Pie (oiseau)
oiseau au plumage noir et blanc
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Pie est un terme ambigu désignant en français certains grands oiseaux au plumage noir et blanc.
l'appellation « Pie » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
Dans la famille/genre des taxon :
- dans la famille des Corvidae, dans les genres :
- dans la famille des Cracticidae :
- l'espèce Gymnorhina tibicen
Ce terme fait originellement référence à la Pie bavarde et au genre Pica, mot dérivé d'une onomatopée qui signifie « bavard »[1]. La CINFO utilise ce terme soit pour désigner des corvidés du genre Pica, soit en tant que terme composé dans pies-grièches, c'est-à-dire des passereaux du genre Lanius, et enfin pour désigner une couleur de robe. Une certaine confusion est donc possible d'autant que ce terme a aussi été utilisé pour désigner certaines espèces ressemblant aux pies bavardes bien qu'assez éloignées génétiquement et qui ne font pas partie du genre Pica.

Caractères communs
Une pie est un oiseau de grande taille de plumage blanc et noir, plutôt intelligent[2],[3] et bruyant.
Omnivores, les pies se nourrissent d'insectes, de graines, de petits vertébrés, d'œufs et de charognes. Elles construisent un grand nid arrondi de brindilles cimentées avec de la boue[3].
Les pies ont également montré la capacité à fabriquer et utiliser des outils, à imiter la parole humaine, à jouer et à travailler en équipe. Lorsqu'un des leurs meurt, un groupe se forme autour du corps dans ce qui ressemble à des funérailles[3].
Les pies font partie des rares animaux capables de réussir le test du miroir[2],[3].
Liste des « pies »
Aspects culturels

Par analogie :
- Pie désigne une robe animale noir et blanc, c'est également le cas pour certains oiseaux comme l'étourneau pie, le tarier pie, le corbeau pie, le rhipidure pie, le martin-pêcheur pie ou le calao pie.
- Par analogie, un cheval pie a une robe de couleur avec des parties blanches.
- Queue de pie, nom d'un habit à basques longues à l'arrière. En référence aux longues rectrices de l'oiseau.

- La « voiture pie » de la police nationale française qui, jusqu'à la fin des années 1980, était peinte en blanc et noir, faisant ainsi penser au plumage de l'oiseau[4],[5].
De nombreuses expressions de la langue française utilisent pie comme « voleur comme une pie », « bavard comme une pie », en se référant à la pie bavarde ou plus généralement aux espèces du genre Pica. Il s'agit cependant d'une réputation infondée puisque ces pies ne sont ni voleuses, ni attirées par les objets brillants[6],[7].
La pie figure en héraldique sur certains blasons européens, notamment dans les armoiries des familles Horley et Overton en Angleterre, et dans celles de Dubsur en Normandie, où elle est blasonnée sous le nom d'« agace »[8].
Dans la culture asiatique
La pie est un oiseau très populaire dans la culture d’Asie de l’Est, un symbole de chance et de bonne fortune[9],[10], un sujet commun dans la peinture chinoise, que l’on retrouve souvent dans la poésie chinoise traditionnelle. En outre, dans le folklore chinois, toutes les pies du Qixi (ou Tanabata en japonais) s'envolent chaque année vers la rivière Tianhe, pour établir un pont qui permet au Vacher et à la Fille du tisserand de se rencontrer[11]. Ainsi, dans la culture chinoise, le pont devient souvent une relation entre l'homme et la femme.
La pie coréenne est un oiseau national et un symbole national de la Corée, parfois appelée pie asiatique ou pie chinoise[12],[13],[14].
Dans l'art populaire coréen (minhwa), la pie apparaît fréquemment aux côtés du tigre. Cette association est si courante qu'elle constitue son propre genre artistique appelé jakhodo. Dans ces représentations, le tigre est souvent dépeint comme maladroit et naïf, tandis que la pie apparaît comme intelligente et rusée. La pie représentait symboliquement le peuple ordinaire, tandis que le tigre symbolisait la classe aristocratique[13].
Les pies ont une place importante dans le mythe de la naissance d’Ai Xinjue Luo Bukuri Yushun, l’ancêtre de la dynastie Qing[15],[16].
Dans la culture occidentale
Dans la tradition populaire britannique, la pie est associée à diverses superstitions. Une comptine anglaise prédit le destin selon le nombre de pies aperçues : une pie annonce le malheur, deux la joie, trois un enterrement et quatre une naissance. Il est également de coutume de saluer une pie solitaire pour conjurer le mauvais sort[3]. Contrairement à sa réputation en Asie de porteuse de bonne fortune, la pie est donc perçue en Europe comme un oiseau de mauvais augure lorsqu'elle est seule.
La pie inspire également la culture artistique européenne. L'opéra La Pie voleuse (La gazza ladra) de Rossini (1817) raconte l'histoire d'une servante accusée à tort d'avoir volé des objets en argent, le vrai coupable étant une pie. Cette œuvre illustre la réputation injustement accordée à cet oiseau en Europe[17]. Le 29 octobre 1816, une cloche dite « cloche de Turmel » est installée dans la tour de la Mutte de la cathédrale de Metz. Selon la légende, Mademoiselle de Turmel, fille du maire de Metz, remarqua une pie portant un collier dans son bec. Dans son nid furent retrouvés de nombreux bijoux, dont ceux d'une bourgeoise dont la femme de chambre avait été pendue à tort pour ce vol. En hommage à cette erreur judiciaire, Mademoiselle de Turmel fit placer une petite cloche dans la tour de la cathédrale, qui sonne encore aujourd'hui chaque soir à 21h54[18],[19],[20]. La pie inspire également les arts plastiques. Claude Monet peint La Pie en 1868-1869 à Étretat en Normandie, une huile sur toile conservée au musée d'Orsay. Ce tableau, l'un des premiers chefs-d'œuvre de l'impressionnisme, représente une pie solitaire perchée sur une barrière dans un paysage enneigé[21].