Pierre Billotte

militaire et homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre Billotte, né le à Paris[1] et mort le à Boulogne-Billancourt[2], est un général et homme politique français.

Élection23 juin 1968
Réélection11 mars 1973
Circonscription5e du Val-de-Marne
LégislatureIVe et Ve (Cinquième République)
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Pierre Billotte
Illustration.
Fonctions
Député français

(9 ans, 8 mois et 22 jours)
Élection 23 juin 1968
Réélection 11 mars 1973
Circonscription 5e du Val-de-Marne
Législature IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique UDR (1968-1976)
RPR (1976-1978)
Prédécesseur Gilbert Noël
Successeur Jean-Louis Beaumont

(1 mois et 4 jours)
Élection 12 avril 1967
Circonscription 5e du Val-de-Marne
Législature IIIe (Cinquième République)
Groupe politique UD-Ve
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Gilbert Noël

(3 ans, 2 mois et 2 jours)
Élection 25 novembre 1962
Circonscription 48e de la Seine
Législature IIe (Cinquième République)
Groupe politique UNR-UDT
Prédécesseur Philippe Vayron
Successeur Gilbert Noël

(4 ans, 4 mois et 26 jours)
Élection 17 juin 1951
Circonscription Côte-d'Or
Législature IIe (Quatrième République)
Groupe politique RPF
Ministre d'État, chargé des Départements et territoires d'Outre-mer

(1 an, 2 mois et 24 jours)
Gouvernement Pompidou III
Maire de Créteil

(12 ans)
Prédécesseur François Dassibat
Successeur Laurent Cathala
Biographie
Nom de naissance Pierre Armand Gaston Billotte
Date de naissance
Lieu de naissance 16e arrondissement de Paris
Date de décès (à 86 ans)
Lieu de décès Boulogne-Billancourt
Sépulture Cimetière de Créteil (Val-de-Marne)
Nationalité Française
Parti politique UDR - RPR
Profession Militaire

Image illustrative de l’article Pierre Billotte
Maires de Créteil
Fermer

Biographie

Un soldat à la carrière fulgurante

Il est le fils du général d'armée Gaston Billotte, mort dans un accident de la route au front en . Sorti de Saint-Cyr (promotion du sous-lieutenant Pol Lapeyre)[3] et de l’École supérieure de guerre, il participe aux combats de la bataille de France en tant que capitaine, chef d'équipage d'un char B1 du 41e bataillon de chars de combat. Il combat lors de la bataille de Stonne, détruisant treize[4] chars le . Pierre Billotte figure dans le classement russe des as des chars de la Seconde Guerre mondiale. Il est fait prisonnier à Vadenay le , grièvement blessé[5].

Arrivée à Londres début septembre 1941 des évadés français par la Russie, « Les Russes ». De gauche à droite sur la photo : Jean Richemond, futur membre du Commissariat national à l'intérieur ; Pierre Billotte ; François Thierry-Mieg, futur chef de la section contre-espionnage du BCRA ; Henri Clastère, bientôt parachuté en France pour une mission de sabotage.

Évadé de l'Oflag II-D en Poméranie, le [6], il gagne l’URSS où il est interné jusqu’au moment de l’attaque allemande à l'été 1941. Il devient alors représentant de la France libre à Moscou. Avec d’autres Français, il est échangé contre des réfugiés russes de Londres et s’embarque à Arkhangelsk dans un bateau pour le Royaume-Uni.

Il est alors fait chef d’état-major du général de Gaulle et secrétaire du Comité de défense nationale à Londres. De Gaulle impose à Leclerc son affectation dans sa division[7] et, alors colonel, il débarque en Normandie à la tête d'un des trois groupements tactiques de la division Leclerc. Le , à 10 h 30, il envoie un ultimatum dactylographié à Dietrich von Choltitz demandant sa reddition, et précisant : « Au cas où vous jugeriez bon de poursuivre une lutte qu’aucune considération d’ordre militaire ne saurait justifier, je suis décidé à la poursuivre jusqu’à l’extermination totale. Dans le cas contraire, vous serez traité conformément aux lois de la guerre »[8]. Cette lettre eut une influence décisive sur sa décision de ne pas détruire Paris. Puis il fait la jonction, à la préfecture de police, avec la Résistance intérieure parisienne lors de la libération de Paris. En septembre 1944, il est promu au grade de général de brigade. En désaccord avec Leclerc, il quitte la 2e DB. Il forme avec les FFI parisiens la 10e division d'infanterie qu'il commande en tant que général.

Pierre Billotte est promu général de division en [9]. Il est nommé représentant de la France au comité d’état-major de l’ONU en 1946. Il démissionne de cette fonction et de l’armée quatre années plus tard pour protester contre la politique trop atlantiste du gouvernement.

Député RPF et ministre ARS

Le général Pierre Billotte inspecte la garde d'honneur lors d'une visite en Israël, en mars 1957.

Il est élu député RPF de la Côte-d'Or en 1951 et est battu en 1956. Il vote la confiance à Antoine Pinay en 1952 et est l’un des 27 dissidents de l’ARS. Il est ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Faure du au .

À l’Assemblée nationale, spécialisé dans les questions militaires, il est rapporteur de la commission de la Défense sur les accords de Londres et de Paris qui remplacent la CED qu’il avait combattue.

Président de l'association France-Occident, réfléchissant à la situation de l'Algérie française, il estime que « le statu quo comme l'abandon sont impensables » et propose un projet de réforme de l'Algérie en 1957[10]. La même année, il écrit un article paru dans Le Monde contre la torture en Algérie. « On n'obéit pas à des ordres contraires aux lois de la guerre... La torture, sous quelque forme que ce soit, est condamnable ».

Il prend en 1955 la succession de Firmin Roz à la tête du comité français du Mouvement pour l'union atlantique, une association transnationale atlantiste qui préconise un renforcement de l'OTAN et une union avec les États-Unis[11].

Gaulliste de gauche sous la Ve République

Pierre Billotte est l’un des gaullistes de gauche qui participent à la fondation de l’Union démocratique du travail (UDT). Nommé haut-commissaire en Algérie, il est finalement remplacé par Christian Fouchet en 1962.

En , il est élu député (UNR-UDT) de la 48e circonscription de la Seine, puis en 1967 de la 5e circonscription du Val-de-Marne. Il conserve son mandat jusqu’en 1978 sous les diverses étiquettes gaullistes (UD-Ve République, UDR, RPR). Il est ministre d'État chargé des départements et territoires d’Outre-Mer dans les troisième et quatrième gouvernements de Georges Pompidou du au et favorise l'autonomie interne de ces entités.

Il devient l'un des deux présidents avec l'Américain Clarence Streit du bureau du Mouvement international pour l'union atlantique, lancé en 1957[12] et constitué officiellement en , jusqu'à sa nomination comme ministre en 1966[13]. Ce mouvement fédère les comités nationaux du mouvement pour l'union atlantique, désireux de rapprocher les États-Unis de l'Europe occidentale. Il cosigne en 1962 un appel international à l'union atlantique[14], et préconise encore en 1965 un appel à une « union fédérale atlantique »[15].

Le général Pierre Billotte assiste à l'essai nucléaire Bételgeuse du en tant que ministre de l'Outre-mer, en étant dans la même cabine que le général de Gaulle lors de l'expérimentation nucléaire[16].

Il est maire de Créteil de 1965 à 1977.

Il fonde un « Mouvement pour le socialisme par la participation » en 1971. Il soutient Jacques Chaban-Delmas avant l’élection présidentielle de 1974.

La tombe de Pierre Billotte au cimetière de Créteil (Val-de-Marne).

Il meurt le , et est inhumé au cimetière de Créteil aux côtés de son épouse Sybil Esmond morte en 1984.

Décorations

Liste complète

Publications

  • La Fatalité de la Défaite allemande, Londres 1941
  • Le Temps du Choix, Robert Laffont, 1950
  • L'Europe est née, Fayard, 1955
  • Considérations stratégiques, Larousse 1957
  • Du Pain sur la planche, Plon 1965
  • Les Chemins de l'Aventure, 1972
  • Le Temps des Armes, Plon 1972
  • Trente ans d'humour avec de Gaulle, 1979
  • Le Passé au futur, Stock 1979

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI