Plan Freycinet

programme français de travaux ferroviaires lancé en 1879 From Wikipedia, the free encyclopedia

Le plan Freycinet est un programme français de travaux publics lancé en 1879 par le ministre des travaux publics Charles de Freycinet. Il prévoit principalement la construction de chemins de fer, mais aussi de canaux et d'installations portuaires, pour un budget initial de 4,5 milliards de francs[a].

Historique

Réseau ferré en 1870.
Réseau ferré en 1910.

[2], Freycinet, proche de Gambetta, organise entre celui-ci et Léon Say, ministre des Finances, une réunion afin de préparer le terrain politique. Une première loi est votée le 18 mai 1878, créant un réseau d'État à travers le rachat de plusieurs compagnies.

Le [3], un rapport est rendu public. L'objectif majeur du plan Freycinet est de donner accès au chemin de fer à tous les Français, de favoriser le développement économique et de désenclaver les régions reculées. Il est officialisé par la loi n° 8168 du 17 juillet 1879[4].

Le plan prévoit la construction d'un réseau de 18 148 km comprenant :

Davantage d’informations Type de lignes, Longueur prévue ...
Type de lignesLongueur prévueLongueur réalisée%
Lignes principales (voie normale)9 470 km9 468 km99,9%
Lignes secondaires (voie métrique)8 678 km8 170 km94,2%
Total18 148 km17 638 km97,2%
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Leur construction peut être assurée :

Selon Freycinet, toutes les sous-préfectures (300) doivent être reliées au réseau et 80% des chefs-lieux de canton (environ 1 800 sur 2 250)[5].

En 1879, Freycinet devient président du conseil. Il choisit Henri Varroy pour lui succéder aux travaux publics. Varroy s'adjoint l'ingénieur Sadi Carnot en 1880, puis Alfred Picard comme directeur des chemins de fer en 1882[3].

La réalisation du plan Freycinet dura jusqu'en 1914 tandis que 97,2% du programme fut réalisé[6]. Cependant, 1 247 chefs-lieux de canton (55%) ne furent desservis que par des petits tortillards à voie métrique de qualité médiocre[7]

6 725 milliardfrc (équivalent à 3,7% du PIB annuel) furent dépensés[8], représentant la plus grande relance keynésienne avant l'heure.

Classement des lignes ferroviaires

Les 181 lignes ci-après sont numérotées et désignées conformément à la loi du 17 juillet 1879[9],[10], pour un total de 8 848 km.

  • La première liste proposée par Freycinet début 1878 comportait 154 lignes nouvelles et 53 lignes déjà concédées mais au titre de l’intérêt local, et que cette liste fut longuement discutée tant en Commission qu’à la chambre des Députés et au Sénat.
  • 94 lignes, totalisant 4 152 km, ont fait l'objet d’amendements renvoyés pour étude au Ministre des Travaux publics et n’ont pas été inscrites dans la loi.
Davantage d’informations Région, Lignes ...
Répartition régionale des 181 lignes (1879)
RégionLignesLongueur (km)%
Nord-Est281 85621,0%
Centre-Est321 74219,7%
Ouest411 68919,1%
Sud-Est271 42316,1%
Sud-Ouest291 09812,4%
Bretagne1889210,1%
Corse32843,2%
Total1818 848100%
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Écluses des canaux

À l'époque les sas d'écluse sont de toutes tailles, dont certains trop étroits et/ou trop peu profonds pour les bateaux marchands. Les marchandises doivent souvent changer de bateau pour passer les écluses. Les écluses des principaux canaux français sont modifiées le cas échéant pour s'adapter au gabarit standard choisi, dit gabarit Freycinet : bateaux de 38,50 m de long (sans le gouvernail) pour 5,05 m de large, ce qui donne une largeur de sas d'écluse de 5,20 m ; la profondeur d’eau doit être de 2 m et la hauteur libre sous les ponts 3,70 m [11].

Le canal de Bourgogne voit toutes ses écluses agrandies et tous ses ponts rehaussés. Le canal du Centre, le plus ancien et qui connaît le plus fort développement, a son aspect complètement transformé : les courbes du tracé sont coupées, des écluses sont supprimées. À cette époque le canal du Nivernais n’est déjà plus classé comme ligne principale et n'est l'objet que de modifications partielles[11].

D'autres types d'aménagement sont réalisés, comme l'usine électrique de Fay-aux-Loges qui pompe l'eau de la Loire et du Loing pour approvisionner le canal d'Orléans.

Motivations

Outre des considérations économiques, le plan avait un objectif politique : promouvoir la Troisième République auprès du monde rural, souvent hostile au nouveau régime[12].

Les critiques énoncées sur le Plan Freycinet et ses modérations

D'après certains analystes, le plan Freycinet occasionna d’importantes nuisances et se révélera une des causes des difficultés que l’industrie française rencontra à la fin du XIXe siècle dans la compétition économique internationale.

Albert Broder, professeur d'Histoire à l'université Paris-XII , explique : « La forte demande suscitée par le plan Freycinet, et que les industriels [français] ont du mal à satisfaire, semble avoir été à l'origine d'un abandon, sans doute considéré temporaire, des marchés extérieurs jugés moins rémunérateurs par les industriels, ces derniers confiants en des carnets de commandes remplis à des niveaux plus que satisfaisants. Leur confiance dans l'avenir suscite des investissements tout au long de la filière, de la construction de hauts fourneaux à la production de tôles et de rails d'acier. Politique contre-cyclique au moment où le marché international est en plein marasme (…). La crise que connaissent les industries métallurgiques, à la suite de l'abandon des grands travaux et devant la récession qui se généralise, ne se traduit pas par une plus grande pugnacité à l'extérieur. Fragilisées par des investissements qu'elles ne peuvent rapidement amortir, les entreprises manquent de la trésorerie nécessaire[13] ».

La critique interne de cette appréciation soulève plusieurs questions : peut-on reprocher vraiment au Plan Freycinet d'ouvrir un marché intérieur à l'époque où les marchés extérieurs sont jugés moins rémunérateurs[14] ? Faut-il attribuer au Plan le marasme consécutif précisément à son abandon ? Peut-on critiquer globalement la réelle prospérité née de ce Plan[b] ? Par ailleurs, n'est-il pas souhaitable de relever la part de l'idéologie dans les critiques énoncées au paragraphe précédent[15] ?

Notes et références

Voir aussi

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