Pinara (Lycie)
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Pinara (lycien : 𐊓𐊆𐊍𐊍𐊁𐊑𐊏𐊆 Pilleñni, probablement de l'adjectif «rond»; grec moderne : τὰ Πίναρα, anciennement Artymnesus ou Artymnesos selon un récit) était une grande ville de l'ancienne Lycie au pied du mont Cragus (aujourd'hui mont Babadağ), non loin de la rive ouest de la rivière Xanthos, homonyme de l'ancienne ville de Xanthos (de nos jours Eşen Çayı).
Les vestiges de plusieurs temples antiques y sont visibles, ainsi que des tombes rupestres comprenant une "tombe royale", une acropole supérieure et une acropole inférieure, un théâtre, un odeon, une agora et une église. Le nom de Pinara a été assimilé au nom du village actuel de Minare, à une demi-heure en contrebas du site, qui dépend du district de Fethiye dans la province de Muğla, en Turquie.
Le culte de Pandarus, héros lycien de la guerre de Troie, y était célébré, ce qui a conduit certaines sources à conclure qu'il était originaire de la ville[1].
Selon l'Histoire lycienne de Ménécrate d'Éphèse, citée par Étienne de Byzance[2][3], la ville était une colonie de Xanthos et son nom original serait Artymnesos (grec ancien : Ἀρτύμνησος). Ce nom serait antérieur au nom lycien de Pinara, dérivé de la forme Pilleñni ou Pinale signifiant une « colline ronde » ou simplement « ronde »[2], ceci basé sur une hypothèse d'échange de consonnes liquides[réf. nécessaire]. La ville est en effet située sur une masse arrondie de roche; de plus, un rocher plus ou moins circulaire domine les ruines. Une autre source, Panyassis, mentionne également un fondateur éponyme du nom de Pinaros, fils de Tremiles ou Termilus; ce récit n'est toutefois considéré par certaines sources comme pas plus étayé que les autres hypothèses concernant la préséance des noms[réf. nécessaire].
Histoire
La ville est brièvement mentionnée au IVe siècle av. J.-C. pour l'aide qu'elle fournit, avec plusieurs autres villes lyciennes, à Pixodaros, satrape de Carie de la dynastie des Hécatomnides. D'après ses vastes et belles ruines, elle a eu une certaine importance bien qu'elle ne soit que rarement mentionnée par les écrivains antiques: d'après Strabon, c'était l'une des plus grandes de Lycie, et sa principale ville portuaire jusqu'à ce que le port soit ensablé pour former les zones humides remplies de roseaux, visibles aujourd'hui[2].

Pinara était membre de la Ligue lycienne, dans laquelle elle détenait trois voix. La ville se soumet à Alexandre le Grand en 334 av. J.-C.. La Lycie est ensuite disputée entre les Lagides, les Séleucides et la république de Rhodes avant d'être cédée au royaume de Pergame. Pinara devient une ville romaine lorsque Pergame est léguée par son dernier roi Attale III à la République romaine en 133 av. J.-C.. La ville connaît la prospérité pendant la domination romaine, mais est gravement endommagée par les tremblements de terre en 141 et 240. Lors du premier de ces séismes, elle reçoit une contribution du riche évergète Opramoas (en) de Rhodiapolis pour la réparation des bâtiments publics[réf. nécessaire].

Pinara a été christianisée tôt. Cinq évêques sont connus: Eustache, qui signe la formule d'Acace de Césarée au concile de Séleucie en 359; Héliodore, qui signe la lettre des évêques de Lycie à l'empereur Léon Ier le Thrace en 458; Zénas, présent au concile in Trullo en 692; Théodore, au deuxième concile de Nicée en 787; Athanase, au synode qui a rétabli le patriarche Photius de Constantinople en 879. Pinara est le lieu de naissance de l'évêque Nicolas de Myre (saint Nicolas)[réf. nécessaire]. Sous la pression répétée d'invasions, la ville est désertée par ses habitants au IXe siècle[4].
