Pollution due à l'alpinisme
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La pollution due à l'alpinisme est constituée principalement des ordures déposées par les alpinistes lors de leurs courses en montagne, ou, plus souvent, lors de leurs bivouacs. Peu visible durant plusieurs décennies, elle devient un phénomène de grande ampleur à partir des années 1990, du fait de la démocratisation de l'escalade, du trekking et plus généralement du tourisme en haute montagne.

La quantité de déchets est directement liée à la hausse de la fréquentation des sommets, en particulier de ceux jugés très difficiles, comme ceux de l'Himalaya, des Andes méridionales ou d'Alaska. Ainsi, le , « environ 320 personnes » sont comptabilisées simultanément sur la même arête d'accès au sommet de l'Everest[1]. Le camp de base côté népalais compte en saison environ 1 500 résidents permanents, dont certains touristes n'ayant pas le moindre rapport avec l'alpinisme, et est desservi par hélicoptère pour certaines personnes ou certains services[2]. De même, le mont Blanc est fréquenté chaque année par environ 30 000 personnes dans les années 2010[3].
Les principaux déchets déposés en montagne sont des équipements, soit jetables (emballages alimentaires et sacs plastique en particulier), soit pérennes mais détériorés (tentes, cordes). À proximité des sommets situés à très haute altitude, que les alpinistes gravissent souvent avec une assistance respiratoire, sont également souvent jetées les bouteilles d'oxygène[4]. À partir de la pandémie de Covid-19, sont par ailleurs retrouvés des masques ou des bouteilles jetables de gel hydroalcoolique, identifiés par les trois quarts des répondants à un sondage sur le sujet. Les mêmes participants estiment en 2023, à hauteur de 60 % du panel interrogé, que la pollution en montagne a augmenté lors des cinq années précédentes[5].

Un autre problème est celui des excréments dispersés sur l'itinéraire, qui, du fait du froid, ne se dégradent pas et subsistent en l'état durant des années. Un autre type de déchet organique est constitué du corps des alpinistes morts durant leur ascension et dont le corps n'a pas été rapatrié[6].
Une autre forme de pollution, non visible, est due aux produits d'imperméabilisation et d'isolation des équipements sportifs (vêtements, sacs, chaussures), en particulier aux perfluorocarbures. Ces produits, très volatils, se dispersent avec l'usure des équipements qu'ils protègent. Ils se retrouvent pour partie dans l'atmosphère, où ils participent à l'effet de serre, étant dotés d'un potentiel de réchauffement global important, tandis que le reste de ces produits finissent dans l'eau, alors qu'ils sont classés comme « cancérigènes probables »[7].
