Pierre Billaud (physicien)
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Fontenay-le-Comte
Saint-Michel (Charente)
| Naissance |
Fontenay-le-Comte |
|---|---|
| Décès |
(à 93 ans) Saint-Michel (Charente) |
| Nationalité |
|
| Domaines | Physique nucléaire |
|---|---|
| Institutions |
Armée de terre française Commissariat à l’Énergie Atomique |
| Formation |
École polytechnique Université de Paris |
| Site | https://web.archive.org/web/20230526002305/http://pbillaud.fr/ |
Pierre Billaud est un physicien français né le à Fontenay-le-Comte en Vendée et mort le à Saint-Michel (Charente)[1]. Il a participé à l'élaboration du programme nucléaire militaire de la France.
Pierre Billaud est admis à l’École polytechnique le 7 septembre 1939, mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale entraîne sa mobilisation le 9 septembre. Il commence sa carrière militaire par des études d’élève officier de l'artillerie coloniale à l'École de l'artillerie de Fontainebleau. Après la défaite de la bataille de France, il continue quelques mois ses études à Polytechnique avant de terminer sa formation d'artilleur.
Affecté au Protectorat français au Maroc en 1942 au Groupement d’artillerie coloniale antiaérienne et de côte du Maroc[2], il subit le baptême du feu lors du débarquement allié en Afrique du Nord alors qu'il sert une batterie d'artillerie côtière à Casablanca. En tant que chargé des transmissions du 41e Groupe de forces terrestres antiaériennes de la 2e division d'infanterie marocaine, il participe à la campagne d'Italie puis à celle de Libération de la France. Il se marie durant celle-ci avec Jeannette Diguet qui lui donne quatre enfants. D'octobre 1945 à avril 1948, il est cantonné à Madagascar.
À partir de septembre 1948, il est détaché au laboratoire des rayons X de Maurice de Broglie à Paris et suit les cours d'Irène Joliot-Curie à l'Université de Paris ; il obtient le diplôme d'études supérieures « Électronique et radioactivité ».
Affecté à l’état-major du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, il prend part à la guerre d'Indochine de septembre 1951 à janvier 1954[3].
En juin 1955, il s'oriente vers la recherche scientifique et entre au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) comme chef du service de physique expérimentale de la Direction des applications militaires[4]. Il participe à la réunion du 29 décembre 1959 concernant l'étude des expérimentations nucléaire souterraine, ce qui aboutira au choix du Hoggar[5]. Il est nommé chef de projet de l’engin « A » en 1958-1960 et chargé de diriger la préparation de la première expérience nucléaire française, il prend donc part à Reggane en février 1960 au premier tir nommé Gerboise bleue qui permet à la France d’entrer dans le club des puissances nucléaires[6]. Le général De Gaulle le fait officier de la Légion d'Honneur en juillet 1960.
Il devient directeur du centre de la Direction des applications militaires de Limeil-Brévannes de 1962 à 1966[7] d'où il évincé par une décision d'Alain Peyrefitte[8]. Il participe aux recherches menant à la bombe à hydrogène française, dont il dirige le deuxième tir expérimental mené à Moruroa, nom de code Procyon, le 8 septembre 1968 qui a un rendement de 1,28 mégatonne[9]. Le 22 mars 1969, il est fait commandeur de la Légion d'honneur. Le directeur des applications militaires du CEA le charge de toutes les questions de sécurité, y compris celles des dispositifs d'armes opérationnelles, en 1972.
Admis à la retraite en 1979 avec le grade de colonel, Pierre Billaud se consacre à diverses recherches scientifiques personnelles. Il prend la plume en 1994 pour contester publiquement la paternité de la bombe H française qui est, pour lui, attribuée à tort à Robert Dautray[10].