Pierre Devaux (général)

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Pierre Devaux
Pierre Devaux (général)

Naissance
Vierzon
Décès (à 57 ans)
Ancien 12e arrondissement de Paris
Origine Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 17821815
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d’honneur
Chevalier de l'ordre de la Couronne de fer
Chevalier de l'ordre de la réunion
Chevalier de Saint-Louis

Pierre Devaux, né le à Vierzon et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Introduction

Malgré son statut de héros de la Révolution française, Pierre Devaux n'a quasiment laissé aucune empreinte dans les archives. On ne trouve que quelques éléments dispersés dans les archives militaires[1]. La seule image connue de lui était une illustration de propagande, le présentant sur son cheval en train de combattre les Maures à Saint-Jean-d'Acre. Cette représentation avait été découverte à l'époque par Alain Rives, bibliothécaire à Vierzon, passionné par la période de la Révolution française à la Seconde Restauration[1].

Origines et formation

Pierre Devaux est issu d'une famille aisée[2] ; petit-fils d'un agent des Finances de Louis XV et fils de Caprais Devaux, marchand apothicaire et confiseur[1] à Vierzon, et de Thérèse Ledoux, il fut présenté lors de son baptême par Marie-Anne Chartereau, épouse de Sylvestre Pénigault, docteur en médecine. Son parrain était Pierre Devaux[3], marchand droguiste à Vierzon et frère aîné de son père. L'éducation qu'il reçut dans un foyer serein ne le poussa donc pas vers la carrière tumultueuse des armes. Pendant son adolescence, le jeune garçon se consacra à la préparation de diverses pommades et onguents[2].

Les débuts

À l'âge de 20 ans, le , malgré l'inquiétude de ses parents, il quitta le Berry, et se dirigea vers Le Mans, où il chercha immédiatement à s'incorporer dans l'un des régiments de la garnison[2]. Pierre Devaux avait une allure impressionnante et mesurait 5 pieds, 6 pouces et 9 lignes, ce qui lui permit d'être facilement incorporé comme soldat dans le régiment de Dragons de Monsieur (compagnie de Valory). Ce régiment, peu après, fut envoyé en Alsace et se trouvait à Colmar en 1789[2]. L'avancement du soldat Pierre Devaux — conformément aux pratiques de l'Ancien Régime — n'avait pas été rapide, et au début des bouleversements de la Révolution française[2] : il devient brigadier en 1785 et maréchal des logis en 1789.

Le régiment de Monsieur fut rapidement désorganisé par l'émigration : les sous-officiers et les cavaliers furent abandonnés par leurs officiers, qui traversèrent hâtivement le Rhin pour rejoindre l'Armée des émigrés. Dans l'incertitude de la situation, de nombreux sous-officiers décidèrent aussi de quitter le service, et le , Pierre Devaux déserta[4] dans le Berry en laissant ses hommes. Vers 1769, pour des raisons qui restent floues, Caprais Devaux quitta Vierzon pour s'installer comme apothicaire à Châteauroux. Il est donc probable que le jeune homme aida son père dans l'exercice d'une profession qui ne l'attirait guère[2].

Révolution française

Il se distingue durant la Révolution française, s'engageant activement dans l'armée. En 1791, alors que des tensions croissantes se faisaient sentir aux frontières, l'Assemblée Constituante décida de former des bataillons pour assurer «  à la sûreté de l’Etat, au maintien de la Constitution, à la garde des frontières »[2]. Le département de l'Indre devait fournir 574 hommes, et les volontaires furent rapidement conviés à élire leurs officiers. Le , Pierre Devaux fut élu capitaine de la compagnie des grenadiers au 1er bataillon de volontaires de l’Indre[2].

Les troupes partirent immédiatement pour rejoindre l'Armée du Nord. À peine arrivé à Valenciennes, Pierre Devaux fut de nouveau sélectionné pour intégrer le 4e bataillon franc, troupes légères, formé à Valenciennes. Blessé dans la forêt de Mormal d’un coup de feu à la cuisse gauche, d’un coup de lance pendant la première campagne de Charles François Dumouriez, d’un coup de feu à Bataille de Jemappes le [4], de deux coups de feu à la prise de la redoute de Charleroi. Par la suite, son avancement fut fulgurant[2]. Les députés Pierre Roux-Fazillac et Sylvain-Phalier Lejeune, envoyés par la Convention pour superviser l'armée du Nord, remarquèrent le jeune et prometteur officier et prirent l'initiative de le nommer adjudant général chef de brigade provisoire le . Il obtint ce titre de manière définitive en mars 1794[2] avec effet rétroactif au .

En décembre 1793, pendant la Terreur, il reçut la responsabilité de réorganiser les Corps belges à Amiens, une mission difficile confiée par le général Jean Ernouf, chef d'état-major de l'Armée du Nord. Au cours de cette tâche, il se distingua par ses grandes qualités d'administrateur et d'organisateur[2].

Il se distingua à la Bataille de Fleurus () et reçut la mission du général en chef Jean-Baptiste Jourdan de porter à la Convention les drapeaux capturés à l'ennemi[5]. Il seconde[4] Napoléon Bonaparte le 13 vendémiaire () lors de l'Insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV.

En mars 1795, il quitta Valenciennes pour rejoindre l'Armée de l'Ouest, qui avait son quartier général à Ancenis. Il fut rapidement nommé au commandement de la région de Nort-sur-Erdre[1], où il épousa Anne-Marie Coinquet le , d'avec laquelle il divorça. En Bretagne, il n’a participé qu’au combat de Nort.

Peu après son mariage, en juin, il reçut l'ordre de retourner à l'Armée de Sambre et Meuse et s'y rendait lentement lorsqu'il tomba malade chez lui à Châteauroux[2]. Ce n'est qu'à la fin de l'année qu'il put finalement rejoindre l'Armée des côtes de Brest[4], d'où il fut chargé de la pacification d'un mouvement contre-révolutionnaire dans le Sancerrois insurgé[1]. Peu après, la colonne Devaux et Canuel, composée de 800 hommes, quitta Bourges, traversa Saint-Martin-d'Auxigny et établit son camp devant Sancerre. Le 20 germinal, l'adjudant-général Devaux entra dans la ville rebelle.

Campagne d'Italie

Sans plus tarder, il traversa la France pour rejoindre Napoléon Bonaparte à l'Armée d'Italie. Il arriva à Vérone peu avant l'insurrection des Pâques véronaises (1797), et lors de la répression qui suivit, il réussit à vaincre une importante colonne d'insurgés dans la Valle Sabbia[2]. Il entra à Brescia parmi les premiers, et les habitants, reconnaissants de son humanité, lui offrirent un sabre d'honneur sur lequel était gravée l'inscription suivante : « Il popolo Bresciano riconoscente, à l'adjudant général Devaux »[2]. Il participa alors à toutes les batailles napoléoniennes, subit plusieurs blessures et se couvrit de gloire en Italie, en Égypte et lors des affrontements maritimes contre les Anglais entre Toulon et Cadix[1].

Expédition d'Egypte

Après le traité de Campo-Formio, il accompagna Napoléon Bonaparte en Égypte, participa à tous les combats aux alentours du Caire et fut gravement blessé lors du Siège de Saint-Jean-d'Acre (1799) en entraînant ses grenadiers à l’assaut[2]. Il a reçu six blessures à Saint-Jean-d’Acre[5] en montant à l’assaut à la tête des grenadiers de 5 demi-brigades de ligne et de carabiniers de la 2e demi-brigade légère

Malgré un état de santé précaire dû à une convalescence difficile (ayant refusé d'être évacué), il demanda au général en chef, à titre de récompense pour ses services, de pouvoir monter le premier lors de l'assaut final sur Saint-Jean-d'Acre[2],[6].

Après une courte période de repos forcé, l'adjudant général Pierre Devaux participa à la Bataille d'Aboukir (1799), où il fut de nouveau blessé par une arme blanche[2]. Le 10 brumaire an VIII, lors de la Bataille de Damiette, il se couvrit de gloire en s'emparant lui-même de trois drapeaux et en tuant les hommes qui les portaient[7]. De retour en France, avant le lancement de l'offensive anglaise contre les forces de Jacques de Menou de Boussay, l'adjudant-général Devaux fut chargé de retourner en Égypte avec un corps de renfort, tout en « évitant la flotte anglaise ». Il embarqua donc avec ses grenadiers sur une escadre commandée par le vice-amiral Charles Alexandre Léon Durand de Linois[2].

Dans un mémoire imprimé à Laval en 1806, il décrit lui-même la Bataille d'Algésiras (1801), où il se distingua particulièrement[2].

« Dans la traversée de Toulon à Cadix, le 19 messidor les Anglais vinrent avec des forces bien supérieures en marine, attaquer notre flotte commandée par le contre-amiral Linois. Je commandais alors 1.500 hommes de débarquement. Voyant que le combat était en« gagé sur tous les points, j’ai, malgré le feu de six vaisseaux ennemis, débarqué avec 100 canonniers, sur des chaloupes, je me suis emparé des batteries espagnoles et je les ai fait servir contre les Anglais; celle de San Yago démâta le vaisseau anglais L'Annibal qui se rendit. Les Anglais se retirèrent dans le port de Gibraltar après un combat opiniâtre et les vaisseaux qui leur restaient en fort mauvais état. »

L'adjudant général Pierre Devaux fut à nouveau blessé lors de l'action, mais les échos de sa conduite remarquable et de son initiative intelligente atteignirent rapidement Paris, où les ministres de la Guerre et de la Marine lui envoyèrent des félicitations élogieuses[1]. Il reçut également de chaleureux encouragements de la part de Lucien Bonaparte, ambassadeur à Madrid. Après un repos de six mois à Cadix, il fut désigné, à la fin de nivôse de l'an IX, pour participer à l'Expédition de Saint-Domingue[1].

Il est promu général de brigade d’infanterie le 17 ventôse an IX (), et le premier Consul lui décerne un brevet d’honneur le 19 ventôse ().

Expédition de Saint-Domingue

Lors du Siège de la Crête-à-Pierrot (1802), il subit des blessures si graves le 21 thermidor qu'il fut embarqué presque mourant pour la France. Néanmoins, il parvint à se rétablir lentement et devint l'un des rares survivants de l'Expédition de Saint-Domingue[1].

Rôle sous Napoléon Ier

À peine remis, Pierre Devaux reçut le commandement du département de la Mayenne en septembre 1802[4], où il resta plusieurs années[5]). Il y épouse Henriette-Marie Moullin de Vaucillon[4], fille de Zacharie Thomas Moullin de Vaucillon, président du Tribunal criminel de la Mayenne[4] et de Maria Anne Julie Félicité Cheminant[8]. Henriette-Marie meurt le [4]. Veuf, il épouse le [4] Félicité-Gabrielle Rondelon-Latouche, de Cossé-le-Vivien, morte en 1820[2]. Le (), il est fait Chevalier de la Légion d’honneur, et commandeur du même ordre le (), puis électeur du département du Cher.

Il demanda néanmoins à être relevé de ses fonctions pour pouvoir rejoindre la Grande Armée. Sa demande ne fut pas acceptée. En 1806, il est affecté au commandement de l'Ile d'Yeu le [4].

Il est baron d'Empire en octobre 1807. Il est créé chevalier de l'Ordre de la Couronne de fer le . Il passe ensuite en Espagne où il se distingue aux combats d’Alta-Fouilla et d’Anselta, il parvient par d’habiles manœuvres, à opérer le ravitaillement de Balaguer et de Tarragone, il concourt à la prise de Montserrat.

Il est affecté au commandement d'une île de l'embouchure de l'Escaut an août 1809[4]. Il fut mis à la tête de la 3e division des gardes nationales de l'Armée du Nord, commanda la Place de Grave, puis le département des Bouches-du-Rhône en 1810. A partir du , il est commandant du département de la Frise[9].

Il est appelé à la Grande Armée en 1813 (division du général François Durutte), d'abord à Berlin, puis en Pologne[2]. Il se distingua tout particulièrement lors du combat du Pont de Wolkowisk, où il commandait la 1re brigade de sa division[2]. Il participa ensuite à la Campagne d'Allemagne et combat à Lützen[4] le , à Bautzen[4], les 20 et , et à Hanau[4], les 30 et de la même année.

Il est fait chevalier de l'ordre de la réunion le , et il est créé baron de l’Empire le il est affecté au commandement de l'Ile d'Yeu le [4]. Fin octobre 1813, il était au Siège de Torgau[2]. Fait prisonnier le avec la garnison, il fut emmené à Leipzig, où il resta captif des Russes jusqu'en avril 1815, lors de la Première abdication de Napoléon Ier.

Il ne réussit pas à être réintégré dans les armées du Roi en raison d'un manque de places. Cependant, il reçut la croix de l'Ordre de Saint-Louis le . Lors des Cent Jours, il sollicita auprès de Napoléon Ier un retour au service actif et le grade de lieutenant général[2]. Il n'obtint ni grade ni véritable fonction, étant simplement envoyé à l'Armée de la Loire, à sa première formation[2].

Seconde Restauration

Il est arrêté à Dijon en , et il est mis en jugement sur de vagues dénonciations relatives à la conduite qu’il aurait tenue pendant les Cent Jours, devant un conseil de Guerre[4]. Il est acquitté à l’unanimité et admis à la retraite par ordonnance du . Selon les Mémoires de Michel Georges de La Broise, il résidait en Mayenne lors du Vol de l'aigle, et aurait été député vers l'Empereur par les Bonapartistes de la Mayenne pour leur demander des armes[4].

Sous la Seconde Restauration, il est retiré d'abord à Bourges, selon l'Ordonnance royale qui prescrivait aux anciens officiers de rejoindre leur département d'origine[4]. Il est envoyé dans le pays de sa femme, d'une famille de notaires et de médecins révolutionnaires, par le préfet du Cher car cet officier en retraite ne vivait à Bourges qu'avec des fédérés dont il soutenait l'espoir ; il prodiguait son uniforme dans les cafés et ne craignait pas d'y attacher les rubans des décorations prohibés[10]. Pierre Devaux revient en 1816 en résidence surveillée à Laval, où les circonstances de sa mort attireront rapidement l'attention, comme l'attestent les nombreux documents conservés dans les Archives départementales de la Mayenne[11]. Sa fin de vie fut moins de glorieuse. Le Maire de Laval, chargé de sa surveillance, signalait qu'il se ruinait au jeu, était couvert de dettes et avit perdu tout crédit[4].

En novembre 1817, il fut déclaré comme aliéné mental au Mans, ce qui conduisit à son arrestation et à son internement. Sa chute, après avoir connu la gloire, devant s'expliquer par la grave blessure à la tête qu'il avait subie devant Saint-Jean-d'Acre[12]. Il est interné à Charenton en 1817[2] puis dans une maison de santé de l'impasse Avoine (actuel Boulevard Arago) à Paris. Son épouse parvint à le faire interdire par jugement du tribunal de Laval et put percevoir la pension. Il décéda dans la maison de santé le , sans laisser de descendants[2].

Armoiries

Figure Nom du baron et blasonnement
Armes du baron Pierre Devaux et de l'Empire, lettres patentes du , commandeur de la Légion d'honneur

Écartelé ; au premier d'or à la tour de sable ; au deuxième des barons tirés de l'armée ; au troisième d'azur au dromadaire d'or ; au quatrième d'or au cocotier de sinople, soutenu du même, adextré d'un nègre assis, de sable. Livrées : les couleurs de l'écu, le verd en bordure seulement.

Notes

Sources

Liens externes

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