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Pierre Plantard

dessinateur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre Plantard, né à Paris (7e) le et mort à Colombes (Hauts-de-Seine) le , est un dessinateur de métier et journaliste, surtout connu pour avoir longtemps tenté de démontrer sa descendance de la lignée mérovingienne.

Décès
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Nom de naissance
Pierre Athanase Marie Plantard
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Pierre Plantard
Pierre Plantard en 1942.
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Pierre Athanase Marie Plantard
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Il est surtout connu pour être le co-auteur, avec Philippe de Chérisey, dans les années 1960, de documents d'archives sans preuves vérifiées connus sous le nom de Dossiers secrets d'Henri Lobineau. Il use de toute une série de noms d'emprunt au fil de sa vie : « Varran de Verestra » ; « Pierre De France » ; « Chyren » (en référence à la prophétie de Nostradamus sur la venue d'un grand monarque) ; et, dès 1975 (date importante dans l'Affaire dite de Rennes-Le-Château), il se fait nommer « Pierre Plantard de Saint-Clair » (voir Famille Sinclair, en référence aux Templiers de la Chapelle de Rosslyn en Écosse).

Il est également connu pour être le fondateur en 1956 du Prieuré de Sion.

Biographie

Jeunesse

Pierre Plantard naît dans une famille modeste[1]. Son père travaille comme majordome, et sa mère comme cuisinière[2]. Il est fils unique. Son père meurt quand il a trois ans d'une chute de quatre étages de l'appartement parisien où il travaille[3]. La mère de Plantard est alors recrutée par Geneviève Zaepfell, une des médiums les plus connues de son temps[3]. Les deux restent en contact au moins jusqu'aux années 1960[3].

Plantard quitte l'école à 17 ans. Devenu sacristain à l'église Saint-Louis-d'Antin, dans le 9e arrondissement de Paris, il milite dans diverses associations d'extrême droite, ce qui le mène à la fondation de divers groupes antijuifs tels que Rénovation nationale française ou Alpha Galates. Il aurait été inspiré par Paul Le Cour[3].

L’action politique

Lors des dernières années de la Troisième République, Plantard milite à l'extrême droite. Convaincu par l’affaire Stavisky de la réalité d’un complot judéo-maçonnique, il fait un bref passage à l'Action française de Charles Maurras[4]. Il fonde ensuite un groupuscule antisémite sous le nom de l’Union française en 1937.

Soutenant le régime de Vichy, Pierre Plantard se dit dirigeant de Rénovation nationale française en . Le , il écrit à la Préfecture pour l’informer que son mouvement a décidé, avec « l’appui des hautes autorités allemandes, de prendre possession du local inoccupé situé au 22 place Malesherbes et loué à un juif anglais, M. Shapiro ». La permission est refusée par les autorités allemandes le .

Il fonde les groupuscules antisémites Rénovation nationale française (1941) et Alpha Galates en 1942, qui se prétend être un ordre de chevalerie ; Christian Doumergue indique que plusieurs de ses membres signataires sont décédés au moment où ils sont censés avoir signé leur adhésion[3]. Les grades de l’ordre Alpha Galates s’inspirent de l’ordre rosicrucien AMORC[5].

Cette dernière est une association déclarée à la préfecture de police de Paris qui soutient Philippe Pétain. Son bulletin mensuel de quatre pages, Vaincre — Pour une jeune chevalerie, n'est publié et distribué gratuitement qu'à six reprises entre et . Il y signe des articles sous le nom de « Pierre De France » ou « Pierre De France-Plantard ». Ses articles prennent position contre le matérialisme athée, et il s'en prend à la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État[3].

Vaincre, n°1 du 21 septembre 1942.

En 1943, il écrit à Pétain une lettre où il dénonce un complot judéo-maçonnique contre lui. Un rapport de police, daté du , décrit Plantard comme « un illuminé, un jeune homme prétentieux et sans grande formation intellectuelle », et, le , la préfecture et les autorités allemandes lui interdisent toute activité.

À la Libération, il essaie de faire passer ces organisations pour des groupes de résistance. Son dernier coup d’éclat se situe lors de la crise de mai 1958 lorsqu’il prétend être l’un des organisateurs des comités de salut public en métropole[6].

Des ennuis judiciaires amènent Plantard en prison de 1953 à 1954, provoquant la dissolution de son groupuscule.

L'action ésotérique

Pierre Plantard mène, durant toute sa vie, une action dans le domaine ésotérique. Il est toute sa vie fasciné par le mythe de l'Atlantide et celui d'Agartha[3]. Christian Doumergue rend compte, dans Le Secret dévoilé, à la fois du caractère falsificateur de Plantard et de la cohérence profonde de ses positions ésotériques durant toute sa vie : c'est « toujours la même histoire qu’il racontait, toujours le même rêve qui le hantait, celui d’une connaissance spirituelle primordiale occultée aux yeux de l’humanité, mais pouvant être retrouvée en certains sanctuaires souterrains connus des seuls initiés »[3].

Plantard aurait eu, avant et pendant la guerre, des contacts avec le milieu synarchiste de Saint-Yves d'Alveydre, notamment par l'entremise d'Israël Monti (Marcus Vella), alias Georges Monti (1885-1936)[7]. Ce sont sans doute ces premiers éléments qui l'ont poussé, en 1947, à rassembler les papiers légaux nécessaires à la création de l'Académie latine, organisation dont le but était la recherche historique. Mais il faut réellement attendre le milieu des années cinquante pour le voir répandre, dans les cercles catholiques, une version de son histoire personnelle qui accrédite son ascendance royale, Plantard se disant descendant de Dagobert II, Mérovingien et prétendant au trône de France.

Le , il est initié en franc-maçonnerie dans le Grand Orient de France par la loge « L'Avenir du Chablais » à Ambilly dont il est exclu en sur décision du conseil de l'ordre[3],[8].

En 1956, il fonde à Annemasse le Prieuré de Sion, dont André Bonhomme est président jusque 1973. Les statuts sont déposés à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois le . L'objectif de cette confrérie serait de rénover moralement l'Europe en réalisant l'unification du continent par la CEE et d'autres moyens plus complexes. Pour donner une preuve de ses propos, Plantard n'hésite pas, avec l'aide de son ami Philippe de Chérisey, à fabriquer et introduire anonymement, entre 1964 et 1967, à la Bibliothèque nationale de France, une série de documents sans preuves manuscrites vérifiées sous le nom des Dossiers secrets d'Henri Lobineau : parmi ceux-ci se trouve un document relatif au Prieuré de Sion.

Plantard revient en prison pour une affaire de détournement de mineurs en 1956. Une fois sorti, il déménage le Prieuré à Paris. Plantard se prétend à cette époque descendant du roi mérovingien Dagobert II, dernier monarque légitime de sa dynastie. Puis il récupère le mythe de Rennes-le-Château où existerait un trésor mérovingien comprenant des documents au contenu explosif. Il présente alors le Prieuré de Sion comme une société occulte défenderesse des droits des descendants des Mérovingiens ; il aurait été fondé par Godefroy de Bouillon et eu pour grands maîtres des alchimistes et occultistes célèbres.

Le Prieuré de Sion sort de son quasi-anonymat en 1967, lorsque Plantard fait écrire à Gérard de Sède, déjà auteur d'un livre sur l'histoire de Gisors (Les Templiers sont parmi nous, 1962), un livre basé sur certaines de ses propres productions demeurées confidentielles. De Sède publie en 1967 L'or de Rennes, avec qui il partage les droits d'auteur, à hauteur de 65 % pour lui, et 35 % pour de Sède[3]. Ce livre, fondé sur des sources souvent fabriquées par Plantard et Philippe de Chérisey, répand des idées fausses sur l'affaire de Rennes-le-Château et le trésor caché de l'abbé Saunière. En réalité, l'abbé Saunière n'aurait fait que du trafic de messes, comme l'attestent ses comptes et archives consultables au diocèse de Carcassonne. De Sède et le journaliste Chaumeil dénonceront les documents de Plantard comme des faux dans les années 1980[3].

En 1993, Pierre Plantard est interrogé par la justice dans le cadre de l'enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat, ancien ami de François Mitterrand. Plusieurs documents retrouvés chez lui le présentent comme étant le « vrai Roi de France »[9]. Plantard avoue son illégitimité de roi de France et reçoit le conseil de ne plus jouer avec la justice française[réf. nécessaire].

Il reste isolé de 1993 jusqu'à sa mort, le  ; l'annonce n'en est faite que le de la même année, mais en indiquant une date de décès au [10]. Ses restes ont été incinérés.

Influences

  • En 1982, trois auteurs anglais, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, ont écrit L'Énigme sacrée, puis Le Message, où ils ont transcrit plusieurs entrevues avec Pierre Plantard.
  • Dans le jeu vidéo d'aventure Les Chevaliers de Baphomet, sorti en 1996, un homme nommé Plantard se fait assassiner dans l'introduction. Un personnage secondaire porte également le nom de Lobineau.
  • En 2003, Dan Brown s'est explicitement référé au Prieuré de Sion dans son ouvrage Da Vinci Code. Il en fait une de ses sources historiques et mentionne Pierre Plantard.
  • En 2005, Jean-Jacques Bedu publie Les Sources secrètes du Da Vinci Code, où il parle d'une conversation téléphonique qu'il a eue avec M. Plantard.

Bibliographie

  • Richard Bordes, "Les Mérovingiens à Rennes-le-Château, mythe ou réalité", Philippe Schrauben éditeur, 1984.
  • Alexandre Adler, Sociétés secrètes : de Léonard de Vinci à Rennes-le-Château, Paris, Bernard Grasset, , 318 p. (ISBN 9782246724018).
  • Michael Hesemann, Jean-Baptiste Valette, Les points noirs de l'histoire de l'Eglise, Artèges, 2017
  • Raoul de Warren et Aymon de Lestrange, Les prétendants au trône de France, L'Herne, Paris, plusieurs rééditions.
  • Christian Doumergue, Le secret Dévoilé, Éditions de l'Opportun, 2013
  • Christian Doumergue et Thierry E. Garnier, Le Prieuré de Sion, Éditions Arqa, 2012
  • Jean-Pierre Garcia, Rennes-le-Château : Le Secret dans l'Art ou l'Art du Secret, 2008 (ISBN 978-2-9530184-0-0)
  • Tony Baillargeat, Arsène Lupin : À propos de l'E(s)toile, Éditions La Compagnie Littéraire, 2013[11]
  • Arnaud de l'Estoile, Pierre Plantard, coll. Qui suis-je ?, Éditions Pardès, 2014 (ISBN 978-2867144745)
  • Geneviève Béduneau, Qui êtes-vous monsieur Plantard ?, Éditions Dervy, 2019 (ISBN 979-1024205366)

Notes et références

Voir aussi

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