Phineas Quimby
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Charles Poyen (en) |
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Phineas Parkhurst Quimby ( - ) est un philosophe américain [1], magnétiseur et adepte du mesmérisme. Il est principalement connu pour sa théorie de la guérison mentale : les maladies seraient causées par des croyances erronées et un raisonnement juste permettrait d'en guérir. Il est considéré comme le précurseur de la Nouvelle Pensée à laquelle contribueront plusieurs de ses étudiants. Il eut également une influence notable sur Mary Baker Eddy, fondatrice de la Science chrétienne.
Famille et profession
Phineas Quimby naît le à Lebanon dans le New Hampshire. Son père, John Quimby (1765-1827), est forgeron. Sa mère est Susannah Quimby (1768-1827) née White. Sa famille déménage à Belfast dans le Maine en 1804[2]. Il épouse Susannah Burnham Haraden (1808-1875) le , sept jours avant la mort de son père. Le couple mettra au monde 4 enfants[3].
Phineas Quimby est horloger de profession[4],[5]. Il invente également une scie circulaire et dépose divers brevets[6].
Intérêt pour le mesmérisme

Quimby s'intéresse également à la philosophie de l'esprit. Il considère que l'esprit est une forme de matière spirituelle et que l'esprit et le corps, bien que de natures différentes, interagissent l'un avec l'autre. À partir de 1838, Phineas Quimby se met à étudier le mesmérisme après avoir assisté à une conférence du mesmériste français Charles Poyen de passage à Belfast (Maine)[7]. Un autre mesmériste, le docteur Collyer, pourrait également avoir initié Quimby[8].
Quimby se découvre un certain don pour le mesmérisme et mène des expérimentations avec l'aide de Lucius Burkmar, un garçon de 17 ans se prétendant capable de diagnostiquer des maladies après être tombé en transe[7]. Ensemble, dans les années 1840, ils font le tour du Maine faisant des démonstrations de mesmérisme. Au cours de celles-ci, Burkmar, en transe, prescrit également des remèdes qui semblent simplistes mais se révèlent étrangement efficaces. Quimby ne peut croire que ceux-ci puissent réellement guérir les maladies diagnostiquées. Il suppose alors que Brukmar ne voit pas réellement au travers du corps de ses patients comme il le prétend, mais est capable en fait de percevoir les croyances de ceux-ci vis-à-vis de leurs propres maladies : les patients seraient alors guéris, non par les remèdes, mais par la confiance qu'ils mettent dans le jeune homme[2],[7].
Théorie de la guérison mentale
Quimby est alors convaincu que la simple foi en la guérison est capable de soigner les maladies. Il en tire comme corollaire que la croyance en la maladie peut également détériorer la santé[7]. Non seulement Quimby considère qu'il existe des maladies psychosomatiques, mais qu'elles le sont toutes sans exception[2]. En réponse à la question « la maladie est-elle une croyance ? », Quimby écrit :
« Je réponds que oui, car un individu est ce qu'il pense être, et il est malade car il le croit. Si je suis malade, je le suis parce que mes sensations sont ma maladie, et ma maladie est ma croyance, et ma croyance est mon mental. C'est ainsi que toute maladie est dans le mental (...) pour guérir une maladie, il faut corriger l'erreur ; et comme la maladie est ce qui suit l'erreur, détruisez la cause et l'effet cessera. »
— Phineas Quimby, Complete Writings, 3:197
Quimby élabore alors une théorie de la guérison mentale : la maladie est due à un mauvais raisonnement et peut être vaincue en dissipant les fausses croyances. Selon lui, en appliquant un processus de raisonnement logique, le praticien peut démontrer la fausseté de la maladie : il communique cette conception « correcte » au patient (oralement ou même par télépathie) ; elle s'impose à celui-ci en raison de la puissance mesmérienne supérieure du praticien, ce qui permet au malade de guérir[7].
Quimby rejette alors la science médicale de l'époque, qu'il considère comme « une théorie basée sur l'ignorance et la superstition les plus basses »[9]. Il juge les médecins dans l'erreur et incapables de traiter correctement les malades[2]. Ceux-ci aggraveraient même les maladies en poussant leurs patients à croire à la réalité de celles-ci[7]. Il affirme que « neuf dixièmes des malades actuels seraient en bonne santé si la faculté de médecine était annihilée »[10]. Quimby s'en prend également aux prêtres qu'il accuse d'être directement responsables de nombreuses maladies, car ceux-ci les provoqueraient en faisant peur à leurs fidèles et en les culpabilisant[7].
Il ouvre un bureau à Portland dans le Maine en 1859. Il traite plus de 12 000 personnes[2] dans les huit dernières années de sa vie, utilisant une méthode qu'il appelle « le système Quimby ».
Considérations métaphysiques
Bien qu'il se montre souvent virulent envers le christianisme traditionnel qu'il rend responsable des maladies et de la misère humaine[2], Quimby n'est cependant pas opposé à toute pensée religieuse. À partir de sa théorie sur la guérison mentale, il développe peu à peu de nouvelles conceptions métaphysiques. Il considère que l'univers est constitué de matière à divers stades de développement (minéral, végétal, animal), déterminés par une force spirituelle qu'il appelle « Science » ou « révélation de Dieu ». Selon lui, l'humanité doit s'inscrire dans ce processus, s'ouvrir à la « Science » et abandonner les niveaux inférieurs de la matière pour devenir de plus en plus spirituelle. Il considère la femme comme plus éloignée de la matière que l'homme, ce qui fait d'elle un « maître scientiste », le leader logique en matière de développement spirituel[11]. Pour lui, « la femme (ou sagesse) doit conduire l'homme (ou ignorance) à la vérité et au bonheur »[12].
Lorsque Quimby emploie dans son œuvre le mot « Science », il ne l'entend pas au sens habituel de méthode scientifique, mais lui associe deux idées différentes :
- la pensée correcte, le raisonnement juste, capable de vaincre les superstitions, et de dissiper les maladies (la « Science » s'entendant ici comme une synthèse de connaissance) ;
- la révélation divine, voire la divinité elle-même, qui permet à l'homme de progresser.
Selon l'historienne Beryl Satter, Quimby laisse à sa mort « un héritage confus sur les relations entre masculin et féminin, mental et matière, esprit et science »[11].

