Pays de Chełm
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Ziemia chełmska
1387–1793
| Capitale | Chełm |
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| Superficie | 9 939 km2 |
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Entités suivantes :
Le pays de Chełm était une région du royaume de Pologne, puis de la république des Deux Nations (1569-1795). Aujourd'hui, située dans les États modernes de Pologne, d'Ukraine et de Biélorussie, elle représentait une exclave de la voïvodie de Ruthénie, dont elle était séparée par la voïvodie de Bełz. La ville la plus importante de la région était Chełm. Au sein de la république des Deux Nations, le pays de Chełm jouissait d'un statut particulier ; certains documents le décrivaient comme une entité distincte : la voïvodie de Chełm (en latin : Palatinatus Chelmensis).
En 981, le territoire fut conquis par le souverain de la Rus' de Kiev, Vladimir le Grand. À cette époque, il était, selon l'historien polonais Ryszard Orłowski, habité par des Slaves occidentaux (Lendiens). Vladimir y fit venir des colons ruthènes[1].


Le futur pays de Chełm se situait entre l'ancien royaume de Pologne et la Rus' de Kiev. Les deux États se disputèrent son territoire au Xe siècle et, après plusieurs conflits, vers 1240, le roi Daniel de Galicie fit de Chełm la capitale d'un diocèse orthodoxe, ce qui permit à la ville de se développer rapidement. À la suite de l'invasion mongole de la Rus' de Kiev, qui affaiblit les États ruthènes, le grand-duché de Lituanie, nouvelle puissance d'Europe de l'Est, occupa Chełm[1].
En 1340, la ville fut annexée par le roi polonais Casimir III le Grand, avec Belz, la Ruthénie rouge et la Podolie. Initialement, le pays de Chełm fut réuni au pays de Bełz, mais, en 1387, le roi Ladislas Jagellon céda Belz en fief au duc de Mazovie Siemowit, tandis que Chełm fut directement annexée par la Couronne polonaise. Des sources plus anciennes affirment que le pays de Chełm fut intégré à la voïvodie de Ruthénie lors de sa création en 1434, mais selon de nouvelles recherches, il resta une unité administrative indépendante, dotée de sa propre diétine (en), ce probablement jusqu'au début du XVIe siècle[1].
À l'origine, le territoire du pays de Chełm comprenait les comtés de Chełm et de Krasnystaw, mais, en 1392, il fut étendu par la région de Hrubieszów, qui appartenait auparavant au territoire de Bełz. Plus tard, dans les années 1430, le territoire de Chełm fut étendu sur de vastes zones à l'est du Bug, dans les comtés de Ratno et de Liouboml. Au total, sa superficie était d'environ 10 000 km2, et son territoire ne changea plus jusqu'au premier partage de la Pologne (1772)[1].
L'historien et ethnographe polonais Zygmunt Gloger écrivait au XIXe siècle que le pays de Chełm était une exclave de la voïvodie de Ruthénie, complètement séparée de celle-ci par la voïvodie de Bełz. De nouvelles recherches suggèrent que, dans la région peu peuplée de la forêt de Solska, le pays de Bełz aurait pu être limitrophe du Pays de Przemyśl (en), qui faisait partie de la voïvodie de Ruthénie. Le Boug occidental divisait le pays de Chełm en deux parties inégales ; dans les deux comtés orientaux, plus petits et peu peuplés, se trouvaient la source du Pripiat, ainsi que plusieurs lacs et marais de Polésie[1].
Au XVe siècle, le pays de Chełm fut divisé en comtés : les contés de Chełm, Krasnystaw, Hrubieszów, Liouboml et Ratno. En 1465, le comté de Hrubieszów fut annexé par le comté de Chełm, et, vers 1469, le comté de Chełm annexa les comtés de Liouboml et de Ratno. Après ces changements, le pays de Chełm fut divisé en deux comtés : Chełm (superficie : 7 900 km2), et Krasnystaw (superficie : 2 000 km2). De plus, dans le coin sud-ouest du comté de Krasnystaw se trouvait le comté privé de Szczebrzeszyn, et certaines parties de la terre de Chełm appartenaient à la famille Zamoyski[1].
Sous la république des Deux Nations (1569-1795), la plupart des habitants des parties orientales du pays de Chełm étaient d'origine ruthène et polonaise, tandis que la majorité des Polonais de souche vivaient dans les parties occidentales. Le pays de Chełm comptait également des minorités juive, arménienne et valaque. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la population du pays de Chełm était d'environ 67 000 habitants. En 1636, la population atteignit 125 000 habitants, mais, après les guerres des années 1650, comme l'invasion suédoise de la Pologne, elle retomba à environ 100 000 habitants. En 1667, le comté de Chełm comptait 16 villes et 260 villages, tandis que le comté de Krasnystaw comptait 7 villes et 167 villages[1].
En 1772, l'empire des Habsbourg annexa la partie sud du pays de Chełm. À la suite du premier partage de la Pologne, la quasi-totalité de la voïvodie de Ruthénie fut rattachée à la Galicie autrichienne, et le pays de Chełm devint une entité indépendante, qui devint la voïvodie de Chełm en 1793. Après le troisième partage de la Pologne (1795), la voïvodie fut divisée entre l'Autriche (en tant que partie de la Galicie occidentale) et l'Empire russe. Cela signifia la fin de l'existence du Pays de Chełm dans sa forme originale. En 1815, l'ensemble du territoire du Pays de Chełm passa sous domination russe. En 1918, l'ensemble du territoire du pays de Chełm fut rattaché à la Pologne renaissante, et en 1945, il fut partagé entre la Pologne et l'URSS. Aujourd'hui, le pays de Chełm historique appartient à trois pays : la Pologne (la majeure partie), l'Ukraine et la Biélorussie[1].
Références
Bibliographie indicative
- (pl) A. Jabłonowski, Polska XVI wieku pod względem geograficzno-historycznym, t. VII, cz. II: Ziemie ruskie. Ruś Czerwona, Warszawa 1903.
- (pl) Zygmunt Gloger, Geografia historyczna ziem dawnej Polski, Kraków 1900, s. 220–223.
- (pl) W. Ćwik, J. Reder, Rozwój administracyjno-terytorialny ziemi chełmskiej, [w:] Ziemia chełmska. Materiały z sesji naukowej historyków odbytej w Chełmie 21 VI 1959 r., red. J. Willaume, Lublin 1961.
- (pl) H. M. Łaszkiewicz, Dziedzictwo czy towar? Szlachecki handel ziemią w powiecie chełmskim w II połowie XVII wieku, Lublin 1998.
- (pl) J. Ternes, Sejmik chełmski za Wazów (1587–1668), Lublin 2004.
- (pl) A. Gil, Prawosławna eparchia chełmska do 1596 roku, Lublin–Chełm 1999.
- (pl) A. Gil, Chełmska diecezja unicka 1596–1810. Dzieje i organizacja, Lublin 2005.
- (pl) J. Lewandowski, Na pograniczu. Polityka władz państwowych wobec unitów Podlasia i Chełmszczyzny 1772–1875, Lublin 1996.
- (pl) A. Wrzeszcz, Gubernia Chełmska. Zarys ustrojowy, Lublin 1997.
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