Politique microprudentielle
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La politique microprudentielle (ou simplement le microprudentiel ou micropru dans le monde anglo-saxon) est l'ensemble des outils et méthodes qui permettent à un État de surveiller et corriger les risques que font courir des institutions financières (banques, compagnies d'assurance), à titre individuel, sur leurs clients et elles-mêmes.
La politique microprudentielle fonctionne complémentairement à la politique macroprudentielle, qui surveille les institutions financières en prenant en compte le contexte macroéconomique et les analyse d'un point de vue de leur risque systémique.
La politique microprudentielle est une politique de régulation des institutions financières, au premier rang desquelles, les banques. La politique microprudentielle relève du cas par cas : par des outils d'analyse, les régulateurs peuvent soumettre le bilan des banques à des tests de résistance (stress tests) et à des contrôles qui déterminent la solidité de l'entité[1]. La supervision microprudentielle repose également sur l'édiction de règles et de ratios que les institutions doivent maintenir[2].
Ces politiques se fondent sur l'idée selon laquelle la banque n'est pas capable, seule, de disposer du recul ou de la capacité en interne de prendre en compte les intérêts de long terme des épargnants, et que les épargnants n'ont pas les capacités de vérifier par eux-mêmes la solidité des institutions financières dans lesquelles ils placent leur épargne[3].
Le microprudentiel vise aussi à réduire l'opacité du bilan comptable des banques, qui est connu des régulateurs et qui peuvent surveiller son évolution. Jean Tirole soutient ainsi en 2006 que la régulation prudentielle assure une réduction des prises de risque inconsidérées des banques qui se savent surveillées[4].
Les politiques microprudentielles ont ainsi pour objectif d'assurer la stabilité des institutions de manière individuelle. Elles ne prennent pas en compte les interconnexions entre les institutions, ce qui relève de la politique macroprudentielle[5].