Pompeia Paulina

From Wikipedia, the free encyclopedia

Pompeia Paulina
Paulina et Sénèque dans La Mort de Sénèque, Noël Hallé, 1750, Boston, musée des beaux-arts.
Biographie
Époque
Fratrie
Conjoint
Gens

Pompeia Paulina, épouse de l'homme d'état et philosophe Sénèque, a vécu à Rome au Ier siècle, sous l'empereur Néron. En 65, Néron exige que Sénèque se suicide, l'accusant d'avoir pris part à la conjuration de Pison organisée contre lui. Paulina tente de mourir avec son mari, mais survit à sa tentative de suicide.

L'essentiel de ce que l'on sait de Paulina vient du livre XV, chapitres 60 à 64 des Annales de Tacite quand il décrit le suicide de Sénèque.

Sénèque quant à lui fait une seule mention significative du nom de son épouse dans une des Lettres à Lucilius, la lettre 104 qui date de 64. Il l'a écrite juste juste après son voyage de Rome à sa villa à Nomentum, alors qu'il était souffrant.

« J’ai fui dans ma terre de Nomentum ... devine quoi ? « La ville ? » Non, mais la fièvre qui s’annonçait. Déjà elle mettait la main sur moi : je fis bien vite préparer ma voiture, malgré ma Pauline, qui voulait me retenir. « Le mal est à son début, disait le médecin, le pouls agité, inégal, troublé dans sa marche naturelle. » Je m’obstine à partir : je donne pour raison ce mot de mon honoré frère Gallio qui, pris d’un commencement de fièvre en Achaïe, s’embarqua aussitôt en s’écriant : « Ce n’est pas de moi, c’est du pays que vient le mal. » Voilà ce que je répétais à ma Pauline qui est cause que ma santé a plus de prix pour moi. Oui, comme je sais que sa vie tient à la mienne, je commence, par égard pour elle, à m’écouter un peu ; et aguerri par la vieillesse sur bien des points, je perds sur celui-ci le bénéfice de mon âge. Je me représente que dans ce vieillard respire une jeune femme qu’il faut ménager ; et comme je ne puis gagner sur elle d’être aimé avec plus de courage, elle obtient de moi que je m’aime avec plus de soin.  [...] Quoi de plus agréable, en effet, que d’être chéri d’une épouse au point d’en devenir plus cher à soi-même ? Aussi ma Pauline peut compter que j’éprouve ses craintes pour moi, en outre des miennes. »

Dans sa Consolation à Helvia (Ad Helviam matrem de consolatione), écrite en 41, Sénèque mentionne son fils nouveau-né récemment décédé ; dans De la colère (De ira), il explique comment sa femme comprend ses méditations nocturnes. Dans sa Vie de Sénèque en latin, préface à son édition des œuvres du philosophe, publiée à Anvers en 1605, l'érudit Juste Lipse affirme qu'il ne s'agit pas de Paulina mais d'une épouse d'un premier lit ; selon René Waltz, aucun document ne permet d'affirmer que Paulina n'a épousé Sénèque qu'en secondes noces[1], mais la question n'est pas tranchée.

Famille et mariage

Pline l'Ancien mentionne dans son Histoire naturelle (33, 143) que la famille de Pompéius Paulinus est originaire d'Arles en Gaule[2]. Entre 48 et 55, Sénèque écrit son dialogue De Brevitate Vitae (De la brièveté de la vie) qu'il dédie à Paulinus[3], important armateur d'Arles, qui fut préfet de l'annone (praefectus annonae) de 48 à 55, c’est-à-dire chargé du ravitaillement de Rome, et faisait partie de l'ordre équestre[4] ; il est généralement admis qu'il s'agit du père de Paulina.

Un autre membre de la famille, Aulus Pompeius Paulinus, a été consul suffect un peu avant 54[5] et légat en Germanie vers 55 de notre ère ; il pourrait être le frère de Paulina[6].

Si l'on suit René Waltz, Paulina épouse Sénèque vers l'an 38 : Sénèque a environ quarante-deux ans et Paulina est plus jeune que lui. Ils ont deux fils : l'un meurt en 41 ; l'autre s'appelle Marcus, sans qu'on en sache plus[7].

Tentative de suicide

Au lendemain de la conjuration de Pison, le 12 avril 65 ap. J.-C., Néron ordonne à Sénèque de se tuer lui-même et envoie des soldats pour vérifier que l'acte a été fait. Tacite rapporte que Paulina voulait aussi mourir ; Sénèque s'était ouvert les veines des jambes et des bras, Paulina s'ouvre les veines des poignets. Sénèque, tout en étant consterné, ne désapprouve pas entièrement sa décision. En apprenant qu'elle essayait de se suicider, Néron ordonne qu'on la sauve, plus pour sauver la face et éviter l'accusation de cruauté que dans un souci réel pour la vie de Paulina ; il envoie des soldats pour s'assurer que ses esclaves et affranchis lui ont bandé les poignets ; Paulina survit.

Pauline ne se remarie pas et reste fidèle à la mémoire de son mari. Tacite indique qu'après sa tentative de suicide, elle est restée d'aspect fragile, avec un visage anormalement pâle[8]. Elle meurt quelques années plus tard.

Dans l'art et la littérature

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI