Pemexgate
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| Pemexgate | |
Le logo de Pemex | |
| Type | Scandale politique |
|---|---|
| Pays | |
| Cause | Fraude électorale et corruption |
| Date | 2002-2003 |
| Participant(s) | PRI, Pemex |
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Le Pemexgate est un scandale politique concernant le parti politique mexicain PRI durant la présidence de Ernesto Zedillo (1994-2000), découvert et dénoncé pendant la présidence de Vicente Fox (2000-2006). Il s'agit du transfert de 500 millions de pesos (près de 53 millions de dollars américains) au candidat du PRI à la présidentielle de 2000, Francisco Labastida Ochoa, de la part de la compagnie pétrolière PEMEX, principal exploitant des hydrocarbures au Mexique.
L'enquête, les interrogatoires et les négociations se sont déroulées sur un an en 2002, sans que personne soit inculpé par le Procuraduría General de la República (PGR) au final. L'Institut national électoral (IFE) a tout de même reconnu le PRI coupable de violation des lois électorales et lui a imposé une amende de plus d'un milliard de pesos (près de 97 millions de $) pour ne pas avoir déclaré la somme reçue de Pemex. L'amende est considérée comme la plus importante de l'histoire, équivalent à l'argent qu'aurait perçu le PRI entre 2003 et mi-2004[1].
Nationalisation mexicaine et industrie pétrolière
Le président Lázaro Cárdenas nationalise l'industrie pétrolière mexicaine en 1938 à la suite d'un conflit entre les syndicats et les compagnies pétrolières. Auparavant, l’industrie pétrolière était dominée par des sociétés étrangères à capitaux étrangers qui résistaient à la formation de syndicats. Lorsque le Syndicat mexicain des travailleurs du pétrole (STPRM) est créé en 1935, il exige des conditions de travail équitables et une augmentation des salaires. Le président Cárdenas décide alors de faire suivre la recommandation devant le conseil d'arbitrage. Les syndicalistes n'étant pas satisfaits, ils décident de déclencher une grève, ce qui provoque une pénurie de pétrole dans le pays pendant une courte période.
Le conseil d'arbitrage se range finalement du côté du syndicat et la Cour suprême ordonne que les entreprises répondent aux revendications des travailleurs. Cependant, les entreprises refusent d'accepter cet ordre, après quoi Cárdenas propose un accord pour mettre fin à la grève si les entreprises acceptent de payer 26 millions de pesos pour la perte de salaire occasionnée par la grève. Aucune des deux options n’ayant été retenue, Cárdenas décide de créer la compagnie pétrolière nationale, Pemex[2].
L'expropriation était un test décisif pour la politique de bon voisinage récemment annoncée par le président américain Franklin D. Roosevelt. Malgré les craintes que cela ne détériore les relations entre les États-Unis et le Mexique, les deux présidents ont pu se rencontrer lors d'un sommet, ce qui a permis au Mexique de faire partie de pays d'Amérique latine qui se sont ralliés aux Américains[3].
Depuis lors, le gouvernement mexicain entretient des relations très étroites avec Pemex. Le gouvernement a même créé une branche de recherche pour Pemex, appelée l'Institut mexicain du pétrole (en) (IMP), afin d'encourager la production nationale, transformant ainsi Pemex en une « super-agence d'élite ». Pemex devient au fil du temps l'outil du gouvernement qui lui permet le développement du Mexique à travers des initiatives économiques et sociales.
Pemex est considérablement régulé par la Constitution mexicaine et d’autres lois, qui l’empêchent par exemple de créer des coentreprises nationales ou de nouer des contrats liés au capital qui menaceraient le patrimoine mexicain. Cette régulation stricte combinée à des relations compliquées avec le gouvernement fédéral mexicain laissent peu de responsabilités à ses dirigeants. Pourtant, la fragmentation politique au Mexique suggère qu’aucune entité n’a le droit d'exercer de domination stratégique sur l’entreprise, surtout après les élections de 2000. Son incapacité à exercer diverses stratégies économiques en a fait "un instrument d’ingénierie financière de l’État". Cela signifie aussi que le gouvernement mexicain est très dépendant financièrement de Pemex, car les revenus à court terme de l’entreprise servent à combler les trous du budget fédéral. Au total, le financement du gouvernement mexicain par Pemex représente environ 40 % du budget fédéral du Mexique[4].
Élections fédérales mexicaines de 2000

Les élections fédérales de 2000 ont marqué la fin du règne du PRI à la tête du gouvernement mexicain. Le parti dirigeait le pays depuis 1929 et avait construit un système politique national avec la conviction qu'il gouvernerait pour toujours. L'élection a été un moment politiquement significatif dans l'histoire en raison de la victoire de Vicente Fox du Parti d'action nationale (PAN) et parce qu'elle a marqué l'indépendance du Congrès par rapport au PRI.
La victoire de Fox était inattendue en raison du long règne du PRI, mais pas totalement sans précédent. Au milieu des efforts visant à faire du Mexique une nation véritablement démocratique, les citoyens ont montré par leurs votes la nécessité d'un changement de gouvernement. L'analyse des résultats du vote montre que 28% des électeurs ont choisi le PRI pour le candidat, mais 50% pour le parti, alors que 52% ont choisi le PAN pour le candidat et 35% pour le parti. En comparant les candidats, une écrasante majorité de 66 % des électeurs qui ont voté pour Fox ont déclaré avoir voté pour un changement dans la nation, tandis que Labastida a reçu 15 % et Cuauhtémoc Cárdenas du PRD a reçu 18 %. Les partisans du PAN et de nombreux universitaires ont voté pour Fox en sachant qu'une véritable démocratie était faite pour élire des dirigeants, ce que Fox a parfaitement su représenter à travers son programme électoral[5].
Afin de mieux promouvoir son candidat Francisco Labastida, le PRI a mobilisé son réseau à travers tout le pays. Le directeur de Pemex, Rogelio Montemayor Seguy, aurait notamment transféré 127 millions de dollars à Labastida et pour d'autres campagnes du PRI. Malgré les efforts, les résultats des élections ont donné à Fox 42,5 % des voix contre 36,1 % pour Labastida[6].