Peinture croate contemporaine

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Dans la peinture croate contemporaine, le terme « fin de la peinture » apparaît dans les descriptions des courants artistiques picturaux radicaux qui ont une position nihiliste envers le progrès de la création artistique. Cette position a été renforcée par la disparition de la dimension utopique de l'art qui devait permettre de transformer les relations sociales et la position de l'homme envers lui-même [1], dans une époque marquée par la mort des idéologies politiques et le renforcement du capitalisme mondial[2].

Les mouvements artistiques de ce type sont actifs tout au long du XXe siècle, culminant avec le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch, avec les toiles noires des années cinquante de Reinhardt, avec la peinture analytique et enfin, avec la composante verbale de l'art conceptuel. L'expression « retour à la peinture » en tant que médium et en tant que tradition est une réaction aux pratiques artistiques mentionnées et apparaît dans les mouvements réalistes des années 20 et 30 du XXe siècle (Forces nouvelles en France, Valori Plastici et Novecento en Italie, Vérisme et Neue Sachlichkeit en Allemagne, précisionnisme et régionalisme en Amérique) et dans les années 80 (Neue Wilde, Trans-avant-garde, Néo-expressionnisme).

Le manque d'intérêt pour la peinture au cours des années 1990 a influencé les nouveaux modes de performance artistique (performance, land-art, art corporel, , etc.) et les moyens d’expression mis à disposition par les médias électroniques et numériques (installations, vidéo). Les éléments qui permettent à l'art actuel d’être important et pertinent sont les pratiques artistiques collectives, l'esthétique participative et l'engagement social, et « l’idéologie de la nouveauté » est presque devenue un modèle dans les échanges d'idées (post) modernes[3]. Au début du XXIe siècle, l'industrie de la peinture prend un nouvel élan et l'art contemporain s’inspire de genres variés, de mouvements et de courants de l'histoire de l'art divers. Il y a donc fréquemment des citations et des références dans l'art visuel. La peinture contemporaine croate se caractérise par un pluralisme de genres, mêlant techniques traditionnelles et multidisciplinarité, tout en brisant les barrières conventionnelles de l’image.

Dans les années 1990, il n'y avait pas de pratique artistique dans la peinture croate qui unissait les groupes d'artistes actifs. Pourtant, l'influence des nouvelles peintures des années 1970 et 1980 dominait.

En 1971, avec son texte Impossibilité de l’image, Đuro Seder donne une vision dogmatique de la peinture comme moyen d'autolimitation[4]. Il s’éloigne progressivement des monochromes qui avaient problématisé le rapport à la peinture et nié le sens du contenu artistique narratif. Dans les années 1980, il commença à voir la possibilité de l'art non référentiel, qui en reproduisant l'expérience de l'artiste crée une nouvelle réalité autonome dans l'œuvre. Dans les années 1990, les œuvres de Seder se caractérisent par un mouvement expressif et une application de peinture épaisse, avec un accent sur la forme, tandis que la figuration et le contenu restent des éléments auxiliaires. L’artiste se tourne vers des thèmes religieux qui remettent en question la crise spirituelle d'un homme qui cherche la figure du Christ comme espoir fondateur dans la réalisation des aspirations humaines.

Vatroslav Kuliš, lui, crée des œuvres à la limite entre le réalisme et l'abstraction, en maintenant le lien avec la nature par des motifs de paysages, de mer et d'eau [5]. Igor Zidić utilise le terme de néoromantisme pour expliquer l’art de Kuliš. Il le perçoit dans les compositions colorées de caractère utopique qui mettent l'accent sur la perfection de la nature et qui permettent d’échapper à la réalité. En utilisant divers matériaux (sable, cire, pigment, bocaux, cartons) et en combinant les techniques (peinture, photographie, installations), il cherche à éliminer la frontière entre art et réalité. Ses œuvres récentes sont dans la plupart des cas les compositions coloristes abstraites qui se distinguent par leur caractère presque lyrique, par leur spontanéité du mouvement et par leur manque de contenu narratif.

Les peintures d'Igor Rončević des années 1980 et 1990 marquent le mélange entre l'abstraction et la figuration, ce que Zvonko Maković, appelle « l’illusion de l’existence ». L'artiste décompose et fragmente les objets et les personnages, met l'accent sur la couleur et les mouvements, et offre des interprétations ambigües du contenu [6]. L'approche transavantgarde de l'image se manifeste dans l'étude de l'artiste des diverses possibilités d'action en peinture pure qui n’excluent ni sa valeur esthétique, ni associative, ce qui était le cas pour la peinture analytique[7].

Le travail d'Edita Schubert dans les années 1980 se basait sur une abstraction géométrique qui était constamment interprétée dans le cadre de l'influence du mouvement Néo-Geo[8]. Dans le série Portable des années 1990, elle crée des œuvres qu’elle appelle « collages », des toiles de formats standard, couvertes sur toute la surface de couleurs uniformes, libérées de toute forme d’expressivité et de signification supplémentaire de telle manière que sa peinture s’approche de la peinture analytique. Réduire le langage visuel à une confrontation de deux couleurs est une façon de réfléchir sur la catégorie d'image et de souligner son objectivité et sa portabilité comme le suggère le titre[9]

Après l'expressionnisme et le colorisme de la première moitié des années 1980, Nina Ivančić a appliqué le mode abstrait-géométrique du Néo-Geo lors de son séjour à New York (1986-1993) et dans les années 1990, elle a réalisé une série d'images appelées Les Fantômes. Il s'agit des silhouettes de navires en acrylique noir plat et rigide sur une base de toile blanche. Les résultats sont les images-diagrammes, et après 2000, elle les multiplie et développe, et les entrelace avec les images des avions.  Elle s'inspire des brochures promotionnelles et de l'héritage popartiste de Lichtenstein et de Rosenquist, que fait sa peinture historiquement rétrospective, tout en montrant une sorte d'héritage et d'élaboration du non-expressionnisme, lors de son séjour en Amérique[10].

Zoltan Novak commence à peindre dans les années quatre-vingt du XXe siècle, et son travail est caractérisé par un moment psychologique-expressif visible dans les représentations de personnages impersonnels et solitaires, mentalement et moralement vides[11].  Le symbole représentatif de sa peinture est le motif du marcheur, tandis que dans ses œuvres récentes, le peintre donne sa propre vision introspective de l'homme urbain qui se sent seul dans la mégalopole moderne.

Modèle transdisciplinaire de créativité

Réalisme dans l'art contemporain croate

Notes et références

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