Photographie conceptuelle

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Type
Photographie conceptuelle
Usage
Représenter visuellement une idée
Date d'apparition
Décennie 1960
Principaux photographes
John Hilliard, Douglas Huebler, Cindy Sherman, Duane Michals, Wolfgang Tillmans
Photographie conceptuelle
Autoportrait comme un noyé (Hippolyte Bayard) 1840
Type
Photographie conceptuelle
Usage
Représenter visuellement une idée
Date d'apparition
Décennie 1960
Principaux photographes
John Hilliard, Douglas Huebler, Cindy Sherman, Duane Michals, Wolfgang Tillmans

La photographie conceptuelle est un genre ou une méthode photographique consistant à représenter une idée en suggérant celle-ci à l’aide d’une photo. Depuis l’invention de la photographie, divers photographes se sont appliqués à mettre en scène un thème, tel Hippolyte Bayard dans son « Autoportrait d’un noyé » (1840). Par la suite, le terme « photographie conceptuelle » a été associé au mouvement dit de l’art conceptuel des années 1960 dont elle est devenue une composante. De nos jours, la « photographie conceptuelle » se confond souvent avec la « photographie d’art » même s’il s’agit d’un genre distinct.

Bien que divers photographes aient dès les origines de la photographie mis en scène des images représentant un concept ou un thème, la photographie conceptuelle ne se développa vraiment qu'au cours de la décennie 1960 dans le cadre plus général du mouvement d’art conceptuel où l’idée à l’origine de l’œuvre d’art devait prendre préséance sur ses qualités formelles ou esthétiques. Influencés par l’art de la performance, le courant minimaliste et l’avènement des médias de masse, les photographes se réclamant de ce mouvement commencèrent à utiliser leur appareil photographique comme outil pour documenter des actions, matérialiser des idées abstraites ou déconstruire des normes visuelles acceptées[1].

Les pionniers de ce genre furent des artistes comme John Hilliard, Douglas Huebler, ainsi que Bernd et Hilla Becher, qui explorèrent des thèmes comme la répétition, la typologie, ou encore la sérialité[2]. À la même époque, des photographes féminins comme Cindy Sherman et Martha Rosler utilisèrent la mise en scène photographique pour faire la critique des rôles de genres, leur représentation dans les médias et les structures sociales[3].

Au cours des décennies 1990 et 2000, le concept même de « photographie conceptuelle » s’élargit pour devenir partie intégrante d’autres genres comme la performance, la vidéo ou l’art numérique. De nos jours, les artistes s’en servent souvent pour entrelacer imagerie hautement sophistiquée avec des contenus philosophiques ou narratifs se rapportant à des thèmes comme l’identité, la mémoire, la surveillance et le pouvoir institutionnel.

La photographie conceptuelle en tant que technique de représentation

Photographie conceptuelle sur le thème de l’intégration.

En tant que démarche artistique, la photographie conceptuelle est un procédé grâce auquel une idée ou concept est mis en scène par le truchement d’une image. Le « concept » précède ainsi l’image qui est réussie si celle-ci suggère d’emblée un lien entre image et idée représentée. C’est le cas dans la publicité où l’image reprend un mot-clé ou un slogan qui l’accompagne. La publicité et l’illustration photographique se nourrissent généralement de banques d’images colligées pour répondre aux besoins du moment tels que définis par les recherches d’agences spécialisées comme Getty Images ou Corbis. Ces photographies sont par conséquent produites pour donner forme à un concept prédéterminé. L’arrivée de procédés numériques comme Adobe Photoshop permet de nos jours de créer des combinaisons infinies à partir d’éléments qui, naguère encore, n’auraient pu être réalisées qu’en combinant des illustrations graphiques.

Photographie conceptuelle et art conceptuel

En tant que « genre photographique », la photographie conceptuelle demeure un concept difficile à définir mais appartenant à l’ « art conceptuel » apparu dans les années 1960 mais dont l’origine remonte aux ready-made de Marcel Duchamp du début du XXe siècle. Pour les artistes se réclamant de ce mouvement, les propriétés esthétiques des œuvres se définissent non par le support matériel utilisé, mais par l’idée même de l’art[4].

Ainsi, les artistes dits « conceptuels » utilisèrent la photographie à la fin des années 1960 et au début des années 1970 dans le cadre de performances, de sculptures éphémères ou autres démarches artistiques sans nécessairement se décrire comme « photographes ». Edward Ruscha, peintre, photographe et réalisateur des États-Unis, se refusait à se décrire comme photographe, la photographie n’étant pour lui qu’ «un terrain de jeu » [5]. Même pour décrire ceux d’entre eux utilisant régulièrement la photographie dans la production de leurs œuvres comme John Hilliard, John Baldessari et Payam-e-Azadi on utilise plutôt des termes comme « photoconceptualistes[6] » ou « artistes utilisant la photographie ».

Photographie conceptuelle et photographie d’art

La distinction entre ces deux concepts est difficile à définir. Depuis les années 1970, des artistes comme Cindy Sherman et par la suite Thomas Ruff et Thomas Demand ont été décrits comme « conceptualistes ». Même si leur travail ne ressemble guère à l’esthétique « lo-fi » de l’art conceptuel des années 1960, ils en utilisent à l’occasion certaines méthodes comme la documentation d’une performance (Sherman utilisant des autoportraits en noir-et-blanc pour évoquer divers rôles féminins[7]), l’illustration de types ou de genres (Ruff photographiant amis et relations sans aucune expression ou émotion, en grand format et haute résolution dans le style des photographies d'identité[8]), ou la reprise d’évènements (Demand et ses maquettes en papier, archétypes ou versions ré-interpretées de lieux anodins ou défrayant l’actualité[9]). En ce sens le domaine de la photographie d’art contemporaine est si vaste et diversifié que presque toute œuvre peut être qualifiée de conceptuelle et les deux notions sont pratiquement interchangeables.

La distinction s’établit plus aisément « a contrario ». La photographie conceptuelle n’est pas la photographie documentaire ou le photojournalisme. Cette distinction a été ainsi établie dans l’attribution du Prix Deutsche Börse[10],[11]. La photographie conceptuelle s’inscrit elle-même dans le genre dit « photographie d’art »[12]. Toutefois, si presque toute photographie conceptuelle pourrait être qualifiée de photographie d’art, toute photographie d’art n’est pas nécessairement conceptuelle[13].

Photographes conceptualistes notoires

Nombre d’artistes de renom se sont illustrés dans le domaine de la photographie conceptuelle depuis les années 1960, utilisant le médium pour remettre en question la culture visuelle, diverses idées philosophiques, une certaine vision du monde ou pour faire la critique des normes d’une société, à partir de thèmes comme l’identité, la politique de genre, les institutions publiques, la propriété intellectuelle ou les médias.

Parmi les plus remarqués, on peut citer :

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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