Photomaton
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Photomaton est une entreprise française fabriquant et commercialisant des cabines photographiques de marque Photomaton[Note 1].
| Photomaton | |
| Création | 1936 |
|---|---|
| Forme juridique | Société par actions simplifiée[1] |
| Siège social | Paris |
| Direction | Éric Mergui[2] |
| Activité | Photographie |
| Produits | Cabine photographique |
| Société mère | Photo-Me International |
| Effectif | 281 ()[3] |
| SIREN | 592033930 |
| Site web | www.photomaton.fr |
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L’entreprise a connu plusieurs rachats successifs, sa société mère depuis 1998 est Me Group International[4] (anciennement Photo-Me International). En 2022, l'entreprise emploie 280 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 250 millions d’Euros pour son activité photographique[5].

Histoire
La cabine photographique a été inventée par Anatol Josepho[6] à New York, en . Il lui donne le nom de « photomaton » qui deviendra le nom générique des cabines photographiques. Anatol Josepho revend ensuite son brevet[7] en pour 1 000 000 dollars à Henry Morgenthau. La même année, un investisseur britannique acheta les droits d’exploitation pour l'Europe[7]. À partir de là, le concept de cabine photographique automatique était lancé et l'on vit apparaître d’autres cabines similaires des deux côtés de l’Atlantique.
En France, les cabines photos ont été importées dès la fin de 1928[8] à Paris. L'entreprise Photomaton est créée en 1936[9]. Pendant l'Occupation, Photomaton propose ses services aux autorités allemandes « pour photographier les personnes internées dans les camps, vantant la capacité de leurs cabines à produire 1 000 clichés en une journée »[10]. En 1941, l'entreprise est déjà spécialiste de questions ayant trait à l'identité, notamment grâce à la qualité très spéciale du papier ne permettant ni retouche ni truquage[11]. L'entreprise ne remporte pas le marché[12].
C’est dans les années cinquante, sous l’influence du mode de vie américain, que les cabines automatiques Photomaton atteignent leur apogée. Les cabines Photomaton se convertissent à la couleur en 1976[9], à la même époque que leurs homologues américaines.
En 1997, le groupe suisse Fotolabo achète Soft qui avait l'année précécdente fait l'acquisition de Prontophot, mieux connu sous sa marque Photomaton[13]. En 1998 c'est au tour de l'entreprise britannique Photo-Me de faire l’acquisition du groupe « Prontophot and Soft »[14].
Évolution des cabines
À partir des années 1990, le mécanisme se numérise[7] et est assisté par ordinateur. Photomaton lance le Digibooth[15] en 2001, sa première borne automatique de développement de photos numériques en 2003[9], et la première borne de développement instantané d'albums photos en 2009 : le « Photobook Maker »[15].
En 2010, Philippe Starck redessine la cabine photographique Photomaton[4]. Il intègre notamment à cette Starbooth un siège lumineux coloré. Cette cabine comprend un écran tactile, et la caméra s'ajuste automatiquement à la hauteur du visage de l'utilisateur. Il est possible d'y réaliser des photos d'identité, des portraits, des mini-portraits, des planches photos de type pop art ou carte postale, avec des fonds ludiques. Connectée à internet, cette cabine permet de publier ses photos sur les réseaux sociaux ou de les envoyer par email[15].
La même année, Photomaton crée une borne de développement instantané de mini-albums photo, la Speedlab 300 Pocket Book[15].
En 2025, pour les 100 ans de la marque, des cabines intègrent l'IA pour personnaliser les portraits et immerger les sujets dans des univers ludiques[16].
Diversification des services
En 2015, certaines des cabines dessinées par Philippe Starck permettent de créer une reconstruction 3D de la tête d'un utilisateur. Le client pouvait recevoir une statuette à son effigie, mais il n’y a pas eu de demande pour ce type de service.
En 2022, de nouvelles cabines nommées Evobooth intègrent un studio photo numérique permettant de réaliser des photos ludiques et d'ajouter filtres et incrustation en réalité augmentée[17].
Depuis 2024, certaines cabines permettent d’effectuer des analyses sur la forme et le bien-être en analysant pouls, rythme cardiaque, niveau de stress, et respiration[18].
Les artistes et Photomaton
En 1957, Richard Avedon réalise des portraits de célébrité avec des machines Photomaton, pour Esquire[19].
En 1972, une cabine Photomatic (une marque concurrençant Photomaton) est installée à la Biennale de Venise par l'artiste italien Franco Vaccari (it)[19].
En 2016, l'artiste Marie Piselli a présenté une cabine « scintillante » nommée Eureka, une œuvre conçue à partir d'une cabine photographique Photomaton[20].
En 2018, puis en 2023, Richard Orlinski designe des cabines Photomaton colorées, d'abord en bleu, puis en rose, avec son gorille emblématique[21].
En décembre 2024, le rappeur Oli intègre une cabine dans son Musée imaginaire au Musée des abattoirs de Toulouse[22].
Portraits officiels
L’entreprise mène des actions de lobbying dans les ministères, au Parlement et dans les mairies afin de garder son cœur de métier et son quasi‐monopole : les photographies d’identité officielles. Alors que dans la plupart des pays le cliché numérique est pris directement par l’officier d’état civil lors de la demande, en France, la population doit d’abord payer pour une image numérique en cabine, l’imprimer, l’apporter à la mairie qui va numériser de nouveau cette image afin de l’imprimer une nouvelle fois sur la pièce d’identité[23].
Dans la culture populaire
Au début des années 1980, l'écrivain Michel Folco collectionne consciencieusement les photos abandonnées ou jetées près des Photomaton parisiens, s'interrogeant sur la raison pour laquelle les gens se débarrassent de leur photo. Jusqu'au jour où il commence à découvrir à répétition et dans tous les photomatons de Paris des images provenant d'un seul et même homme. Les images sans défaut et pourtant déchirées et jetées l'intriguent jusqu'à ce qu'il ne découvre cet homme sortant de la machine et la verrouillant : l'homme était simplement le technicien de maintenance des photomatons[24] ! Le réalisateur Jean-Pierre Jeunet, s'inspirera de cette histoire quelques années plus tard dans son film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain pour le personnage de Nino[25].
Photomaton, le sketch mimé du comique mime québécois Michel Courtemanche, met en scène l'effet de surprise qu'ont les clients lorsque son flash ne se met pas en route au bon moment[réf. nécessaire].
Voir aussi
Bibliographie
- Raynal Pellicer, Photomaton, Paris, Éditions de la Martinière, , 260 p. (ISBN 978-2-7324-4134-4)
- Clément Chéroux, Derrière le rideau : l'esthétique Photomaton, Paris, Editions Photosynthèses, , 316 p. (ISBN 978-2-3639-8002-1)
Articles connexes
Liens externes
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- Ressource relative aux beaux-arts :
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