Pierre-François Palloy

entrepreneur chargé de la démolition de la Bastille From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre-François Palloy, né à Paris le et mort à Sceaux le , dit « le Patriote », est un maître-maçon et entrepreneur de travaux publics, célèbre pour s'être auto instauré et avoir obtenu le statut de véritable entrepreneur chargé de coordonner les travaux de démolition qui suivirent la prise de la forteresse de la Bastille.

Décès
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SceauxVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le Patriote
Pseudonyme
Le PatrioteVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Pierre-François Palloy
Pierre-François Palloy, dit le Patriote, par A. Donchery (vers 1789, musée Carnavalet).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
SceauxVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le Patriote
Pseudonyme
Le PatrioteVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Formation
Activité
entrepreneur de travaux publics, architecte
Autres informations
Unité
Grade militaire
Œuvres principales
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Un des modèles de Palloy.

Biographie

Jeunesse et formation

Les hommes de Palloy démontent la Bastille au lendemain de sa prise.

Pierre-François Palloy naît à Paris, rue du Petit Reposoir, le . Fils d'un marchand de vin, il est élevé par son grand-père. Il fait ses études au collège d'Harcourt (futur lycée Saint-Louis) puis s'engage dans l'infanterie où il finira comme sous-officier au régiment Royal-dragons. Ayant quitté l'armée après 6 ans et demi de service[1], il démarre dans le commerce en 1775, avant d'entrer comme commis chez le maître-maçon Nobillot, architecte-entrepreneur, dont il épouse la fille le [1] et prend la succession.

De maître-maçon, il devient « entrepreneur de bâtiments », preuve de l'évolution de son statut social. Il installe son atelier au 20 rue des Fossés-Saint-Bernard[1].

1789 : Le démolisseur de la Bastille

Bien qu'il n'ait reçu aucun mandat par l'assemblée des électeurs de Paris de démolir la Bastille après sa prise le [2], il cherche à prendre le contrôle des opérations immédiates de démolition qui suivent la prise de la Bastille en coordonnant les opérations[3]. En effet, il démarre le , de sa seule initiative, le chantier de démolition de la Bastille avec la venue de 400 ouvriers qui arrivent sur le site dans la nuit du 14 au . Bénéficiant de son statut social et économique, Palloy, homme du métier possède de plus un argument de poids : la solidité financière de son entreprise est en mesure de régler les salaires des ouvriers[1]. En effet, les dépenses hebdomadaires sont d'environ 10 000 livres pour une moyenne de 700 ouvriers[1].

Le , il est désigné démolisseur officiel de l'ouvrage[4] par l'Assemblée constituante. Le chantier, sur lequel œuvrèrent 1 200 ouvriers, dont 400 permanents, est à peu près achevé à la fin de novembre[5] et totalement terminé en . Les pierres  des blocs d'un mètre de long sur 60 centimètres de large  sont stockées dans un de ses entrepôts parisiens[4].

Le chantier de démolition de la Bastille est un véritable tremplin pour l'entrepreneur, soucieux d'ascension sociale[1].

1790 - 1792 : « Palloy Patriote »

Avide d'une stature et d'une reconnaissance nationale à la hauteur de son acte, il devient le promoteur avisé des souvenirs de la Bastille[3]. Palloy décide à partir des pierres issues de la destruction même de la forteresse, de faire fabriquer des modèles réduits en pierre de la Bastille[4], puis par la suite, en plâtre mêlé de mortier de la Bastille. Il y fait également sculpter sur d'autres pièces la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et des harangues patriotiques[4].

Ces pièces sont envoyées auprès des instances représentatives de l'époque : les députés, les clubs politiques, la ville de Paris, la commune de New York [4] et dans les chefs-lieux des nouveaux départements français à partir de [4]. Ces envois sont soutenus grâce aux « Apôtres de Palloy », un réseau d'hommes qui assure la promotion de ses projets. Chaque création est munie de la mention « Palloy Patriote »[4].

À titre d'exemple, on peut d'ailleurs voir à Saint-Julien-du-Sault (Yonne) une de ces pierres incrustée dans une des portes de la ville avec l'inscription « je certifie que cette pièce vient de la Bastille » signée « Palloy patriote ».

Il fait également forger des clefs à partir des chaînes en fer du pont-levis, des barreaux des verrous de la forteresse, et fabriquer de nombreux objets de pacotille (bijoux, tabatières, cartes à jouer) et frapper des médailles commémoratives des grands événements de la Révolution, à commencer par celle de la prise de la Bastille, nommée aussi « médaille Palloy »[6]. Ces médailles, d'un style fruste, sont couvertes d'inscriptions rédigées dans un français amphigourique et émaillées de fautes d'orthographes. Elles sont constituées le plus souvent de deux plaques de fer ou d'étain réunies et assemblées par un cerclage de laiton. Pour autant, il ne s'agit pas de « médailles populaires », car les tirages n'ont jamais dépassé 1 200 exemplaires.

Grâce aux matériaux de la Bastille, Palloy se fait également construire deux résidences à titre personnel, l'une en face de l'Assemblée Nationale et la seconde à Sceaux, au 37 de la rue des Imbergères, encore visible de nos jours[7]. Le reste des pierres non employées sont vendues pour la construction de nombreuses maisons de Paris, dont la localisation est aujourd'hui perdue pour la plupart[4] et également pour le pont de la Concorde, terminé en 1791.

En , il est promu « Héros de la Révolution » pour sa participation à la prise de la Bastille, honneur qu'il partage avec 953 citoyens[4].

Palloy est chargé, le , de travaux d'aménagement à la tour du Temple pour y emprisonner Louis XVI et sa famille.

1793 : La chute et l'oubli

En 1793, les autorités estiment après enquête qu'il a détourné une partie des fonds remis pour la destruction de la forteresse. En effet, payé pendant 30 mois, le chantier a été assuré en 12 mois[4]. En outre, les autorités reprochent à Palloy d'avoir encaissé les bénéfices directs et indirects de la démolition[3]. Le coût total de la destruction de la forteresse est évalué à 1 million de livres[8], quand le salaire d'un journalier est de 3 francs[9]. À titre d'exemple de prévarication, Palloy qui, bien que gravant les pièces gratuitement, demande la participation des communes pour l'envoi des ouvrages[4].

Palloy est emprisonné du au . À l'issue de son incarcération, il se retire dans sa résidence de Sceaux où il emploie ses ressources à donner de grandes réceptions. Financièrement affaibli, il sollicite par la suite des autorités une rente pour services rendus à la Nation[4].

Alors qu'il fête avec d'autres l'exécution de Louis XVI, tous les , jusqu'à la Restauration, par un banquet avec au menu une tête de cochon farcie (qui est plus tard remplacée par une tête de veau), il reçoit en 1814 la décoration de l'Ordre du Lys fondée par le futur Charles X.

Il meurt, définitivement ruiné en 1835. Sur sa tombe, disparue de nos jours, figuraient les mots suivants :

« Ci-gît Palloy, qui jeune encore l'assiégea, la démolit et dispersa les membres de ce monstre infernal sur la surface du Globe. »[4]

Conservation des souvenirs édités par Palloy

Une importante collection de médailles et insignes réalisés à l'initiative du « patriote Palloy » est conservée au musée Carnavalet. Par ailleurs, une pierre de la Bastille provenant du patriote Palloy et supportant un plan de cette forteresse est exposée au musée de la Révolution française.

Références

Voir aussi

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