La localité moderne était initialement un shtetl (littéralement «petite ville», diminutif du yiddish שטאָט - shtot, de l'allemand Stadt) fondé en 1818 par les Juifsmoldaves après que le prince de MoldavieScarlat Kallimachis eut promulgué une charte à cet effet. À la fin du XIXesiècle, ce bourg d'artisans et de marchands, devenu bifurcation ferroviaire, comptait 2736 habitants, juifs à 90%. Outre une yechiva, le bourg comptait depuis 1867 une école publique de 154 élèves, filles et garçons, une pharmacie, un dispensaire, neuf synagogues, une église, et un moulin à vapeur[1].
La tragédie du „train oublié”: les cadavres sont jetés hors du train.
Le , au début de la guerre de la Roumanie contre l'URSS, eut lieu à la gare de Podu Iloaiei la tragédie du „train oublié”: les Juifs de Iași, accusés en bloc de soutenir l'URSS, sont victimes d'un pogrom et les survivants sont déportés en plusieurs trains vers le port de Călărași sur le Danube pour en être expulsés vers la Bulgarie (dans l'Axe, mais pas en guerre contre les Alliés) et la Turquie (neutre). L'un des trains comprenait 18 wagons de marchandises (prévus pour „8 chevaux ou 40 hommes”) remplis de plus de 100 juifs chacun, hommes, femmes et enfants de tout âge, soit 1902 personnes en tout; le dernier wagon contenait les corps de 80 juifs qui avaient été tués durant le pogrom de Iași. Privé de locomotive, ce train est «oublié» toute la journée sous un soleil de plomb sur une voie de garage de la gare de Podu Iloaiei et 1198 déportés meurent d'hyperthermie, déshydratés et asphyxiés: en fin de soirée un cheminot s'aperçoit de la situation et donne l'alerte[2],[3],[4].
Le lendemain, les victimes furent enterrées dans des fosses communes creusées à proximité (non sans avoir été pillées) et pour commémorer cette tragédie, une plaque rappelant ces événements a été installée dans la gare de Podu Iloaiei après la fin des dictatures.