Pierre de Porcaro
prêtre catholique de Versailles mort en camp de concentration
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Pierre de Porcaro, né le à Dinan (Côtes-du-Nord) et mort le au camp de concentration de Dachau, est un prêtre catholique français du diocèse de Versailles. Quatrième d'une famille de cinq enfants, il est le fils d'Edmond de Porcaro et de Marthe du Hamel de Canchy[1].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Pierre Marie de Porcaro |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Prêtre catholique (à partir de ), résistant, enseignant |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Nom en religion |
Abbé Pierre de Porcaro |
| Étape de canonisation | |
| Conflit | |
| Lieux de détention |
Stalag V-A, Stalag IX-B (en), camp de concentration de Dachau |
| Distinction |
Il est l'une des cinquante victimes du décret de persécution du Troisième Reich du . Ce décret fut porté par Ernst Kaltenbrunner, chef de la Gestapo, contre l'activité de l'action catholique française au sein des travailleurs civils français dans le Reich[2]. Le , le pape Léon XIV a signé à Rome un décret reconnaissant le martyre de ces cinquante victimes[3], présentés comme des martyrs de l'apostolat, ouvrant donc la voie à leur béatification. Celle-ci a eu lieu le en la cathédrale Notre-Dame de Paris[4].
Biographie
La famille de Porcaro est, depuis le XVe siècle, originaire de la paroisse de Porcaro, dans le département du Morbihan[5]. Ses armes portent de gueules au héron d'argent becqué et membré de sable[6]. Elle compte dans ses rangs un zouave pontifical et une fille de la charité de Saint-Vincent-de-Paul. Le premier auteur recensé de cette famille bretonne est Jean de Porcaro, maintenu noble en Bretagne, le . S'ensuit une nombreuse postérité.
L'abbé Pierre de Porcaro est né le à Dinan. Il est le fils d'Edmond-Marie de Porcaro, né le , à Saint-Jouan-des-Guérets, chef d'escadrons de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, et de son épouse née Marthe du Hamel de Canchy, née le , fille du général Arthur du Hamel de Canchy, commandeur de la Légion d'honneur et de Louise-Gabrielle Mallet de Chauny. Pierre de Porcaro a trois frères, Jean, Yves (qui sera à son tour ordonné prêtre) et André et une sœur, Louise, née à Vesoul le .
Entré au grand séminaire de Versailles en 1923, Pierre de Porcaro est ordonné prêtre en 1929. Puis il exerce les fonctions de professeur au petit séminaire de Versailles (aujourd'hui Lycée privé Notre-Dame du Grandchamp), avant de devenir vicaire à la paroisse Saint-Germain de Saint-Germain-en-Laye en 1935. Il est mobilisé en et fait prisonnier dans les Vosges avec son unité le . En captivité à Colmar avec 8 000 soldats français, il célèbre chaque jour la messe, puis il est transféré au Stalag V-A au nord-est de Stuttgart. Parmi des soldats bretons, il est muté enfin au stalag IX B, près de Bard-Orb. Libéré le en tant qu’aumônier militaire, il rejoint la paroisse de Saint-Germain-en-Laye.
Le , l'abbé Rodhain s'adresse aux évêques au nom du cardinal Suhard pour inviter les prêtres français à rejoindre en Allemagne les ouvriers français du Service du travail obligatoire, car écrit-il, « il n'est pas possible de laisser des centaines de milliers de travailleurs sans prêtres ». Il ajoute que « le clergé n'hésitera pas à prendre sa part de la charge qui pèse sur la classe ouvrière ». Dans ce but, un service d'aumônerie efficace est créé et confié à des prêtres français[7].
En , les évêques de France permettent à vingt-cinq prêtres de partir clandestinement comme prêtres ouvriers en Allemagne. Mgr Roland-Gosselin, son évêque, lui avait expressément demandé s'il voulait bien partir en Allemagne comme aumônier clandestin STO. L'abbé Pierre de Porcaro part un mois plus tard, le , pour Dresde : il exerce son apostolat auprès des ouvriers français, dans une usine de cartons ondulés et y organise une section de la Jeunesse ouvrière chrétienne[8]. Mais, victime d'un accident du travail[9], il est rapatrié en France le . Dès , en Allemagne, des mesures contre l'action catholique se mirent en place. Puis à partir d', les arrestations des responsables jocistes et de l'aumônerie clandestine en Allemagne commencent, à la suite du décret de Kaltenbrunner du , contre « l'action catholique auprès des travailleurs forcés sur le territoire de l'Allemagne nazie ». Pierre de Porcaro repart néanmoins en sachant ce qu'il risquait.

L'abbé Pierre de Porcaro retourne à Dresde, dans l'usine de cartons ondulés, le pour y poursuivre son apostolat auprès des ouvriers français. Il est dénoncé par un ouvrier français à la Gestapo et il est arrêté le avec le séminariste Évode Beaucamp[10]. Retenu en prison à Dresde, il est envoyé au camp de concentration de Dachau dans la seconde quinzaine de . Il y rencontre le père Michel Riquet, qui occupe comme lui la baraque 21. Il reçoit le numéro matricule 138 374[11]. Il exerce son ministère auprès de ses camarades déportés. Mais malade et épuisé, il meurt du typhus le [12].
L'hommage que rend le père Edmond Cleton du diocèse de Lille à l'abbé de Porcaro, mort le dans les bras de l'abbé Beauvais, témoigne de sa sainteté et de sa conviction de demeurer accompagné par Dieu au cœur de la souffrance : « L'abbé de Porcaro, l'un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d'entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galères, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l'espoir du ciel »[13].
Procédure de béatification
Convaincu de la force de l'exemple de l'abbé Pierre de Porcaro, l'évêque Éric Aumonier a placé le séminaire de Versailles sous son patronage. Il soutient sa cause en béatification auprès du Saint-Siège.
Le , 80 ans après sa mort, cette cause de béatification aboutit puisque le pape Léon XIV signe au Vatican le décret reconnaissant le martyre de cinquante Français[14],[15], dont Pierre de Porcaro. Celle-ci a lieu le samedi à 14h30 à Notre-Dame de Paris[16]. Cette béatification collective est la plus importante célébration de ce type jamais organisée en France.
La «baraque des prêtres» à Dachau
« De 1938 à 1945, 2720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, près de Munich. Regroupés dans des blocks spécifiques - qui conserveront pour l'Histoire le nom de « baraques des prêtres » - 1034 d'entre eux y laisseront la vie. Près de 70 ans après sa libération, le camp de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde »[17].
«Prêtre clandestin volontaire»
En , à l'occasion du 80e anniversaire de sa mort, les éditions Plein Vent (du groupe Elidia) en partenariat avec le diocèse de Versailles publient une bande dessinée intitulée « Pierre de Porcaro, prêtre clandestin volontaire »[18]. Le scénario est écrit par le Père Pierre Amar, les illustrations sont de Venzac.