Politique macroprudentielle

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La Banque des règlements internationaux (BRI) assure une politique macroprudentielle à l'échelle internationale entre les banques centrales.

La politique macroprudentielle (ou simplement le macroprudentiel ou macropru dans le monde anglo-saxon) est l'ensemble des outils et méthodes qui permettent aux États de surveiller et corriger les risques systémiques du secteur bancaire, de la finance de l'ombre, et plus largement des marchés financiers. La politique macroprudentielle fonctionne de concert avec la microprudentielle.

L'autorité chargée de la surveillance de ces secteurs peut mettre sous surveillance active une institution dont la faillite provoquerait des tensions fortes sur le fonctionnement régulier du secteur financier, ainsi qu'imposer des règles prudentielles spécifiques dans la conduite des affaires de l'institution financière visée.

La politique macroprudentielle est une politique par laquelle une autorité publique est chargée de la surveillance des institutions financières dont la faillite provoquerait des tensions importantes sur l'ensemble du secteur financier. Elle complémente la politique microprudentielle, chargée de surveiller les entités prises individuellement[1]. Cette politique est en général menée par la banque centrale, et vise à réduire le risque d'une crise financière provoquée par l'effondrement d'une entité financière[1].

La raison d'être de la politique macroprudentielle tient à la reconnaissance de ce que l'instabilité financière et les tensions sur les marchés financiers ont des effets néfastes sur la croissance économique et sur le bien-être des populations, d'autant que des crises économiques peuvent être provoquées par ces instabilités[1]. Une telle politique agit au niveau macro, c'est-à-dire qu'elle prend en compte le rôle de l'institution dans un cadre global de système financier, là où la politique microprudentielle s'intéresse aux entités prises individuellement[1]. Par conséquent, la politique macroprudentielle permet d'éviter, notamment, les risques de contagion financière, surtout par le canal bancaire (contagion bancaire)[2]. Elle vise à assurer une résilience meilleure à l'économie en même temps que sa solidité[3].

La politique macroprudentielle postule que les institutions financières ne disposent souvent pas d'une vision de long terme suffisante pour anticiper que leur activité, qui a tendance à s'emballer en temps de croissance forte avec une multiplication des comportements à risque, peut subir un brutal retournement lorsque la conjoncture économique se tournera. Ainsi, une surveillance macroprudentielle est nécessaire afin de corriger les déséquilibres générés par le cycle financier, les crises financières et les risques financiers[4].

La politique macroprudentielle a été assimilée par Carmen Reinhart (2012) à une forme nouvelle de répression financière[5].

Instruments

Coussins de capitaux contracycliques

Des exigences en matière de capitaux variant de manière contra-cyclique[4].

Ratios de service de la dette

Les autorités macroprudentielles peuvent mettre en place des exigences spécifiques dans les conditions d'octroi de crédit[6]. Par exemple, elles peuvent interdire à la banque de prêter à des agents économiques dont le service de la dette (le coût mensuel du remboursement du principal et des intérêts) serait supérieur à un certain pourcentage de leurs revenus[7].

Freins à l'octroi du crédit

Les autorités peuvent imposer des limitations de croissance des actifs des banques[6].

Tests de résistance

Les autorités peuvent imposer des tests de résistance qui prennent en compte les autres institutions financières au niveau macroéconomique[7].

Histoire

Débats et critiques

Références

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