Postliminium

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Le postliminium est un concept juridique romain qui consiste à considérer qu'un prisonnier récupère l'ensemble de ses biens et de ses droits à son retour de captivité, comme s'il n'avait jamais été captif.

Les conditions quant à l'objet

Trois séries de conditions régissent le droit au postliminium. Les conditions quant à l’objet, ou au bénéficiaire, les conditions relatives à l’identité des ravisseurs et les conditions quant au retour.

La liste des bénéficiaires du postliminium n’a que peu évolué au cours du temps[1]. Il s’agit de l’homme libre ou esclave, des navires de guerre et des navires de transport dès lors qu’ils ont servi à la guerre, et enfin les chevaux dressés et les mulets de bât. On a pu penser que les terres en bénéficiaient aussi, mais Jean Imbert réfute cette assertion. Un statut proche a provoqué la confusion chez les historiens modernes. Le point commun de tous ces bénéficiaires est qu’ils servent à faire la guerre et qu’ils se perdent sans déshonneur.

Les conditions relatives à l'identité des ravisseurs

Selon le juriste Paul, le postliminium, dont les bénéficiaires sont des prisonniers de guerre au sens le plus strict, ne concerne pas les personnes capturées par des pirates ou des brigands : « Les personnes capturées par des pirates ou des brigands restent libres »[2]. Cela signifie par conséquent qu’ils ne bénéficient pas du postliminium au même titre que ceux capturés par des hostes (ennemis) juridiquement définis, qui, eux, subissent une capitis deminutio. Étant donné que les prisonniers ne sont pas, dans ce cas, capitis minuti, ils n’ont pas même besoin du postliminium puisqu’ils ne perdent rien en droit.

La guerre civile, quant à elle, est un cadre particulier du problème des prisonniers de guerre, puisque les ennemis ne sont pas à proprement parler des hostes. La privation de liberté de fait qui résulte de la captivité de guerre classique n’est pas reconnue par la loi[3].

Les conditions concernant le retour

Une autre condition concerne les circonstances du retour. Il faut revenir durant la même guerre où l’on a été fait prisonnier. Si un prisonnier n’est pas revenu et que le traité qui clôt la guerre n’accorde pas la restitution des prisonniers, ceux-ci n’auront plus droit au postliminium par la suite.

Il existe toutefois un postliminium in pace qui concerne les captifs surpris chez des ennemis par une déclaration de guerre, ou pris par des hostes avérés en dehors d’une déclaration de guerre. On note à ce sujet une évolution. Avant le Principat le postliminium existe aussi avec les foederati ou les alliés. À partir du Principat il n’y a plus de postliminium avec les fédérés et les alliés, car ils sont inclus dans les lignes romaines. Finalement la condition essentielle, qui donne son unité au postliminium est, selon Jean Imbert, l’éloignement par rapport à Rome.

Concernant le retour il faut être physiquement dans un lieu dont la sûreté est garantie publiquement[4]. Sous le Principat cette zone s’étend aux socii et aux amici. Revenir par le corps ne suffit pas, il faut aussi revenir par l’esprit. On a précisé ainsi, au cours du temps, la nécessité de l’animus reuertendi, la « volonté de revenir » à Rome. Cette dernière clause ne concerne pas les esclaves dont le retour profite à leur maître[5]. Néanmoins pour que les esclaves soient rendus à leur maître iure postliminii, il faut qu’il y ait appréhension matérielle[6].

Les effets du postliminium

Voir aussi

Notes

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