Peines de cœur d'une chatte anglaise
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| Peines de cœur d’une chatte anglaise | |
Grandville dernière gravure de Scènes de la vie privée et publique des animaux | |
| Auteur | Honoré de Balzac |
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| Pays | |
| Genre | Contes |
| Éditeur | Pierre-Jules Hetzel |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1844-1845 |
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Peines de cœur d’une chatte anglaise est une nouvelle d'Honoré de Balzac. Elle fait partie des Scènes de la vie privée et publique des animaux, paru en livraison de 1840 à 1842[1], puis en livre illustré, le tome premier en 1841 et le second en 1842 avec le sous-titre Études de mœurs contemporaines.
« Pour cet ouvrage collectif qui prend place à son tour dans le réseau éditorial de la “littérature panoramique”, et qui animalise les “types”, Balzac donne les Peines de cœur d’une chatte anglaise ainsi que d'autres contes animaliers. Le seul énoncé du titre, Scènes de la vie privée et publique, indique la référence à Balzac et aux sections introduites dans La Comédie humaine. Balzac intervient ainsi non seulement comme l’un des contributeurs de l’ouvrage, mais il constitue aussi l’horizon de référence du livre entier qui transpose La Comédie humaine en une “comédie animale” conforme au goût de Grandville pour le bestiaire anthropomorphe[2]. ».
George Sand, Charles Nodier et Louis Viardot participèrent aussi à l'ouvrage, ainsi que l'éditeur lui-même, Hetzel, qui produisit la nouvelle sous le pseudonyme de P. J. Stahl : Les Peines de cœur d'une chatte française, en réponse aux Peines de cœur d'une chatte anglaise.
« Le frontispice des Scènes de la vie privée et publique des animaux met en scène les similitudes de l’homme à l’animal […]. Il montre Grandville dessinant ses auteurs, Balzac, Sand et Janin[3], qui sont mis en cabane au Jardin des Plantes avec la légende : “défense de rien jeter aux animaux”. Dans sa seconde édition, ce livre illustré par Grandville prendra un nouveau titre : Les Animaux peints par eux-mêmes[4]. »
Lors de sa publication, le texte fut accueilli avec enthousiasme par la gentry anglaise qui en comprenait l’humour au second degré. Ce fut d’ailleurs un Anglais, Edward Bond, qui l’adapta en livret d’opéra, bien qu'on ait, au XXe siècle, assez injustement taxé Balzac ainsi qu’Hetzel d’anglophobie[5].
Beauty, une chatte magnifique qui a échappé à la noyade d’une portée de chats parce qu’elle a un poil blanc étincelant, est d’abord recueillie chez une vieille fille qui l’instruit des règles de vie « victorienne », d’une absolue rigidité. Il n’est pas question de faire pipi sur le tapis (même, si possible, ne pas faire pipi du tout). Pas question non plus de manger en public, pas question d’indiquer d’une manière ou d’une autre les besoins du corps, et même, il est bon de n’avoir pas de corps. Toute chose naturelle étant improper y compris le pantalon et le derrière qui portent le nom d'« innommable ».
Très déprimée, Beauty est heureusement sauvée de cet enfer par une jeune fille de haute naissance qui est délicieuse avec la chatte, mais très capricieuse dans le choix de ses maris. Dans le défilé des prétendants se trouve un pair qui semble faire l’affaire de la jeune fille et qui possède un chat persan : Puff, plutôt vieux, victorien, et doté d’un peu d’embonpoint. Il s’ensuit des réunions de chats où l’on discute politique, vie sociale, société, élégance, etc. Jusqu’au jour où arrive Brisquet, petit chat français dragueur et un peu « apache » qui parvient non seulement à courtiser Beauty, mais aussi à l’amuser en l’entraînant sur les gouttières (très improper, le chat français). Beauty l’adore, mais son éducation l’empêche de le lui avouer (improper), et Brisquet est assassiné par Puff et sa bande, au grand désespoir de Beauty.


