Phacusa

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Dans les sources antiques

Ptolémée situe la ville de Phacusa au nord de la ville de Bubaste[2]. Le géographe grec indique sa situation de capitale du nome arabique (qui correspond au nome de Soped) ; l'adjectif arabique désignant la partie de l'Égypte située entre la branche pélusiaque du Nil et la chaîne arabique[3].

La position de la ville est indiquée de manière vague par Étienne de Byzance qui la situe « entre l'Égypte et la mer Rouge »[3].

Strabon affirme que le canal qui joignait le Nil à la mer Rouge commençait à Phacusa[4].

Dans les sources arabes et persanes

Les géographes arabes Qudama Ibn Jaafar, Ahmad al-Maqrîzî, Ibn Hawqal et Al-Maqdisi et les géographes persans Ibn Khordadbeh et Istakhri mentionnent l'existence de la ville[5].

Selon Jean-François Champollion, les géographes arabes placent Faqous dans le district de Tarabia, faisant lui-même partie du Hlauf oriental. Cette région comprenait toute la partie de la Basse-Égypte au sud de Fosthath, entre la branche bubastique, la montagne arabique et le désert de Syrie[3].

Selon l'archéologie moderne

La ville était placée sur la rive orientale de la branche pélusiaque du Nil. Champollion affirme dans son ouvrage L'Égypte sous les Pharaons, publié en 1814, que ses ruines étaient visibles en aval de Bubaste. L'archéologue français rapporte également que le lieu de leur emplacement était appelé dans les environs « Tall-Faqous, la colline de Phakous, ou simplement Faqous »[3]. Cet emplacement correspondrait à la ville égyptienne moderne du même nom.

Une campagne de fouilles, menée en 1884 par l'égyptologue suisse Henri Édouard Naville sur place, a mis au jour les vestiges d'une ville antique sous ce village, dont plusieurs monuments du pharaon Nectanébo Ier et plusieurs naos[6].

Naville s'appuie sur une inscription hiéroglyphique retrouvée sur un sanctuaire au dieu Sopdou datant du pharaon Nectanébo II pour affirmer que la ville serait le chef-lieu du pays de Goshen, que la Bible désigne comme le lieu de résidence des Hébreux en Égypte. Phacusa, dont la deuxième syllabe, Kos, serait proche selon Naville de « Goshen » ou « Gessen », et étant de surcroît la capitale du 20e nome, correspondrait selon lui aux découvertes qu'il a effectuées sur place[7]. Il note également que la mention par Strabon du commencement à Phacusa du canal des pharaons joignant la mer Rouge au Nil exclurait la localisation de la ville à l'emplacement de l'actuelle ville de Faqous, mais plaiderait en faveur du village de Saft el-Henneh[1].

L'égyptologue britannique Alan Henderson Gardiner a cependant contesté la lecture du hiéroglyphe retrouvé par Naville, remettant ainsi en cause son approche toponymique[7]. L'égyptologue français Emmanuel de Rougé a aussi exprimé des réserves sur cette théorie[1],[5].

Histoire

L'histoire de la ville durant l'antiquité reste méconnue du fait de sa localisation incertaine.

Ptolémée mentionne la ville comme étant la capitale du nome arabique, nom donné par les géographes gréco-latins au 20e nome[7]. Celle-ci était reliée aux autres grandes villes de la région, Bubaste, Tanis, Péluse, Mendès et Thmuis, par la même branche du delta du Nil, la branche dite « pélusiaque ». Celle-ci offrait une voie de communication sûre pour le commerce[8].

Strabon et Étienne de Byzance considèrent Phacusa selon l'état où elle se trouvait de leur temps et lui donnent seulement le nom de village. Cette distinction pourrait indiquer un certain déclin de son importance au cours de l'Antiquité[3]. À l'époque byzantine, Phacusa n'était plus qu'un bourg de second ordre, absent de la liste de Hiéroclès[5].

Une théorie présentée dans un mémoire publié par la Société royale et centrale d'agriculture en 1846 explique le déclin de la ville par celui de l'irrigation et par la disparition de la branche pélusiaque du Nil[8].

Phacusa demeurait toutefois suffisamment importante pour disposer d'un siège épiscopal durant l'ère chrétienne. Plusieurs listes coptes d'évêchés assimilent la ville d'Arabia, nouveau chef-lieu de la région, à Phacusa, ce qui indiquerait que les deux villes voisines ne formaient qu'un seul évêché dont le siège passa de l'un à l'autre[5].

Toponymie

Siège épiscopal

Voir aussi

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