd'hui inoccupé, soit réaménagé afin d'y exposer une collection d'œuvres d'art contemporaines rassemblées par Jacques Pasquier, plasticien caennais[19] ; mais le projet ne se réalise pas[20].
Le transfert définitif du poste central de la circulation, qui occupe le rez-de-chaussée du pavillon, est prévu à l'été 2025. La ville de Caen, propriétaire des lieux, passe un accord avec la communauté urbaine Caen la Mer afin de transférer dans le pavillon le département théâtral du Conservatoire et Orchestre de Caen. En mai 2025, il est conclu entre la ville de Caen, propriétaire de l'immeuble et la Communauté urbaine Caen la Mer, dont relève le Conservatoire au titre de sa compétence, un bail emphytéotique. La communauté urbaine doit mener des travaux en vue de rénover complètement les espaces (maçonnerie, couverture, menuiserie, revêtement, peinture, plomberie), d'assainir l'édifice (notamment par le traitement du salpêtre) et de mettre le bâtiment aux normes en matière d'accessibilité et d'établissement recevant du public (création d’un ascenseur et surélévation du niveau de plancher en rez-de-chaussée). Le commencement des travaux est envisagé en septembre 2025 afin de permettre l'ouverture des classes en janvier 2027[21],[22].
