Phare de Courseulles-sur-Mer
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Le phare de Courseulles-sur-Mer est un phare en France. Il se situe dans la commune de Courseulles-sur-Mer, département du Calvados, en région Normandie.
| Coordonnées | |
|---|---|
| Localisation |
| Automatisation |
Oui |
|---|---|
| Gardienné |
Non |
| Visiteurs |
Non |
| Élévation |
14 m (feu vert) / 12 m (feu rouge) |
|---|---|
| Matériau |
| Portée |
6 milles marins (feu vert) /7 milles marins (feu rouge) |
|---|
Description
Le phare de Courseulles-sur-Mer est composé de deux feux symétriques rouge et vert, balisant l’entrée du port de pêche et de plaisance[1].
Le feu rouge se situe à l’extrémité de la jetée (ou estacade) Est en bois[2],[3] sur une plate-forme circulaire entourée d’un garde-corps peint en rouge, supportée par des piliers obliques en bois entrecroisés. Des panneaux photovoltaïques sont fixés sur la plate-forme et son garde-corps[4]. Sa hauteur est de 12 mètres[2],[3]. Le feu rouge a deux occultations toutes les six secondes[2]. Sa portée est de sept milles marins[3].
Le feu vert se situe à l’extrémité de l’enrochement Ouest[5],[6], qui est submergé à marée haute. Il est donc accessible à pied à marée basse, mais isolé en mer à marée haute, et accessible seulement en bateau[7]. Il est identique au feu rouge, avec une plate-forme circulaire entourée d’un garde-corps peint en vert, supportée par des piliers obliques en bois entrecroisés. La différence avec le feu rouge est que l’ensemble repose sur une plate-forme carrée, supportée par des piliers de section carrée. C’est sur cette plate-forme que sont fixés les panneaux photovoltaïques qui alimentent le phare. Sa hauteur totale est de 14 mètres[5]. Le feu vert est fixe[6]. Sa portée est de six milles marins[5].
Il y a eu trois feux successifs à cet emplacement. Le premier a été construit en 1856, avec une lumière blanche fixe. Il mesurait 6,40 mètres de hauteur. Le second a été construit en 1907 et détruit en 1944. Le troisième a été construit en 1972[6].
Historique
Les premiers phares de Courseulles ont été construits en 1837 (sur la jetée Ouest) et le (sur la jetée Est). Il y avait un sémaphore à Courseulles-sur-Mer, ainsi que d’autres sur la Côte de Nacre, à Ouistreham, Saint-Aubin-sur-Mer et Bernières-sur-Mer. Celui de Courseulles était situé tout près de l'hôtel de Paris, à l’emplacement actuel du parking de la place De-Gaulle. Il comportait une pétrolerie, une vitrine de lampes à pétrole en cuivre, et des cuves remplies de pétrole pour allumer le phare. Il a été entretenu par la famille Le Duc jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Émile Le Duc et son fils Paul étaient éclusiers au port de Courseulles. En 1926, en plus de son travail d’éclusier, Émile Le Duc prit la responsabilité de gardien de phare, dépendant des Ponts et chaussées. Il déménagea au sémaphore. Quand il prit sa retraite en 1937, son fils Paul lui succéda le et s’installa à son tour dans le sémaphore avec sa famille[8].
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Paul Le Duc est mobilisé le . Il revient de la guerre seulement le . Dans l’intervalle, son épouse prend le relais comme gardienne des feux. Les Ponts et chaussées installèrent le téléphone au sémaphore, ce qui rend le service de Madame Le Duc plus pénible, voire dangereux. Le téléphone sonnait toutes les nuits, pour annoncer que des bombardiers ennemis étaient en vue, et ordonner à Madame Le Duc d’aller vite éteindre le phare. Elle partait seule au bout de la jetée en pleine nuit, redoutant qu’une bombe tombe sur la pétrolerie dans la maison où elle avait laissé ses enfants seuls. Puis une fois l’alerte terminée, le téléphone lui demandait d’aller rallumer le phare[8].
Durant l’Occupation, la vie quotidienne devient de plus en plus dure pour la famille Le Duc. Derrière le sémaphore, les Allemands installent des barricades de croix en bois, entourées de barbelés, gardées par des soldats, l’arme en bandoulière, car le littoral était une zone militaire. Les enfants Le Duc devaient passer le check-point pour aller à l’école. Fin 1940, les deux jetées sont rasées, ainsi que le calvaire. En , la famille Le Duc doit quitter le sémaphore. Celui-ci était encore débout après le débarquement de Normandie[8] en 1944, contrairement aux feux qui ont été détruits cette année-là[2],[6], mais il sera détruit plus tard[8]. Après la guerre, la jetée est reconstruite en bois[1] à l’identique, et les deux feux sont reconstruits en 1972[2],[6].
Représentations dans l’art et la culture
L’artiste peintre Pierre-Edmond Peradon (1893-1981) a réalisé un tableau intitulé « Vue du phare de Courseulles à l'horizon » montrant au loin le feu Est au bout de sa jetée en bois[9].