Pointe de la Fumée
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La pointe de la Fumée est située à l'extrémité septentrionale de la presqu'île de l'Aiguille à Fouras (Charente-Maritime), au nord du large estuaire de la Charente.
C'est aujourd'hui un haut lieu de l'ostréiculture et le principal embarcadère pour l'île d'Aix.

Les coordonnées géographiques de la pointe sont de 46° 0' 9 N par 1° 7' 15 E.
Étroite avancée de terre, resserrée en un isthme dans sa partie centrale, elle est bordée au nord par l'anse de Fouras et la baie d'Yves, en direction de Châtelaillon-Plage et de La Rochelle.
Dans le prolongement de la péninsule, vers le nord-ouest, se trouve l'île d'Aix, dans la rade du même nom.
Les côtes de l'île d'Oléron se profilent à l'ouest, de même que, dans la même direction, mais à plus courte distance, le banc de sable appelé La Longe de Boyard sur lequel est bâti le fort Boyard et, plus proche encore, le rocher de la pointe de l'Aiguille qui porte le fort Énet (propriété privée), auquel il est possible d'accéder à marée basse, pour la pêche à pieds par, une passe de 1,660 km.
L'île Madame se situe au sud, sur la rive gauche de la vaste embouchure de la Charente.
La pointe de la Fumée offre ainsi un saisissant panorama circulaire sur l'ensemble de ces sites.
Histoire
Position stratégique de longue date (Napoléon Ier fit construire le fort Énet tout proche pour défendre la rade de Rochefort[1]), la pointe de la Fumée a abrité un casernement de marins, comme en témoigne la tour de l'observateur datant de 1900, qui surplombe le fronton d'un restaurant. Grâce à un projecteur mobile sur rail, il était possible de balayer la rade de Fouras et l'île d'Aix[2].
D'abord site militaire à vocation défensive dont l'activité a périclité pendant le XXe siècle, la pointe s'est tournée vers l'ostréiculture à partir de 1925.
Pêche et conchyliculture

La pointe de la Fumée est depuis les années 50, un lieu de pêche très apprécié des connaisseurs et des amateurs qui viennent parfois de très loin, en particulier, lors des grandes marées pour pratiquer la pêche à pieds. Elle est aussi pratiquée de manière fort originale, au moyen de carrelets. Petite cabane, généralement construite en bois, de forme cubique, montée sur pilotis au bord de l'estrand, à quelques mètres au-dessus de l'eau. Ces constructions insolites se retrouvent tout le long du littoral charentais et de l'estuaire de la Gironde, elles font partie du patrimoine local que le tourisme met en valeur. La pêche commence quand l'eau arrive aux pieds des pilotis soutenant la cabane et se termine quand la marée redescend. La cabane sert d'habitation pendant les quelques heures où le filet est immergé et relevé régulièrement au moyen d'un treuil. Un appât constitué de coquilles de moules écrasées mélangées à du sable fin, est jeté dans le filet avant chaque relevé.
Par ailleurs, la récolte à pieds des crevettes dans des casses remplies d'eau, des palourdes et des moules sauvages accrochées sur le rocher, fait partie des ressources locales, mais elle ne constitue que des activités saisonnières.
L'ostréiculture occupe aujourd'hui la première place économique de la presqu'île. Cette activité s'est organisée et fortement développée à partir des années 1920. Déjà, vers 1875, la cueillette des huîtres s'effectuait sur les rochers de la pointe de la Fumée, mais elle ne constituait qu'une ressource d'appoint.
Dans un premier temps, les huîtres, d'origine portugaise (Crassostrea angulata)[3], étaient élevées au sol sur des pierres, tuiles, etc. mais elles furent sévèrement touchées par l'épizootie d'. L'huître portugaise a depuis lors disparue des bancs d'huîtres de Fouras et il a fallu réorganiser totalement l'élevage, en introduisant des huîtres dites « du Japon » (Crassostrea gigas).
La presqu'île de Fouras est maintenant devenu l'un des plus importants centres de captage de naissains d'huîtres en France, grâce à l'apport des eaux douces de la Charente et à sa température[4]. Le naissain d'huîtres (larves) est d'abord capté sur des coupelles, - disques en plastique rugueux et fin assemblés par un tube - au stade de la larve qui vient se coller dessus, puis cultivées dans des poches en plastique grillagées au fur et à mesure de leur croissance, puis posées sur des tables en fer à 50cm du sol, retournées régulièrement où elles vont grossir jusqu'à la taille adulte de trois ans avant d'être triées, vendues sur place ou expédiées. Une partie du naissain est aussi achetée et expédiée vers des différents lieux d'affinage, en particulier, dans le célèbre bassin de Marennes-Oléron.
- Parcs à huîtres.
- Collecte et transport des poches.
- Coupelles pour le captage du naissain.
- Priorité à l'ostréiculture.

