Pomme d'or de la discorde

présent fait par Eris dans la mythologie grecque From Wikipedia, the free encyclopedia

La Pomme d'or de la Discorde est, dans la mythologie grecque, un présent fait par Eris, la déesse de la discorde, à « la plus belle » des déesses de l'Olympe. Eris ne précisant pas le nom de la déesse en question, une rivalité s'ensuit entre les déesses qui mènera à la guerre de Troie.

Joseph Mallord William Turner, The Goddess of Discord (Éris, déesse de la discorde choisissant la pomme dans le Jardin des Hespérides).

En référence à cet épisode, le terme « pomme de discorde » ou « pomme de la discorde » est utilisé familièrement pour désigner le cœur, ou le nœud d'une querelle, ou d'un petit désaccord qui pourrait conduire à un conflit plus grand[1].

Mythe

La Pomme de la Discorde est, dans la mythologie grecque, jetée par la déesse Éris offensée de ne pas avoir été invitée au mariage de Pélée et Thétis. Elle lance la pomme avec inscrit dessus « Pour la plus belle ». Dans certaines sources plus tardives, Éris a inscrit sur la pomme « À la plus belle »[2] avant de la jeter. La version la plus populaire de l'inscription est, en grec ancien, τῇ καλλίστῃ / têi kallístēi (grec moderne : τη καλλίστη / ti kallísti), « Pour/À la plus belle »[3]. Καλλίστῃ est le datif singulier du superlatif féminin de καλός, « belle ». Dans les sources latines, le mot utilisé est formosissima[4].

Eris (en haut à droite) apportant la pomme de discorde durant le mariage Pélée et Thétis.

La pomme d’or est un fruit légendaire issu de la mythologie grecque, étroitement lié à Éris, la déesse de la Discorde. Un jour, alors que tous les dieux sont conviés aux noces de Thétis et Pélée, Éris est la seule oubliée. Furieuse, elle décide de se venger : elle jette au milieu du banquet une pomme d’or portant l’inscription « Pour la plus belle ». Héra, Athéna et Aphrodite se disputent aussitôt le fruit, chacune convaincue d’en être la digne destinataire. Incapable de choisir entre les trois déesses, Zeus confie la décision au jeune prince troyen Pâris, épisode connu sous le nom de « jugement de Pâris ». Celui-ci se retrouve face à trois promesses : Héra lui offre le pouvoir, Athéna la sagesse et la victoire militaire, tandis qu’Aphrodite lui promet l’amour de la plus belle femme du monde. Séduit par cette dernière promesse, Pâris remet la pomme d’or à Aphrodite. Mais la plus belle des mortelles, Hélène, est déjà mariée au roi grec Ménélas. Son enlèvement par Pâris est facilité par Aphrodite mais provoque la colère des Grecs qui forment une coalition et partent pour Troie dans le but de récupérer Hélène et détruire la ville. C’est le début de la guerre de Troie racontée dans l'Iliade d'Homère où de nombreux héros s’affrontent (parmi lesquels Achille, Ajax, Ulysse ou Hector).

Ainsi, la simple pomme d’or devient l’étincelle à l’origine d'un des plus grands conflits de l'antiquité.

Utilisation dérivée

De ce fait, dans la mythologie romaine, la déesse correspondant à la déesse grecque Éris est nommée « Discordia ». En allemand et en néerlandais, l'expression est utilisée de manière beaucoup plus familière, bien qu'en allemand, la version la plus courante n'est pas der Apfel Zwietracht (lit. « Pomme de la Discorde »), mais Zankapfel (« Pomme-Querelle ») et, plus rarement, Erisapfel (« Pomme d'Eris ») . En néerlandais, le terme commun est twistappel (« Pomme-Conflit »).

La manzana de la discordia (la tourelle de gauche appartient à la Casa Lleó Morera ; le pignon à redents est celui de la Casa Amatller ; et la façade incurvée à droite, la Casa Batlló).

Dans le quartier d'Eixample (Barcelone), un immeuble est surnommé en espagnol La manzana de la discordia (catalan : L'illa de la discòrdia; image ci-contre) en raison du double sens de manzana signifiant à la fois « pomme » et « pâté de maisons » en espagnol. Il a été nommée ainsi (« immeuble de la discorde »), car il dispose de quatre interprétations différentes du Modernisme en architecture : la Casa Batlló d'Antoni Gaudí, la Casa Lleó Morera de Lluís Domènech i Montaner, la Casa Amatller de Josep Puig i Cadafalch et la Casa Mulleras d'Enric Sagnier.

Des combats traditionnels et violents entre habitants de paroisses voisines, analogues à ceux de la soule, consistaient à se disputer une « pomme de discorde », comme en 1843 entre deux paroisses bretonnes[5].

Notes et références

Voir aussi

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