Pertes humaines pendant la guerre d'Irak

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Des drapeaux blancs et rouges, représentant respectivement les décès irakiens et américains, sont installés dans le quadrilatère d'herbe de la bibliothèque Valley sur le campus de Corvallis, dans l'Oregon, de l'université d'État de l'Oregon. Dans le cadre de l'exposition itinérante Iraq Body Count de 2008 à 2009 (non liée au projet Iraq Body Count ), les drapeaux visent à « faire prendre conscience du coût humain de la guerre en Irak ». (mai 2008)

Les pertes humaines pendant la guerre d'Irak sont les victimes de cette guerre menée par une coalition conduite par les Etats-Unis en Irak entre 2003 et 2011. Le nombre des victimes est compris entre 151 000 et 1 million de morts, irakiens dans leur immense majorité. L'incertitude concernant le nombre de morts est liée aux méthodes utilisées pour le décompte ; elle affecte uniquement le nombre d'Irakiens morts ; celui des soldats américains tués, estimé à 4431, n'est pas sujet à débat.

L’estimation des décès causés par la guerre pose de nombreux défis[1],[2]. Les experts font la distinction entre d'une part les décomptes de cadavres, qui comptabilisent les décès officiellement signalés et, d'autre part, les enquêtes auprès des familles permettant de comparer le nombre de morts en excès après l'invasion de l'Irak au nombre de morts avant l'invasion[3].

La méthode consistant à dénombrer les corps dans les hôpitaux, les morgues, ou à se fonder sur les décomptes dans des sources médiatiques, sous-estime en général le nombre de morts parce qu'une partie des décès n'est pas déclarée : des victimes meurent dans des zones dangereuses, peu couvertes par les journalistes, certaines sont enlevées, exécutées et enterrées clandestinement dans des fosses communes. Le décompte des cadavres a dénombré au moins 110 600 morts violentes en avril 2009 (selon Associated Press). Le projet Iraq Body Count documente selon cette méthode entre 186 901 et 210 296 civils victimes de mort violente.

L'autre méthode consistant à interroger les familles engendre un risque inférieur de sous-estimation, mais ce risque demeure, parce que de nombreuses familles ont fui le pays après y avoir perdu un des leurs, et se trouvent exclues de l'enquête. Les sondages auprès d'échantillons de population produisent des estimations du nombre de victimes de la guerre en Irak allant de 151 000 morts violentes en juin 2006 (selon le Iraq Family Health Survey) à 1 033 000 décès excédentaires en 2007 (selon l' enquête Opinion Research Business (ORB) de 2007). D'autres enquêtes couvrant différentes périodes temporelles évoquent un total de 461 000 décès en juin 2011 (dont plus de 60 % de mort violente) selon PLOS Medicine 2013 ; et un total de 655 000 décès en juin 2006 (dont plus de 90 % de mort violente), selon l'étude The Lancet de 2006.

Les résultats varient aussi selon que l'on considère uniquement les morts liées au combat, ou si l'on inclut les morts liées à l'effondrement du système de santé, de police et de justice. Ils varient de manière évidente selon la date à laquelle on arrête le décompte, et selon que l'on considère les civils uniquement, ou les civils et les combattants ensemble. Certaines études sont évaluées par les pairs, et considérées comme scientifiques (The Lancet, Plos Medecine), d'autres non (Iraq Body Count).

Le sujet est sensible, ayant des implications politiques. Toutes les estimations des victimes de la guerre en Irak sont contestées[4],[5].

Près de 60% des décès sont dus à une mort violente, selon Plos Medicine (étude de 2013). Parmi des morts violentes, 35% sont imputables à la coalition, 32% aux milices, selon la même étude. La plus grande part des Irakiens victimes de mort violente ont été tués par balles ; viennent ensuite les voitures piégées, les explosions et les bombardements aériens, selon plusieurs études qui, sur ce point, sont concordantes.

On entend par « guerre d'Irak » la séquence historique comprenant l'invasion de l'Irak en 2003, l'occupation du pays par les Etats-Unis et la coalition, l'insurrection irakienne et la guerre civile en Irak qui ont suivi.

Iraq Family Health Survey, de mars 2003 à juin 2006

L'Iraq Family Health Survey publie en 2008 pour l' Organisation mondiale de la santé[6] des résultats dans le New England Journal of Medicine[7]. L'étude a porté sur 9 345 familles à travers l'Irak et estime que 151 000 décès sont dus à la violence (plage d'incertitude de 95 %, 104 000 à 223 000) de mars 2003 à juin 2006[8],[9],[10].

Revue Lancet, de mars 2003 à juin 2006

Une étude publiée dans la revue The Lancet établit le chiffre de 654 965 décès excédentaires jusqu'à la fin juin 2006 en se fondant sur les données d'une enquête auprès des ménages. L’estimation concerne tous les décès violents et non violents excédentaires. Le chiffre inclut également les décès dus à une augmentation de l’anarchie, à des infrastructures dégradées, à des soins de santé de moins bonne qualité, etc. On estime que 601 027 décès (fourchette de 426 369 à 793 663 en utilisant un intervalle de confiance de 95 %) sont dus à la violence. 31 % d’entre eux sont attribués à la Coalition, 24% à d’autres, 46% à des agents inconnus. Les causes des morts violentes sont les coups de feu (56%), les voitures piégées (13 %), d'autres explosions/munitions (14 %), les bombardements aériens (13%), les accidents (2%) et les causes inconnues (2%). Une copie d'un acte de décès était disponible pour une forte proportion de décès déclarés (92 % des ménages invités à en produire un)[11],[12],[13]

Revue PLOS Medicine, de mars 2003 à juin 2011

Le chiffre de l'étude publiée dans PLOS Medicine d'environ 460 000 décès excédentaires jusqu'à fin juin 2011 se fonde sur des enquêtes auprès des ménages. L’estimation concerne tous les décès violents et non violents excédentaires. Elle inclut également les décès dus à l'aggravation de l’anarchie, à la dégradation des infrastructures, à des soins de santé de moins bonne qualité, etc. Les auteurs estiment qu'au moins 55 000 décès supplémentaires manquent dans l'enquête, car les familles des défunts avaient émigré hors d'Irak. Plus de 60% de décès sont directement imputables à la violence. 405 000 décès (plage de 48 000 à 751 000 en utilisant un intervalle de confiance de 95%) ont été estimés comme un excès de décès attribuable au conflit. L'enquête indique que même si les attentats aux voitures piégées ont fait l'objet d'une plus grande couverture médiatique à l'échelle internationale, les blessures par balle sont responsables de la majorité (63%) des morts violentes. L'étude estime également que 35 % des morts violentes sont attribuées à la Coalition et 32% aux milices. Les maladies cardiovasculaires représentent environ la moitié (47%) des décès non violents, les maladies chroniques 11%, les décès de nourrissons ou d'enfants autres que des blessures 12,4%, les blessures non liées à la guerre 11 % et le cancer 8 %[4].

Opinion Research Business

Un sondage Opinion Research Business (ORB), ORB survey of Iraq War casualties (en), mené du 12 au 19 août 2007 estime à 1 033 000 le nombre de morts violentes dues à la guerre en Irak. La fourchette donnée était de 946 000 à 1 120 000 décès. Un échantillon représentatif à l'échelle nationale d'environ 2 000 adultes irakiens a répondu à la question de savoir si des membres de leur foyer (vivant sous leur toit) avaient été tués à cause de la guerre en Irak. 22% des personnes interrogées ont perdu un ou plusieurs membres de leur foyer. L'ORB a rapporté que « 48 % sont morts d'une blessure par balle, 20 % de l'explosion d'une voiture piégée, 9 % d'un bombardement aérien, 6 % des suites d'un accident et 6 % d'une autre explosion/munition. »[14],[15],[16],[17].

Documents divulgués par Wikileaks, de janvier 2004 à décembre 2009

Des documents militaires américains classifiés publiés par WikiLeaks en octobre 2010 font état de 109 032 décès répartis en « civils » (66 081 décès), « nation hôte » (15 196 décès), « ennemi » (23 984 décès) et « amical » (3 771 décès) entre janvier 2004 et décembre 2009[18]

Ministère de la santé irakien, de janvier 2005 à février 2009

Le ministère de la Santé du gouvernement irakien compte 87 215 Irakiens morts de mort violente entre le 1er janvier 2005 et le 28 février 2009, en se fondant sur les certificats de décès délivrés par les hôpitaux et les morgues pour morts violentes. Le responsable qui a fourni les données déclare à l'Associated Press que le nombre réel de morts est entre 10 et 20 % plus élevé en raison des milliers de personnes toujours portées disparues et enterrés dans le chaos de la guerre sans documents officiels ; le ministère ne dispose pas ds chiffres pour les deux premières années de la guerre[19],[20].

The Associated Press de mars 2003 à avril 2009

Associated Press déclare que plus de 110 600 Irakiens ont été tués depuis le début de la guerre jusqu'en avril 2009, en se fondant le décompte du ministère de la Santé de 87 215 morts pour la période du 1er janvier 2005 au 28 février 2009, combiné avec le nombre de victimes pour 2003-2004, et après le 29 février 2009, fourni par des sources hospitalières et des médias[19],[20].

Iraq Body Count, depuis mars 2003

Le Projet Iraq Body Count' (IBC) estime que 183 535 à 206 107 civils sont morts de mort violente jusqu'en avril 2019. Ce chiffre comprend les décès de civils signalés dus à l'action militaire de la coalition et des insurgés, à la violence communautaire et à l'augmentation de la violence criminelle[21]. Le site de l'IBC déclare : « de nombreux décès ne seront probablement pas signalés ou enregistrés par les autorités et les médias »[22]..

Ali al-Shemari (ministre irakien de la Santé) de mars 2003 à novembre 2006

Selon le ministre irakien de la Santé, Ali al-Shemari (en), depuis l'invasion de mars 2003, entre 100 000 et 150 000 Irakiens ont été tués[23], estimation fournie en novembre 2006, fondée sur une estimation de 100 corps par jour amenés aux morgues et aux hôpitaux, calcul qui devrait conduire au nombre de 130 000 tués au total selon le Taipei Times[24].

Costs of War Project, de mars 2003 à octobre 2018

Entre 268 000 et 295 000 personnes ont été tuées dans les violences, dont 182 272 à 204 575 civils (en utilisant les chiffres d'Iraq Body Count), entre mars 2003 et octobre 2018, selon les conclusions du Costs of War Project (en), une équipe de 35 chercheurs, experts juridiques, praticiens des droits de l'homme et médecins, réunis par l'Université Brown et le Watson Institute for International and Public Affairs. «Les chiffres des morts violentes civiles sont « sûrement sous-estimés »"[25],[26],[27],[28].

Décès par catégorie

Forces de Sécurité Irakiennes (alignées sur la Coalition)

De juin 2003 au 31 décembre 2010, selon plusieurs estimations, 16 623 militaires et policiers irakiens ont été tués[29].

Insurgés irakiens

De juin 2003 au 30 septembre 2011, plus de 26 320 à 27 000 insurgés irakiens ont été tués, selon plusieurs estimations[30].

Journalistes et humanitaires

136 journalistes et 51 employés des médias ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions, selon des chiffres de février 2009[31],[32],[33]. 94 travailleurs humanitaires ont été tués selon un article de Reuters du 21 novembre 2007[34].

Forces armées des Etats-Unis

Graphique des décès mensuels de militaires américains en Irak depuis le début de la guerre jusqu'au 24 juin 2008[35]

Au 19 juillet 2021, selon le site Web du ministère américain de la Défense, il y a eu 4 431 morts au total et 31 994 blessés au combat à la suite de la guerre en Irak[36].

Soldats de la coalition tués par des tirs hostiles

Au 23 octobre 2011, les tirs hostiles représentaient 3 777 des 4 799 morts militaires de la coalition[37].

Forces armées d'autres pays de la Coalition

Voir Coalition militaire en Irak.

Au 24 février 2009, il y avait eu 318 morts parmi les forces armées des autres pays de la coalition, dont 179 décès pour le Royaume-Uni et 139 décès dans d’autres pays. Répartition[38],[39],[40] :

  • Australie – 2
  • Azerbaijan – 1
  • Bulgarie – 13
  • République tchèque – 1
  • Danemark – 7
  • Salvador – 5
  • Estonie – 2
  • Fidji – 1
  • Géorgie – 5
  • Hongrie – 1
  • Italie – 33
  • Kazakhstan – 1
  • Lettonie – 3
  • Pays-Bas – 2
  • Pologne – 30
  • Portugal – 1
  • Roumanie – 4
  • Slovaquie – 4
  • Corée du Sud – 1
  • Espagne – 11
  • Thailande – 2
  • Ukraine – 18
  • Royaume Uni – 179

Contractors (mercenaires)

Contractors. Au moins 1 487 morts entre mars 2003 et juin 2011. 245 d'entre eux viennent des États-Unis[41],[42],[43],[44],[45]. Les contractors sont « des Américains, des Irakiens et des travailleurs de plus de trois douzaines d'autres pays »[46]. 10 569 ont été blessés[41]. Ils « préparent les repas, font la lessive, réparent les infrastructures, traduisent des documents, analysent les renseignements, gardent les prisonniers, protègent les convois militaires, livrent de l'eau dans la zone verte fortement fortifiée et montent la garde dans les bâtiments – des tâches souvent très dangereuses, presque identiques à celles accomplies par de nombreuses troupes américaines"[47] A July 4, 2007, Los Angeles Times article reported 182,000 employees of U.S.-government-funded contractors and subcontractors (118,000 Iraqi, 43,000 other, 21,000 U.S.)[42],[48]. Un article du Los Angeles Times du 4 juillet 2007 fait état de 182 000 employés d'entrepreneurs et de sous-traitants financés par le gouvernement américain (118 000 irakiens, 43 000 autres, 21 000 américains)[42].

Morts au moment de l'invasion de l'Irak

Le Projet Iraq Body Count (IBC) documente un nombre de morts civiles jusqu'à la fin de la phase majeure de combat (1er mai 2003) dans un rapport de 2005 [49], utilisant des informations mises à jour, l'IBC rapporte que 7 299 civils auraient été tués, principalement par les forces aériennes et terrestres américaines. Au 1er mai 2003, 17 338 civils ont été blessés. L'IBC affirme que ses chiffres sont probablement sous-estimés car "de nombreux décès ne seront probablement pas signalés ou non enregistrés par les autorités et les médias".

Selon un article du Guardian du 28 mai 2003, « les taux de mortalité trouvés dans les unités militaires autour de Bagdad étant compris entre 3 % et 10 %, on arrive si l'on extrapole à l'échelle du pays à un bilan compris entre 13 500 et 45 000 morts parmi les soldats et les paramilitaires. »[50].

Un soldat transporte un enfant irakien blessé au centre médical Charlie du camp Ramadi, en Irak (20 mars 2007).
Une Irakienne handicapée de 28 ans a perdu ses deux jambes lors d'opérations de combat (7 mai 2006)

Victimes causées par la violence criminelle et politique

Des médecins de l'armée américaine transportent un policier irakien blessé dans une ambulance (mars 2007)

En mai 2004, Associated Press a réalisé une enquête sur les morgues de Bagdad et des provinces environnantes. L'enquête a recensé les morts violentes depuis le 1er mai 2003, lorsque le président Bush a déclaré la fin des opérations de combat majeures, jusqu'au 30 avril 2004.

Extrait de l'article de l'AP :

À Bagdad, selon les chiffres fournis par Kais Hassan, directeur des statistiques à l'Institut médico-légal de Bagdad, qui administre les morgues de la ville. "Avant la guerre, il y avait un gouvernement fort, une sécurité forte. Il y avait beaucoup de policiers dans les rues et il n'y avait pas d'armes illégales", a-t-il déclaré lors de la visite d'un journaliste de l'AP à la morgue. "Maintenant, il y a peu de contrôles. Il y a du crime, des meurtres par vengeance, tellement de violence". En outre, les corps des combattants tués appartenant à des groupes comme l’armée d’al-Mahdi sont rarement transportés dans les morgues.

L'article rapporte que les chiffres se traduisent par 76 meurtres pour 100 000 habitants à Bagdad, contre 39 à Bogotá, en Colombie, 7,5 à New York et 2,4 en Jordanie voisine. L'article indique qu'il y avait 3,0 meurtres pour 100 000 habitants à Bagdad l'année précédant la guerre, en 2002. Les morgues étudiées dans d’autres régions d’Irak ont également signalé une forte augmentation du nombre d’homicides. Karbala, au sud de Bagdad, est passée d'une moyenne d'un homicide par mois en 2002 à une moyenne de 55 par mois l'année qui a suivi l'invasion ; à Tikrit, au nord de Bagdad, où il n'y a eu aucun homicide en 2002, le taux est passé à une moyenne de 17 par mois ; dans la province septentrionale de Kirkouk, le taux est passé de 3 par mois en 2002 à 34 par mois au cours de la période d'enquête.

Nombre de morts parmi les insurgés irakiens

Le nombre total de morts parmi les insurgés est difficile à estimer . En 2003, 597 insurgés ont été tués, selon l'armée américaine[51]. De janvier 2004 à décembre 2009 (sans compter mai 2004 et mars 2009), 23 984 insurgés auraient été tués, d'après les rapports des soldats de la coalition sur les lignes de front[52]. Au cours des deux mois manquants à l'estimation, 652 ont été tués en mai 2004[53], et 45 ont été tués en mars 2009[54]. En 2010, 676 autres insurgés ont été tués[55]. Entre janvier et mars et octobre 2011, 451 insurgés ont été tués[56],[57],[58],[59],[60],[61]. Sur la base de toutes ces estimations, quelque 26 405 insurgés/miliciens ont été tués entre 2003 et fin 2011.

Cependant, ce chiffre pourrait être faible par rapport à la réalité, car il ne prend en compte que les morts au combat contre les forces dirigées par les États-Unis ; les insurgés se sont également fréquemment affrontés entre eux et ceux qui ont été tués pour des raisons autres que les combats ne sont pas comptés.

Chiffres fournis par l'armée américaine et le ministère irakien de la Défense, y compris les kamikazes

  • 2011 – 451 (hors février et août)
  • 2010 – 676
  • 2009 – 488 (hors juin)
  • 2008 – 2 028
  • 2007 – 6 747 (source : armée américaine), 4 544 (source : ministère irakien de la Défense)
  • 2006 – 3 902
  • 2005 – 3 247 (source : armée américaine), 1 734 (source : ministère irakien de la Défense)
  • 2004 – 6 801
  • 2003 – 603
  • 2009-73
  • 2008 – 257
  • 2007 – 442 [62]
  • 2006 – 297 [62],[63]
  • 2005 – 478 [64]
  • 2004 – 140 [64]
  • 2003 (d'août à décembre) – 32

Total général – 21 221 à 26 405 insurgés tués

Nombre de blessés irakiens

Ministère irakien des droits de l'homme Le ministère des Droits de l'Homme du gouvernement irakien a recensé 250 000 blessés irakiens entre 2003 et 2012[65]. Le ministère avait précédemment signalé que 147 195 blessés avaient été enregistrés pour la période 2004-2008[66].
Gouvernement irakien Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabbagh, a rapporté que 239 133 blessés irakiens ont été enregistrés par le gouvernement entre 2004 et 2011[67].
Documents militaires divulgués par Wikileaks Des documents militaires américains classifiés publiés par WikiLeaks en octobre 2010 font état de 176 382 blessés, dont 99 163 civils entre janvier 2004 et décembre 2009.[68]
Iraq Body Count Le projet Iraq Body Count a rapporté qu'il y avait eu au moins 20 000 civils blessés au cours des premiers mois de la guerre entre mars et juillet 2003[69]. Un rapport a indiqué qu'au moins 42 500 civils auraient été blessés au cours des deux premières années de la guerre entre mars 2003 et mars 2005[70].

Malades irakiens

En novembre 2006, des rapports faisaient état d'une détérioration significative du système de santé irakien en raison de la guerre[23].

Des articles dans The Lancet et Al Jazeera indiquent une augmentation spectaculaire du nombre de cas de malformations congénitales, de cancers, de fausses couches, de maladies et de naissances prématurées après la première et la deuxième guerre d'Irak, liée probablement à la présence d'uranium appauvri et de produits chimiques introduits en Irak par les attaques américaines au cours de cette période, notamment dans les régions de Falloujah, de Bassorah et du sud de l'Irak[71],[72].

En 2007, une étude de la Société irakienne des psychiatres et de l'OMS a révélé que 70 % des 10 000 élèves des écoles primaires du quartier de Sha'ab, au nord de Bagdad, souffrent de symptômes liés à un traumatisme.

Réfugiés irakiens

Au 4 novembre 2006, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estimait que 1,8 million d'Irakiens avaient été déplacés vers les pays voisins et 1,6 million étaient déplacés à l'intérieur du pays, avec près de 100 000 Irakiens fuyant vers la Syrie et la Jordanie chaque mois.[81] Environ 40% de la classe moyenne irakienne aurait fui, selon un rapport de l'ONU en 2007. La plupart fuient les persécutions systématiques et n'envisagent pas de revenir. Selon Human Rights Watch, au moins 2 000 médecins irakiens ont été tués et 250 kidnappés depuis l'invasion américaine de 2003. Toutes sortes de personnes, des professeurs d'université aux boulangers, ont été la cible des milices, des insurgés irakiens et des criminels.

Victimes militaires au sein de la coalition

 

La plupart des victimes américaines, comme celles d'un avion de transport militaire C-17, retournent à la base aérienne de Dover , dans le Delaware. (date inconnue)

Depuis la passation officielle du pouvoir au gouvernement intérimaire irakien le 28 juin 2004, les soldats de la coalition menée par les Etats-Unis ont continué à être attaqués en Irak.

Un Marine américain tué en avril 2003.

Le total des victimes au sein de la coalition et au sein des mercenaires employés à son service (contractors) est plus de dix fois supérieur à celui de la guerre du Golfe de 1990-1991. Au cours de la guerre du Golfe, les forces de la coalition ont perdu environ 378 personnes ; parmi les militaires irakiens, des dizaines de milliers ont été tués.

Soldats de la coalition malades ou blessés

Des militaires américains blessés ont été transportés d'Irak à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, pour y être soignés. (février 2007)

De nombreux vétérans américains de la guerre en Irak ont signalé des problèmes de santé graves, notamment des tumeurs, un dysfonctionnement sexuel, des migraines, des spasmes musculaires fréquents et d'autres symptômes qui rappellent le « syndrome de la guerre du Golfe » de 1991, que certains pensent être liés à l'utilisation par les États-Unis d'uranium appauvri radioactif[73].

Une étude sur les vétérans américains publiée en juillet 2004 dans le New England Journal of Medicine sur le trouble de stress post-traumatique TSPT) et d'autres troubles mentaux chez les vétérans d'Irak et d'Afghanistan révèle que 5 à 9,4 % (selon la définition du TSPT utilisée, étroite ou large) souffre du TSPT avant le déploiement sur le champ d'opérations militaires. Après le déploiement, 6,2 à 19,9 % souffrent de TSPT. Pour la définition large du TSPT, cela représente une augmentation de 10,5 % (19,9 % – 9,4 % = 10,5 %)., c'est-à-dire 10 500 cas supplémentaires de TSPT pour 100 000 soldats américains après qu'ils ont servi en Irak. ePluribus Media, un collectif de journalisme citoyen indépendant, suit et catalogue les incidents possibles, probables ou confirmés rapportés par la presse concernant des cas post-déploiement ou en zone de combat dans sa chronologie du SSPT.

Les informations sur les blessures subies par les troupes des autres pays de la coalition sont moins facilement disponibles, mais selon le Hansard, 2 703 soldats britanniques ont été évacués médicalement d'Irak en raison de blessures ou de blessures au 4 octobre 2004, et que 155 soldats britanniques ont été blessés en Irak en combattant lors de l'invasion de 2003[74].

Morts accidentelles

En août 2008, seize soldats américains étaient morts par électrocution accidentelle en Irak, selon le ministère de la Défense[75]

Polémique sur Nightline

Ted Koppel, animateur de l' émission Nightline sur ABC, consacre son émission du 30 avril 2004 à la lecture des noms de 721 des 737 soldats américains morts jusqu'alors en Irak (les seize noms restants ayant été jugés invérifiables). Affirmant que l'émission était "motivée par un agenda politique destiné à saper les efforts des États-Unis en Irak", le Sinclair Broadcast Group prend alors la décision d'interdire les sept stations affiliées au réseau ABC qu'il contrôle de diffuser l'émission. Cette censure suscite des critiques des deux côtés, notamment des membres des forces armées, des opposants à la guerre, de MoveOn.org, et plus particulièrement du sénateur républicain américain John McCain, qui la dénonce comme étant « antipatriotique » et « un mauvais service flagrant » au public"[76],[77],[78].

Mutilés

Soldat américain amputé (février 2007)

Au 18 janvier 2007, plus de 500 Américains sont amputés à cause de la guerre en Irak. En 2016, leur nombre est estimé à 1 650 soldats américains[79]. L'estimation de 2007 suggère que les amputés représentent 2,2 % des 22 700 soldats américains blessés au combat (5 % pour les soldats que leurs blessures ont empêchés de reprendre leurs fonctions).

Le nombre de blessés américains pourrait être sous-estimé. Selon USA Today, en novembre 2007, plus de 20 000 soldats américains présentent des signes de lésions cérébrales sans être classés comme blessés lors de combats en Irak et en Afghanistan.

Maladie mentale et suicide

Un éminent psychiatre de l'armée américaine, le colonel Charles Hoge, déclare en mars 2008 que près de 30 % des soldats lors de leur troisième déploiement sur le champ des opérations militaires souffrent de graves problèmes de santé mentale et qu'un an de repos ne suffit pas entre les périodes de combat.

Un article du Time du 12 mars 2007 rend compte d'une étude publiée dans les Archives of Internal Medicine. Un tiers des 103 788 anciens combattants revenant des guerres d'Irak et d'Afghanistan, examinés dans les installations du Département américain des Anciens Combattants entre le 30 septembre 2001 et le 30 septembre 2005, ont reçu un diagnostic de maladie mentale ou de troubles psychosociaux, tels que l'itinérance, la violence familiale. Plus de la moitié des personnes diagnostiquées, soit 56 % souffraient de plus d'un trouble. La combinaison la plus courante était le syndrome de stress post-traumatique et la dépression.

En janvier 2008, l'armée américaine signale que le taux de suicide parmi les soldats en 2007 est le plus élevé depuis que l'armée a commencé à les dénombrer en 1980. Il y a eu 121 suicides en 2007, soit une augmentation de 20 % par rapport à l'année précédente. En outre, il y a eu environ 2 100 tentatives de suicide et d’automutilation en 2007. D'autres sources révèlent des estimations plus élevées[80].

Le magazine Time rapporte le 5 juin 2008 :

Les données contenues dans le cinquième rapport de l'équipe consultative en santé mentale de l'armée indiquent que, selon une enquête anonyme réalisée l'automne dernier auprès des troupes américaines, environ 12 % des soldats combattant en Irak et 17 % de ceux en Afghanistan prennent des antidépresseurs sur ordonnance ou des somnifères pour les aider à s’en sortir. ... Environ un tiers des soldats en Afghanistan et en Irak déclarent ne pas pouvoir consulter un professionnel de la santé mentale lorsqu'ils en ont besoin. Lorsque le nombre de soldats en Irak a augmenté de 30 000 l’année dernière, le nombre d’agents de santé mentale de l’armée est resté le même – environ 200 – ce qui rend l’accès aux conseils et aux soins encore plus difficile.

Dans le même article, Time a également rendu compte de certaines des raisons de la consommation de médicaments sur ordonnance :

Ce déséquilibre entre le fait de voir de près le prix de la guerre et le sentiment de ne pas pouvoir y faire grand-chose, suggère l'enquête, contribue à des sentiments de « peur intense, d'impuissance ou d'horreur » qui sèment les graines de la détresse mentale. "Un ami s'est liquéfié alors qu'il était au volant d'un char et j'ai tout vu", est un récit typique. Un autre soldat raconte : "Une énorme bombe a explosé la tête de mon ami à environ 50 mètres de moi." De telles scènes indélébiles – et l’on se demande quand et où la prochaine se produira – poussent des milliers de soldats à prendre des antidépresseurs, disent les psychiatres militaires. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi.

Des professionnels de la santé mentale ont exprimé leur inquiétude quant aux effets sur la santé émotionnelle et le développement des nourrissons et des enfants des anciens combattants de retour, en raison de l'augmentation des taux de violence interpersonnelle, de stress post-traumatique, de dépression et de toxicomanie signalés parmi ces anciens combattants[81],[82],[83]. De plus, l'anxiété provoquée par les mutilations entraînent un stress énorme pour le père, ce qui peut nuire à son rôle parental, ainsi qu'aux enfants du couple directement[84]. On estime que les besoins en matière de santé mentale des familles des militaires à la suite d'une exposition au combat et d'autres traumatismes liés à la guerre ne seront probablement pas pris en compte de manière adéquate par le système de santé militaire qui sépare les soins de santé mentale du soldat de retour de ceux de sa famille[82],[81].

Mercenaires (contractors)

En juillet 2007, le ministère du Travail avait enregistré 933 décès de contractors, c'est-à-dire d'employés de sociétés militaires privées en Irak[85]. En avril 2007, l’ Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Irak déclare que le nombre de décès de contractors civils dans le cadre de projets financés par les États-Unis en Irak est de 916[43]. En janvier 2007, le Houston Chronicle rapporte que le Pentagone n'a pas suivi les décès de contractors en Irak.

Débats scientifiques sur les méthodes de décompte

Références

Liens externes

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