Picolette

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Naissance

Paris, France
Décès
(à 56 ans)
Gassin, France
Nom de naissance
Colette Picaud
Pseudonyme
PicoletteVoir et modifier les données sur Wikidata
Picolette
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Picolette lors de la Nuit de la Paix au Moulin de la Galette en 1952
Biographie
Naissance

Paris, France
Décès
(à 56 ans)
Gassin, France
Nom de naissance
Colette Picaud
Pseudonyme
PicoletteVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Française
Activité
Famille
Fille de Maurice Pico ; sœur de Jeannette Pico et de Marco Pico ; tante de François Lartigue
Fratrie
Enfant
Parentèle
Autres informations
Yeux
Noirs

Picolette est une chanteuse, peintre et actrice française née Colette Picaud le à Paris et décédée à Gassin le . Figure des cabarets de Montmartre et de Saint-Germain-des-Prés dans les années 1950, elle se reconvertit par la suite dans la restauration dans le golfe de Saint-Tropez, où elle devient une figure locale des nuits tropéziennes.

Jeunesse et débuts à Montmartre

Elle vit à Montmartre avec sa sœur aînée, actrice, deux frères jumeaux, Marco et Joël, et ses parents. Son père, Maurice Pico, est architecte, décorateur et peintre. Il a notamment réalisé la façade des Folies Bergères. Elle est la filleule de Marcel Aymé. Elle évolue dans l’effervescence de la vie artistique locale[1].

À quinze ans, elle peint et expose[2]. C’est Marcel Aymé qui lui achète sa première toile[3]. L’une de ses toiles apparaît sur une photo avec Pierre Dudan, que la famille Pico accueille chez lui[4].

Elle exerce comme régisseuse pour la compagnie de Catherine Toth et André Reybaz, notamment pour L’Ampelour de Jacques Audiberti[3]. Elle devient secrétaire de personnalités du spectacle : Danièle Delorme[5], sa meilleure amie[3], ainsi que Daniel Gélin[6] dont elle est la confidente[7]. Elle exerce la même profession auprès de Simone Signoret et Yves Montand[8].

Carrière artistique : cabarets et cinéma

En 1950, Danièle Delorme la met en contact avec Agnès Capri qui dirige le cabaret au Bœuf sur le toit[3]. Elle se produit ensuite dans différents cabarets de Montmartre puis Saint-Germain-des-Prés[9] : le Tabou, L’Écluse et la Fontaine des Quatre Saisons[3]. Dans ce dernier cabaret, c’est sa sœur qui lui succède[10].

Elle participe à Pigalle, en 1949 au spectacle Quatre pas dans le cirage de Max Révol[11]. En 1951, elle est au Tabou où elle interprète notamment La Vipère au trottoir de Vincent Scotto[12]. En 1952, elle succède à La Rose Rouge à Juliette Gréco, sur la recommandation d’Yves Montand et Simone Signoret[1],[13], découverte par Nico[14]. Elle s’y produit avec les Frères Jacques et Yves Robert[15],[16]. Le critique Jean-Pierre Lacroix écrit :

« Nous retrouvons aussi la petite fantaisiste Picolette, plus mince, plus femme, moins poupon rigolo que l’an dernier, et qui chante toujours du Bruant mieux que personne. Elle a six chansons : trois bonnes, de son ancien tour de chant ; et trois nouvelles moins bonnes, ou moins « au point ». »

En 1953, elle se produit au Club de Passy[3]. Elle est, l’année suivante, au Carroll’s[17],[18],[19]. Cette même année, dans un spectacle consacré à Jules Verne à la Rose Rouge, assure les commentaires[20]. Elle figure sur le jeu de carte réalisé par Mara Rucki à l’initiative d’A. de Falgairolle, immortalisée aux côtés de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sarte, Clouzot, Gréco, Anoul Aimée, Mauriac, Jean Cocteau, Picasso, Daniel Gélin, Gaston Gallimard[21]...

Actrice

Parallèlement à cette carrière dans les cabarets, Picolette Elle apparaît également au cinéma dans des rôles secondaires, comme dans Adorables Créatures (1952) ou Les Collégiennes (1957).

Elle fait ses débuts au théâtre en 1953 dans la pièce de Michel Duran Faites-moi confiance, créée au Gymnase[22]. Remarquée par Raymond Bouleau, elle est engagée en 1954 pour la première des Sorcières de Salem d’Arthur Miller montée au Théâtre Sarah-Bernhardt et adaptée par Marcel Aymé[8],[23].

Dans une recension[24], Pierre Mac Orlan écrit :

« L’usage de l’honneur, de la parole donnée existait, et c’est l’essentiel si l’on désire tirer une sorte de conclusion de ce genre de servitude et de grandeur communes. Cette conclusion, c’est la voix sincèrement montmartroise de Mlle Picolette quand elle apprit à chanter rue Saint-Vincent les chansons de Paris qu’elle interprète maintenant dans un cabaret de Saint-Germain-des-Prés. C’est, grâce à cette jeune artiste, la résurrection émouvante des paysages sentimentaux de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent quand Rose Blanche venait demander à Berthe et à Frédéric et souvent à Margot le verre d’orangeade qui plaît aux premières soifs des petites filles de la Butte. L’émotion ainsi provoquée n’est point « fabriquée » : c’est l’expression directe de la rue. Picolette le sait comme le prouve le choix de ses chansons. Dans cette classe de spectacles sensibles et bien peints je vous recommande particulièrement une chanson de François Billetdoux : A Marseille. Je l’entendis chanter par Mlle Barbara Laage il y a environ deux ans dans un studio de Radio-Lausanne. Cette chanson, qui correspond on ne peut mieux à tout ce que je demande à la chanson, est d’une émouvante perfection elle aussi. Depuis plus de dix ans je n’ai rien entendu de si juste, de si bien dessiné, de si humain : c’est Marseille racontée par une petite voix de gamine un peu gitane qui en garde un mauvais souvenir. Picolette chante si naturellement cette chanson que tout ce que je viens d’écrire n’est en somme- qu’une introduction pour la conduire dans la pensée de ceux que j’estime. Si tout finit par des chansons, j’aimerais bien que ma carrière littéraire s’achevât sur une œuvre de cette qualité. »

Jean Guignebert dit à propos de son interprétation[25] :

« Nous ferons aussi des réserves pour Picolette, la servante. Il paraît que c'est une découverte ; elle a, certes, des qualités, mais nous attendrons une autre épreuve pour dire si c'est une révélation. »

Au contraire, Roquelaure rend compte ainsi de la pièce[26] :

« Picolette donne de la vie et de la couleur au rôle de la "boniche" sentimentale et rouspéteuse qu'elle interprète. C'est une artiste consciencieuse dont le jeu a déridé les plus austères. »

Elle participe à divers gala : La nuit du spectacle et de la danse de la Nouvelle critique[27] ou le XXIVe gala de l’Union des artistes en 1954[28].

Restauratrice dans le golfe de Saint-Tropez

Elle s’installe par la suite à Gassin où elle gère, avec Lina, la femme de Pierre Brasseur, un restaurant nomade dans les lieux à la mode, notamment au Byblos[29] ou à l’Esquinade sur la plage de Pampelonne. Les deux femmes se connaissent depuis de nombreuses années[30].

Les stars y défilent : c’est dans leur restaurant de Gassin, l’Auberge du Vieux Moulin, que Brigitte Bardot, l’une de leurs amies, rencontre Gunther Sachs[31],[32]. C’est là encore qui lui demande de l’épouser[32],[33]. Romy Schneider s’y rend également et y retrouve Daniel Biasini[34], comme bien d’autre, Claude François y dîne[35]. L’auberge des Vieux Moulins est reprise en 1978[36].

Engagements

Toute la famille est engagée à l’extrême gauche, côté communiste pour sa mère, anarchiste pour son père[37]. Le , elle participe au grand bal de nuit du centre culturel France-URSS organisé par l’association France-URSS[38]. Elle participe à la Grande Nuit de la Paix, organisée le au Moulin de la Galette sous l’égide du Conseil de la Paix proche du Parti communiste avec Mouloudji ou Claude Chastaing[9],[39].

Le , elle participe au Grand Gala de Printemps du Libertaire - fédération communiste libertaire[40].

Vie privée

Elle est la sœur de Jeannette Pico, qui a tourné dans Vagabonds imaginaires et Le Retour du grand blond[2]. Elle est également la sœur de Marco Pico.

Spectacle et théâtre

Filmographie

Cinéma

Court métrage

Discographie

Picolette a enregistré plusieurs disques dans les années 1950, principalement sur les labels Mercury et Fontana, accompagnée par des orchestres dirigés par Michel Ramos ou Freddy Balta.

45 tours

78 tours

Notes et références

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