Pierre Mouterde
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Université Laval (maîtrise) (jusqu'en )
Université du Québec à Montréal (doctorat) (jusqu'en )
| Naissance | |
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| Pseudonyme |
Nicolas Siterre |
| Nationalité | |
| Formation |
Université Paris-Nanterre (maîtrise) (jusqu'en ) Université Laval (maîtrise) (jusqu'en ) Université du Québec à Montréal (doctorat) (jusqu'en ) |
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| A travaillé pour |
Cégep Limoilou ( - |
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| Influencé par | |
| Site web |
Pierre Mouterde, né le à Metz (France), est un auteur et essayiste québécois[1]. Professeur de philosophie au Cégep Limoilou de 1975 à 2011, membre fondateur de Québec solidaire via l'Union des forces progressistes, il est notamment à l'origine de la revue À bâbord! et du média alternatif Presse-toi à gauche[2]. Également sociologue, spécialisé dans l'étude des mouvements sociaux en Amérique latine, et journaliste indépendant, il explore les potentiels émancipateurs de l'action politique de gauche ainsi que ses défis contemporains en écrivant entre autres pour Le Devoir, La Presse, Le Soleil, Politis et Relations[3]. Il est à ce titre auteur de plusieurs essais, tels que Quand l'utopie ne désarme pas (2002), Repenser l'action politique de gauche (2005), Pour une philosophie de l'action et de l'émancipation (2009), et Les stratèges romantiques (2017)[4],[5],[6].
Éveil et formation politique
Pierre Mouterde est né le à Metz dans une famille d'origine lyonnaise[7]. Après s'être éveillé, alors qu'il était lycéen, au pouvoir de la politique dans le sillage des événements de mai 1968, et après avoir milité à la Ligue communiste révolutionnaire puis au Groupe marxiste révolutionnaire, il participe à la lutte antimilitariste dans son pays d'origine en 1977, avant de s'investir dans la lutte syndicale enseignante au Québec, notamment en 1983 lorsqu'il est co-représentant 40 de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec pour le Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep Limoilou[8],[9].
En parallèle de ces activités, il travaille comme journaliste indépendant, puis comme sociologue, cherchant à comprendre et à faire connaître, souvent en collaboration avec le docteur en anthropologie et syndicaliste Patrick Guillaudat, les exactions des dictatures de sécurité nationale du Cône Sud ainsi que la résistance des mouvements sociaux d'origine populaire en Amérique latine[10],[11].
En 1973, après avoir terminé une thèse de maîtrise en philosophie à l'Université Paris-Nanterre consistant en une critique marxiste des théories économiques de Paul Samuelson, puis finalisé une thèse de maîtrise en sciences des religions à l'Université Laval en 1983, dans laquelle il livre une analyse critique des raisons sociologiques du succès de Mère Teresa en Inde, Mouterde mène à terme une thèse de doctorat en sociologie à l'Université du Québec à Montréal en 1993 sur les luttes de classes et mouvements sociaux au Chili de Augusto Pinochet[12],[13].
Carrière et engagement militant
En 1994 et 1995, ayant fait partie aux côtés de Christophe Wargny, de l'équipe des conseillers étrangers du président haïtien Jean-Bertrand Aristide alors qu'il était en exil à Washington et lors de son retour en Haïti, Pierre Mouterde ressort à la fois marqué et déçu de cette expérience, entreprenant au début des années 2000 une vaste enquête sur les alternatives sociales et politiques de gauche alors en gestation en Amérique latine ainsi que menant une réflexion de fond, politique et philosophique, sur l'avenir de la gauche, ses forces comme ses faiblesses[14],[1].
Au Québec, après avoir activement participé à la formation de l'Union des forces progressistes, en 2003, comme de Québec solidaire, en 2006, il est l'un des fondateurs de la revue À bâbord!, ainsi que du site web Presse-toi à gauche, où il tient depuis un blogue d'analyse de l'actualité[15].
Thèmes de recherche
Insistant sur les bouleversements multidimensionnels survenus au cours de la décennie 1980 ainsi que sur leurs effets en chaîne, les écrits de Mouterde mettent l'accent sur les pouvoirs émancipateurs d'une action sociopolitique de gauche réactualisée, tant à l'aune des aspirations démocratiques et égalitaires des nouveaux mouvements sociaux (féministes, autochtones, écologistes) que des volontés de transformation révolutionnaire des pays du sud et de certains acquis toujours vivants du mouvement ouvrier international[16],[17].
Portant attention aux défis contemporains de la fragmentation/massification du monde, et en particulier au morcellement dont souffre la gauche aujourd'hui, ainsi que dans son sillage au contexte de crises grandissantes initié lors de la décennie 1980, il s'emploie à revaloriser une action sociopolitique de type stratégique susceptible de faire face aux prédations environnementales comme aux oppressions coloniales et de genre, tout en les reliant étroitement aux dynamiques globalisantes du capitalisme néolibéral mondialisé[4],[18],[19].
Philosophiquement marqué par les figures tutélaires de Walter Benjamin et d'Antonio Gramsci dont il cherche à combiner les apports respectifs; proche des thèses d'Immanuel Wallerstein sur le capitalisme historique et les mouvements antisystémiques ainsi qu'à l'écoute des luttes sociales latino-américaines des 40 dernières années qu'il observe comme sociologue, il se reconnait d'un marxisme ouvert, dans le sillage du philosophe Daniel Bensaïd et du sociologue des religions Michael Löwy[20],[21].