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Planisphère de Cantino

plus ancienne carte représentant les premières découvertes en Amérique From Wikipedia, the free encyclopedia

Le planisphère de Cantino est la plus ancienne carte représentant les découvertes castillanes et portugaises des années 1492-1500.

Le planisphère de Cantino.


Son nom vient de celui d’Alberto Cantino, représentant et espion du duc de Ferrare à Lisbonne, qui réussit en 1502 à le sortir clandestinement du Portugal pour l'apporter en Italie.

Il est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Estende à Modène (Italie).

Contexte

Les découvertes des années 1492-1500

Le planisphère de Cantino est réalisé dans le contexte de l'expansion maritime des royaumes de Portugal et de Castille à la fin du XVe siècle. Les voyages entrepris sous l'impulsion de Jean II puis de Manuel Ier de Portugal, ainsi que ceux commandités par les souverains espagnols, ont profondément renouvelé les connaissances géographiques européennes.

À partir du voyage de Christophe Colomb en 1492, les expéditions castillanes apportent des informations nouvelles sur les Antilles et les côtes du continent américain. Du côté portugais, le voyage de Vasco de Gama vers l'Inde par le cap de Bonne-Espérance en 1497-1499 ouvre une nouvelle route maritime entre l'Europe et l'océan Indien. En 1500, l'expédition de Pedro Álvares Cabral atteint la côte du Brésil, tandis que les voyages de Gaspar Corte-Real et de Miguel Corte-Real apportent de nouvelles informations sur les régions de l'Atlantique Nord.

Ces découvertes se produisent alors que les puissances ibériques cherchent à établir leurs droits sur les territoires nouvellement atteints et à contrôler les routes maritimes et commerciales qui y conduisent. Le traité de Tordesillas, conclu en 1494 entre la Castille et le Portugal, fixe à cette fin une ligne de démarcation destinée à répartir entre les deux couronnes les zones d'exploration et de conquête situées hors d'Europe.

À la fin du XVe siècle, les connaissances géographiques européennes sont ainsi en pleine transformation. Les cartes doivent intégrer des littoraux, des îles et des routes maritimes dont l'existence était encore inconnue quelques années auparavant. Le planisphère de Cantino constitue l'une des premières synthèses cartographiques de ces informations nouvelles.

Problème de la diffusion des résultats de ces découvertes

Les informations rapportées par les navigateurs portugais et castillans présentent une importance non seulement scientifique, mais également politique, militaire et commerciale. La connaissance des routes maritimes, des côtes, des ports et des territoires nouvellement atteints peut procurer un avantage considérable dans la compétition entre les puissances européennes et dans le contrôle du commerce maritime. Les informations cartographiques les plus récentes sont donc en partie considérées comme des informations stratégiques et leur circulation est limitée.

Au Portugal, la Casa da Índia à Lisbonne joue un rôle central dans l'administration des entreprises maritimes et commerciales de la monarchie. Les cartes servant à consigner les découvertes et à préparer les navigations constituent dès lors des documents de grande valeur. La cartographie portugaise est notamment alimentée par les observations rapportées par les navigateurs et les pilotes des expéditions successives.

Dans ce contexte, les autres puissances et les milieux commerciaux italiens cherchent à obtenir les informations nouvelles détenues par les Portugais et les Castillans. Alberto Cantino, représentant du duc de Ferrare Hercule Ier d'Este à Lisbonne, est chargé de recueillir des renseignements sur les activités maritimes et commerciales portugaises. Il parvient en 1502 à faire réaliser ou à obtenir clandestinement une copie d'une carte portugaise particulièrement détaillée, qui est ensuite envoyée en Italie.

Le planisphère qui porte son nom témoigne ainsi de la valeur stratégique attribuée aux informations géographiques au début du XVIe siècle. Il constitue notamment l'un des premiers documents cartographiques conservés permettant de visualiser, de manière relativement détaillée, l'état des connaissances européennes sur les nouvelles terres atteintes dans l'Atlantique et sur les routes maritimes portugaises vers l'Afrique et l'Asie.

La réalisation du planisphère intervient quelques années seulement après les premiers voyages de Christophe Colomb, de Vasco de Gama et de Pedro Álvares Cabral. Certaines informations qu'il contient sont donc encore fragmentaires ou incertaines, tandis que d'autres correspondent à des données recueillies lors d'expéditions très récentes. Cette combinaison d'informations nouvelles, parfois incomplètes, explique le caractère encore partiellement discontinu de la représentation des Amériques.

Le document

Le planisphère de Cantino est un manuscrit cartographique réalisé au Portugal vers 1502 par un auteur demeuré anonyme. Il est conservé à la Bibliothèque Estense de Modène, sous la cote C.G.A.2. La carte est dessinée à l'encre et à la peinture sur du vélin, matériau traditionnellement utilisé pour les cartes nautiques manuscrites de cette période[1],[2].

Support et dimensions

Sous sa forme actuelle, le planisphère mesure environ 218 × 102 cm. Les dimensions sont parfois données sous la forme 220 × 105 cm, selon les sources et les méthodes de mesure[3],[2].

La carte est constituée de plusieurs éléments de vélin assemblés pour former une seule grande surface. La Bibliothèque Estense et plusieurs institutions patrimoniales la décrivent comme un manuscrit sur trois feuilles de vélin assemblées, tandis que certains travaux de cartographie historique décrivent six feuilles ou pièces de vélin. Cette différence semble notamment tenir à la manière de compter les éléments constitutifs du support[4],[2].

Le choix du vélin et le format monumental rapprochent le planisphère des grandes cartes nautiques manuscrites de la Méditerranée et de la péninsule Ibérique. Sa taille est très supérieure à celle d'une carte destinée à être manipulée individuellement au cours d'une navigation ordinaire et permettait de présenter simultanément une vaste portion du monde connu, ainsi que de nombreuses inscriptions et représentations figurées[5].

Une carte manuscrite richement enluminée

Le planisphère est exécuté à l'encre et à la peinture et présente un décor particulièrement élaboré. Les continents et les îles sont accompagnés de nombreux toponymes, inscriptions, pavillons, représentations de villes et éléments figuratifs. Des arbres, des animaux et des paysages sont notamment employés pour caractériser certaines régions nouvellement décrites par les navigateurs européens[3].

Cette abondance décorative distingue le planisphère de Cantino de nombreuses cartes nautiques destinées avant tout à la navigation. Son exécution associe ainsi les fonctions d'une carte nautique à celles d'un document destiné à être consulté et représenté dans un contexte de cour. Le planisphère comporte notamment une grande rose des vents centrale placée sur l'Afrique, accompagnée de nombreuses roses des vents secondaires. L'ensemble est complété par un réseau de lignes de loxodromie caractéristiques de la tradition des portulans.[3],[5]

Les inscriptions ont été exécutées dans plusieurs styles d'écriture. Certaines sont en portugais et d'autres en italien, et leur disposition varie selon les régions représentées. L'existence de différentes écritures et l'ajout de renseignements à des moments différents ont conduit les chercheurs à envisager l'intervention de plusieurs mains dans la réalisation ou la mise à jour du document[3].

Une carte nautique à l'échelle du monde

Malgré son appellation de « planisphère », le document appartient à la tradition des cartes nautiques de type portulan. Il accorde une importance particulière aux littoraux, aux îles, aux ports et aux routes maritimes plutôt qu'à une représentation uniforme des surfaces continentales. Les côtes européennes et africaines y sont représentées avec un degré de précision nettement supérieur à celui des régions américaines encore récemment explorées[5],[2].

La représentation de l'Afrique constitue l'une des caractéristiques majeures du document. Son contour est particulièrement détaillé et présente une précision remarquable pour une carte de 1502. Une analyse cartométrique moderne montre toutefois que la représentation de l'Afrique résulte de l'assemblage de plusieurs cartes régionales, présentant des échelles et des orientations différentes. Le planisphère ne doit donc pas être considéré comme une projection géométrique homogène au sens moderne du terme[2].

Les parties nouvellement explorées de l'Atlantique présentent en revanche une représentation beaucoup plus fragmentaire. Le document juxtapose ainsi des informations de provenances et de degrés de précision différents : des régions déjà bien connues des navigateurs européens, notamment en Europe et en Afrique, côtoient les littoraux américains dont la connaissance vient tout juste de progresser[2].

Une représentation encore en cours de mise à jour

Le planisphère porte les traces de l'actualisation rapide des connaissances géographiques au début du XVIe siècle. Certaines parties ont été modifiées ou complétées afin d'intégrer des informations issues de voyages très récents.

La côte orientale du Brésil présente notamment une particularité matérielle remarquable : une bande de vélin a été ajoutée sur une partie du tracé initial afin de modifier le dessin du littoral. Cette intervention est généralement interprétée comme une correction effectuée pour tenir compte d'informations nouvelles concernant la côte brésilienne et sa position par rapport à la ligne de démarcation entre les domaines castillan et portugais[6].

Le document constitue ainsi moins une représentation figée du monde qu'une synthèse de connaissances géographiques récemment acquises et encore susceptibles d'être corrigées. Cette caractéristique explique la coexistence, sur une même carte, de portions de côtes très précisément représentées et d'autres qui demeurent incomplètes ou géographiquement incertaines[2].

La mention portée au verso

Au verso du planisphère figure une inscription en italien identifiant le document comme une carte nautique et mentionnant son don par Alberto Cantino au duc de Ferrare :

« Carta da navigar per le Isole nouam[en]te tr[ovate] in le parte de l'India: dono Alberto Cantino al S. Duca Hercole. »

Cette mention constitue l'une des principales raisons pour lesquelles le document est aujourd'hui désigné sous le nom de « planisphère de Cantino » ou de « carte de Cantino ». Elle ne constitue toutefois pas la signature de son auteur : le cartographe ayant exécuté la carte demeure anonyme[3].

État de conservation et transformations ultérieures

Le document ne possède plus aujourd'hui de bordure ni de marges. Des études ont relevé des indices laissant penser que le planisphère a été rogné, probablement à une époque postérieure à sa réalisation. Une inscription située au nord du Groenland paraît notamment incomplète, ce qui pourrait témoigner de la disparition d'une partie de la surface originale[3].

Cette absence de bordure rend impossible de déterminer avec certitude l'aspect originel de la carte sur ses quatre côtés. Les dimensions actuellement conservées ne correspondent donc pas nécessairement exactement à celles du document tel qu'il se présentait au début du XVIe siècle[3].

Le planisphère a néanmoins conservé une grande partie de ses éléments graphiques et décoratifs. Il constitue aujourd'hui l'un des documents cartographiques manuscrits les plus importants conservés par la Biblioteca Estense et une source majeure pour l'étude de la cartographie portugaise et européenne au début du XVIe siècle[1].

Histoire du planisphère de Cantino

Le planisphère est réalisé à Lisbonne en 1502, dans le contexte de la volonté de la monarchie portugaise de contrôler la diffusion des informations géographiques rapportées par ses expéditions. Il est généralement considéré comme étroitement lié au Padrón Real, carte maîtresse de la cartographie portugaise, régulièrement mise à jour à partir des nouvelles découvertes. Une hypothèse ancienne, longtemps reprise dans l'historiographie, veut que le planisphère de Cantino soit une copie clandestine de ce modèle officiel, conservé dans les services cartographiques de la Casa da Índia[3].

Selon cette interprétation, Cantino aurait fait reproduire le modèle portugais par un cartographe portugais qu'il aurait soudoyé. Cette hypothèse est toutefois discutée. L'historienne Alida C. Metcalf souligne notamment que rien ne permet d'établir historiquement qu'une telle commande ait été passée auprès d'un cartographe officiel, et que les nombreuses erreurs et particularités du planisphère s'accordent mal avec l'idée d'une copie soigneuse du modèle royal. Elle propose plutôt qu'Alberto Cantino ait commandé directement une carte du monde à un cartographe travaillant à Lisbonne, et avance le nom de Pedro Reinel comme possible auteur, sans que cette attribution puisse être considérée comme établie[3].

Des travaux plus récents confirment cependant l'existence d'un lien étroit entre le planisphère de Cantino et le Padrão Real. L'analyse comparative des cartes portugaises du début du XVIe siècle conduit notamment à considérer que le Cantino reflète l'état du Padrão Real vers 1502, tandis que des cartes postérieures peuvent dériver d'une version ultérieure de ce modèle. Le planisphère peut ainsi être considéré comme un témoin de la cartographie portugaise officielle de cette période, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il constitue une copie directe du Padrão Real lui-même[7].

La date de réalisation du planisphère peut être resserrée autour de 1502. Dans une lettre datée du , Alberto Cantino informe son destinataire de l'acquisition d'une carte portugaise rassemblant les nouvelles découvertes et de son acheminement vers l'Italie. Des travaux historiques situent l'arrivée de la carte à Gênes en novembre 1502[8],[7].

Le contenu même du planisphère permet également de préciser sa date. Il mentionne la disparition de Gaspar Corte-Real, survenue en 1501, et contient des informations qui ne pouvaient être connues à Lisbonne avant le retour de la flotte de João da Nova en septembre 1502. La carte doit donc avoir été réalisée après l'acquisition de ces informations, tout en ayant été achevée avant son envoi à son destinataire italien en novembre 1502[9].

Alberto Cantino fait ensuite parvenir le planisphère en Italie pour le compte d'Hercule Ier d'Este, duc de Ferrare. La carte entre ainsi dans les collections de la maison d'Este, où elle demeure jusqu'à son transfert ultérieur à Modène. Elle est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque Estense[10].

Contenu

Détail montrant les Amériques. Inscription: "Porto Seguro: a Vera crus chamada per nome aquall achou pedralvares cabrall fidalgo da cassa del Rey de portugall e elle a descobrio indo por capitan moor de quatorze naos que a dito rey mandava a caliqut y en el caminho Indo topou com esta terra accui aqual terra se cree ser terra firme em aqual a muyta gente de discricam andam nuos omes & molheres como suas mais os pario sam mais brancos que bacos e teem os cabellos muyto corredios: foy descoberta esta dita terra em aera de [mil] quinhentos."

Écritures

Il porte la mention (en italien) : Carta da navigar per le Isole nouam tr[ovate] in le parte de l'India: dono Alberto Cantino al S. Duca Hercole (« Carte nautique des îles nouvellement trouvées dans la région de l'Inde : donnée par Alberto Cantino au seigneur duc Hercule »).

Les inscriptions mélangent des lettres gothiques et cursives, en rouge et en noir, ce qui suggère la participation de plusieurs auteurs, ou l'ajout de notes après l'exécution de la carte.

Certaines de ces notes proviennent peut-être d'Amerigo Vespucci, qui aurait été interrogé à son retour de voyage[11].

Symboles cartographiques

Les continents et les grandes îles sont représentés en vert, les petites îles en rouge ou en bleu.

Des drapeaux indiquent de qui relèvent les territoires mentionnés, on trouve ainsi un drapeau castillan près de Maracaibo.

L'équateur est représenté par une ligne dorée épaisse, et la ligne de démarcation définie par le traité de Tordesillas par une ligne bleue épaisse.

Les tropiques et le cercle polaire arctique correspondent à des lignes rouges fines.

De nombreuses routes loxodromiques et roses des vents apparentent cette carte à un portulan.

Contenu cartographique

Le Brésil

La carte présente en particulier une partie de la côte brésilienne, découverte en 1500 par l'explorateur Pedro Álvares Cabral, qui avait alors correctement émis l'hypothèse qu'il était arrivé sur un nouveau continent, puis explorée par Gonçalo Coelho et Amerigo Vespucci. Elle est représentée avec de grands arbres verts et dorés, des petits arbres ou buissons bleus, et des perroquets à dominante rouge.

Cette côte a été retouchée en apposant une bande de parchemin sur la carte, qui modifie les contours entre l'est du Golfo fremosso et un point situé juste au sud du Rio de sã Franc°, ce dernier terme faisant partie de l'ajout. Selon E. Roukema, la construction de la côte brésilienne s'est faite en trois étapes : d'abord, lors du voyage de Cabral, ensuite, lors de celui d'Affonso Gonçalves, enfin, lors de celui de João da Nova.

L'Amérique du Nord

L'Amérique du Nord est indiquée en plusieurs parties : le sud du Groenland, l'est de Terre-Neuve, et une péninsule qui pourrait être la Floride[12].

L'absence de côte entre Terre-Neuve et la Floride correspond à l'idée qu'un passage maritime vers l'Asie est possible à cette latitude.

Le Groenland chevauche le cercle polaire arctique. Le cartouche adjacent indique que les frères Corte-Real l'ont identifié comme les côtes orientales de l'Asie (Punte de Assia) et qu'ils n'ont pas pu y débarquer[13].

La côte est de Terre-Neuve se trouve à l'est de la ligne de démarcation de Tordesillas, avec d'autres grands arbres verts et dorés aux longs troncs, et la mention Terra del Rey de Portuguall. Ils correspondent à la description qu'en ont fait les frères Gaspar et Miguel Corte-Real en 1500-1501.

Les cinq îles de la Guadeloupe clairement identifiées et nommées (Isla de Guadalupe, Isla Deserada, Marígalante et Todos Santos) sur le planisphère de Cantino datant de 1502.

Les Antilles

Les Antilles figurent avec la mention has antilhas del Rey de castella : c'est la première utilisation du mot antilhas sur une carte.

L'archipel des îles de la Guadeloupe est l'un des plus précisément et complètement cartographiés, avec la mention du nom des îles qui le composent et qui n'ont pas varié depuis leur découverte par Christophe Colomb en .

L'océan Indien

Au sud-est de l'Afrique, sont dessinés trouve Madagascar, ainsi que l'archipel des Mascareignes, dont la découverte officielle[pas clair] par Pedro de Mascarenhas date de 1512-1513.

La rose des vents centrale.

Suites

Cette carte s'est trouvée périmée dans les quelques mois suivant son arrivée en Italie, du fait des voyages ultérieurs des Portugais et des Espagnols.

Cependant, son importance dans les rapports commerciaux italo-portugais n'est pas à complètement négliger, car elle a donné aux Italiens la connaissance de l'existence de la côte du Brésil et d'une bonne partie de la côte Atlantique de l'Amérique du Sud longtemps[pas clair].

Les informations géographiques de la carte de Cantino ont été reprises par le planisphère de Caverio, dessiné peu après le retour de Cantino en Italie.

Un peu plus tard, le planisphère de Caverio est la référence utilisée pour l'établissement du planisphère de Waldseemüller de 1507 par les cartographes de Saint-Dié travaillant pour le duc René II de Lorraine.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Miles Harvey, The Island of Lost Maps : A True Story of Cartographic Crime, New York, Random House, 2000 (ISBN 0-7679-0826-0 et 0-375-50151-7).
  • (en) J. Siebold, Slide #306 Monograph: Chart for the navigation of the islands lately discovered in the parts of India, known as the Cantino World Map Lire en ligne.
  • (en) E. Roukema, « Brazil in the Cantino map », Imago Mundi, volume 17, 1963, pages 7–26.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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