Né en 1901 dans une famille d'ouvrier verrier, Pierre Dutilleul est élevé dans un milieu sensible aux idées socialistes et communistes (un des frères de sa sœur, Emile Dutilleul deviendra le trésorier du PCF). A 16 ans, il s'engage sur le front durant la Première Guerre mondiale et revient blessé. De retour à la vie civile, il adhère au Parti communiste français (PCF) et viens s'installer à s'installer à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où il est élu au conseil municipal à l'occasion des élections de 1929. Rédacteur à L'Emancipation, il est arrêté en 1930 pour délit de presse et interné à la prison de la Santé (Paris)[1].
Une fois sortie, il continue son activité et aide, en 1935, à l'organisation de la première exposition d'art et d'histoire consacrée à la Commune de Paris[2] puis, à l'occasion de l'exclusion de Jacques Doriot du PCF en 1937, se solidarise autour de lui avec Gaston Venet (ancien maire de Saint-Denis) et Marcel Marschall (militant communiste et adjoint au maire) car jugeant la décision "arbitraire"[3]. Ainsi, il entre au bureau politique du Parti populaire français (PPF) et entre à la direction de la Commission centrale de contrôle politique[4] (principalement chargée de fournir des renseignement sur les communistes).
Pierre Dutilleul en 1948 lors de son procès pour collaboration.
Après la guerre
A la Libération, il arrive à s'enfuir en Allemagne en août 1944 mais est arrêté en 1946 et transféré à la prison de Fresnes (un article du Populaire indique qu'il aurait été arrêté à Gênes en Italie[6]). Le 12 mai 1948, il passe devant la Cour de justice de la Seine. Son oncle Léonard viens témoigner en sa faveur mais il est condamné à mort[7]. Finalement, le jugement est cassé et Pierre Dutilleul voit sa peine réduite à cinq ans de travaux forcés en juin 1948.
Notes et références
↑Claude Pennetier, «DUTILLEUL Pierre, Louis», sur Maitron, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008. (consulté le )
↑«Une exposition sur la Commune au Musée de Saint-Denis», Comoedia, , page 3 (lire en ligne)
↑«La révocation de M. Jacques Doriot», L'Écho de Paris, , page 3 (lire en ligne)
↑«La vie des sections», L'Emancipation nationale, , page 6 (lire en ligne)
↑Pierre Dutilleul, «Dans l'ombre de la bannière étoilée», Le Cri du peuple, , page 3 (lire en ligne)
↑«Pierre Dutilleul écroué à Fresnes», Le Populaire, , page 1 (lire en ligne)
↑Roland Gaucher, Histoire secrète du parti communiste français, Paris, Albin Michel, (lire en ligne), page 498