Pierre Lantuejoul
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| Chaire de clinique obstétricale (d) Maternité Tarnier (d) | |
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Maternité Tarnier (d) (- Maternité Port Royal (d) Hôpital Raymond-Poincaré Hôpital Saint-Louis Hôpital Bretonneau |
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Pierre Lantuejoul, né le à Louviers et mort le à Paris, est un obstétricien et professeur agrégé de clinique obstétricale à la Faculté de médecine de Paris.
Il se passionne tôt pour la neurologie et il fait de la mécanique obstétricale et la pathologie nerveuse néonatale ses principaux sujets d'études. Il fut titulaire de la Chaire de clinique obstétricale à la maternité Tarnier de 1944 à 1955.
Pendant la Première Guerre mondiale, il passe trente-quatre mois dans l'infanterie et fut blessé deux fois par éclats d'obus lors d'une visite de soldats blessés dans une tranchée alors qu'il avait reçu personnellement l'ordre d'évacuer. Il sera décoré en 1922 chevalier de la Légion d'honneur par l'Ordre de l'Armée [1].
Il a effectué son internat auprès du neurologue Achille Souques, du professeur de bactériologie André Lemierre puis de l'obstétricien Lucien Demelin[2].
En 1921, alors âgé de 34 ans, il présente sa thèse de doctorat Les hémorragies méningées sous-dure-mériennes traumatiques du nouveau-né. Il indique que ces hémorragies peuvent être consécutives à des manœuvres brutales mais qu'elles résultent le plus souvent d'une disproportion exagérée entre la tête fœtale et le bassin maternel, d'une extraction de la tête dernière (siège) ou d'une présentation qui impose à la tête une déformation particulière (face, front). Il décrit que les déformations plastiques de la voûte crânienne du fœtus provoquent l'arrachement de la tente du cervelet et la rupture des vaisseaux en un point précis, et qu'une hyperpression dans le territoire cave supérieur peut déterminer l'éclatement du fin réseau de la pie-mère et des vaisseaux de la faux et de la tente. L'examen anatomopathologique montre la possibilité de lésions nerveuses diffuses dont les cicatrices en cas de survie se traduiront par des syndromes d'une extrême variété [3],[4].
Il entre la même année à la clinique obstétricale Tarnier, dirigée alors par le professeur Auguste Brindeau, et y évolue en tant que Chef de clinique.
De 1922 au début des années 1930, Pierre Lantuéjoul a réalisé de nombreuses publications et collaborations scientifiques, portant notamment sur le réflexe cutané plantaire du nouveau-né, la rupture utérine, l'utilisation du forceps, les soins néonataux, l'anesthésie rachidienne.
Il est nommé Accoucheur des Hôpitaux en 1931 puis Accoucheur assistant de la Maternité de l'Hôpital Saint-Louis.
Évolution de carrière
Il est agrégé en 1933 et nommé Assistant à la Clinique Tarnier[5]. Il analyse le syndrome de la pathologie gravidique qui est désigné sous le nom de vomissements incoercibles. Il étudie également les psychoses puerpérales, les paralysies du sciatique poplité externe des accouchées et du jeune enfant.
En 1937, en collaboration avec Auguste Brindeau, il consacre un livre sur l'accouchement par le siège[6].
En 1939 Pierre Lantuéjoul est nommé Chef de Service à la Maternité de l'Hôpital Raymond-Pointcaré, puis de la Maternité Port-Royal en 1940 et enfin de l'Hôpital Bretonneau en 1941.
Il évolue durant quelques années auprès du pédiatre néonatologue Louis Ribadeau-Dumas et deux de ses élèves, Jacques Debray et André Héraux, qui exerce à la clinique Tarnier à partir de 1942.
Pierre Lantuejoul devient le 25 avril 1944 titulaire de la Chaire de la clinique Tarnier, qu'il occupe jusqu'à juillet 1955. Il nomme le docteur Robert Merger Assistant. Cette même année, il est nommé Professeur de Clinique Obstétricale à la Faculté de médecine de Paris, en remplacement du Professeur Alexandre Couvelaire, parti à la retraite.
En 1948, il étudie avec Louis Ribadeau-Dumas l'obstruction des voies respiratoires du nouveau-né, son étiologie et son anatomie pathologique. Cette étude a fait l'objet d'un rapport au congrès d'Alger, en 1952. En 1953, il fait partie des médecins experts de l'affaire Bac.
En 1959, il préside le congrès de la Fédération des sociétés de gynécologie et d'obstétrique de langue française dont il est le secrétaire général durant plusieurs années.
En 1961, ses travaux sur le traumatisme obstétrical sont cités à plusieurs reprises par le neuropathologiste Philipp Schwartz dans son ouvrage Birth injuries of the newborn[7].
Il fut envoyé en Mission d'Enseignement au Viêt-Nam d'octobre 1961 à février 1962.
Pierre Lantuéjoul décède le 26 aout 1963 des suites d'une longue maladie. En 1964, le professeur Maurice Lacomme lui rend hommage dans le Bulletin de l'Académie nationale de médecine[2].
Distinctions
- 1918 : Cité à l'Ordre du Régiment et à l'Ordre de l'Armée.
- 1922 :
Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. - 1951 :
Officier de la Légion d'honneur - 1956 :
Officier de l'ordre de la Santé publique[8]
Pierre Lantuéjoul fut élu membre titulaire de l'Académie nationale de médecine en 1950[9].
Il fut élu membre correspondant de l'Académie Royale Belge en 1948 puis, à partir de 1956, il fut membre honoraire.
