Place de la Rougemare

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La place de la Rougemare est une voie publique de la commune française de Rouen.

Cette place arborée est située dans le quartier Beauvoisine près du lycée Corneille, sur l’axe menant de la Croix-de-Pierre à la tour Jeanne-d'Arc. Une station de vélos en libre-service Lovélo y est présente.

Odonymie

Cette place porte le nom d'un lieu-dit[1].

Il s'agit d'un des nombreux lieux médiévaux en -mare caractéristiques de la Normandie et notamment de sa partie orientale[2] ; du normand mare « étendue d'eau, étang, petit lac » cf. la Grand-Mare de Sainte-Opportune-la-Mare (43 ha.), mot d'origine scandinave[3] ou anglo-scandinave (cf. toponymes anglais en -mere). Ce terme est passé en français standard à la fin du Moyen Âge au sens actuel de « petite étendue d'eau stagnante de faible profondeur » → « grande flaque (d'eau, de sang, etc.) ». Le premier élément Rouge- représente le français rouge, l'antéposition des adjectifs de couleurs étant l'indice d'une influence syntaxique germanique (y compris anglo-scandinave en Normandie) sur le gallo-roman, elle subsiste aujourd'hui en français dans des formules poétiques : les vertes vallées, tes blanches mains, etc. et dans les dialectes comme en cotentinois eun neir cat ou en wallon èn noer tchèt « un chat noir ». Contrairement au cas du Robec (Rodobech vers 1020, Rodhebec 1024) dont le premier élément Ro- représente le vieux norrois rauðr « rouge », la Rougemare utilise l'adjectif roman.

Homonymie avec Rougemare (Saint-Martin-au-Bosc, Rougemare 1660) ; Rougemare ( Pierrefiques, Rougemare 1953) ; Rougemare (Landes-Vieilles-et-Neuves, Rougemare 1715) ; etc.[1]

Historique

Le théâtre de la Rougemare.

Une coalition, composée des armées d’Othon, roi de Francie orientale, Louis IV d'Outremer, roi de Francie occidentale et Arnould, comte de Flandres, met le siège devant Rouen, afin de contrecarrer l'union du duc de Normandie, Richard Ier de Normandie, avec le duc des Francs, Hugues le Grand[4]. En 949, le duc Richard Ier, sorti par la porte Beauvoisine, fait subir une cuisante défaite à ses ennemis.

Au milieu du XIIIe siècle, le champ ou pré de la Rougemare, appelé la Rougemare de Péracle par Rondeaux de Sétry, se trouve incorporé dans l’enceinte de la ville de Rouen, quand la porte Beauvoisine est déplacée jusqu'en haut de la rue du même nom[5].

En 1450, la place devient un marché aux chevaux, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle[6].

Un ancien jeu de paume, situé autour de la place, accueille en 1676 le prieuré Saint-Louis, communauté bénédictine. Une chapelle y est construite, classée monument historique en 1957[7], qui accueille de nos jours le théâtre de la Rougemare[8].

La place de la Rougemare est renommée de 1794 à 1795 place de la Révolution. En 1830, cette place accueille le marché au beurre et aux œufs[9].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Un certain nombre de constructions autour de la place, par leur qualité architecturale, font partie de l’inventaire général du patrimoine culturel : aux numéros 4[10], 8[11], 12[12], 16[13] et 18[14].

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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