Photogalvanographie
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La photogalvanographie est une technique de gravure inventée par Paul Pretsch (de) à Vienne (Autriche) vers 1854. Elle consiste à fabriquer des supports imprimables à partir de photographies.
Le procédé débute par l'exposition d'une couche photosensible (souvent de gélatine bichromatée) à la lumière à travers un négatif, ce qui crée un relief en fonction des zones éclairées ou non. Ce relief est ensuite durci puis utilisé comme moule pour fabriquer, par dépôt électrolytique, une copie métallique fidèle de l’image. La plaque métallique obtenue peut alors être utilisée directement pour l'impression, avec très peu de retouches manuelles nécessaires.
En 1822, Nicéphore Niépce invente l'héliographie, un procédé photographique basé sur le durcissement du bitume à la lumière du soleil qui consiste à reproduire directement par des moyens mécaniques, à l'aide d'encre et d'une presse, des images photographiques. L'héliographie se produit suivant trois méthodes principales, selon que la plaque d'impression est produite par gravure, par réaction ou par moulage. Dans le premier cas, la couche sensible remplace le vernis de gravure, l'exposition est assurée par le graveur et l'acide agit comme dans le procédé à l'eau-forte ; dans le second, l'impression n'est pas un procédé purement mécanique mais résulte d'une réaction physico-chimique entre deux substances, comme en lithographie ; la troisième méthode est spécifiquement héliographique et consiste à mouler le relief créé par la gélatine bichromatée en dissolvant ou en gonflant ses parties non exposées. Les premières expériences héliographiques sont réalisées par William Henry Fox Talbot, l'inventeur du calotype et qui nomme son procédé photoglyphie, puis par Abel Niépce de Saint-Victor (cousin germain de Nicéphore) et Alphonse Poitevin[1],[2].
Les plaques obtenues ont néanmoins encore besoin que le graveur intervienne dessus pour les rendre imprimables. C'est ainsi que Paul Pretsch (de) invente le procédé de photogalvanographie à Vienne, en Autriche, vers 1854, qui lui permet d'obtenir de bien meilleurs résultats, grâce à la reproduction en demi-teintes avec des planches en creux[1],[3],[4]. Il utilise le relief obtenu sur gélatine bichromatée comme un moule qui est reproduit en métal avec le procédé de galvanoplastie[5].
Émile Placet expérimente beaucoup avec ce procédé, préférant métalliser la gélatine pour la rendre conductrice en la recouvrant d'une couche d'argent assez épaisse pour l'empêcher de se gonfler dans le liquide du bain galvanoplastique[5].
Il est ensuite longtemps pratiqué en Angleterre[3]. À Londres, Duncan Campbell Dallas (d) reprend le procédé en 1873, mais accélère considérablement la production des matrices grâce à la gravure à l'eau-forte ; il nomme son procédé « dallastypie »[6]. Joseph Leipold, élève de Pretsch et directeur de l'imprimerie de billets de banque à Lisbonne, en tire de très bonnes reproductions photographiques et perfectionne le procédé. Un grain extrêmement fin, en forme de ver, confère aux images de la photogravure une grande douceur dans les tons clairs et, dans les tons foncés, presque la chaleur de la gravure sur cuivre[3],[1].
Les collectionneurs et spécialistes des techniques de l'estampe et de l'ex-libris répertorient des abréviations internationales pour identifier ces techniques ; la photogalvanographie est notée P3, conjointement avec l'héliogravure, parmi les techniques en creux reproductives[7].
Procédé

Selon Meyer, une plaque de verre est recouverte d'un mélange de gélatine, de dichromate de potassium et d'iodure d'argent, puis séchée et exposée à la lumière sous un négatif ou un positif photographique, selon que l'on souhaite obtenir une plaque de cuivre ou une plaque d'impression typographique. La plaque de verre est ensuite lavée dans des bains chauffés et une solution de borax diluée jusqu'à ce qu'un relief se forme, qui est durci dans de l'alcool et recouvert de vernis copal, après quoi l'image est séchée à la chaleur. À partir du relief désormais inaltérable, une copie galvanoplastique est réalisée en cuivre, qui ne nécessite pratiquement plus aucune retouche au burin pour être prête à l'impression[3].
Selon Niewenglowski, une plaque de cuivre planée et grainée recouverte d'une couche uniforme de gélatine bichromatée est isolée derrière le phototype. Quand la pose est jugée suffisante, la plaque est recouverte d'une solution de perchlorure de fer qui traverse rapidement les parties non impressionnées, moins vite celles qui correspondent aux demi-teintes et seulement au bout d'un temps très long les parties fortement insolées[5].
La photogalvanographie est l'application de la photographie à la galvanoplastie[4]. La photozincographie, la similigravure, l'albertotypie, la dallastypie relèvent comme la photogalvanographie de la photolithographie, dans la mesure où les reproductions sont obtenues à partir d'images négatives ou positives réalisées à l'aide de la photographie[1].