Potalia amara
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1. Bouton de fleur. - 2. Bouton de fleur garni de trois écailles. - 3. Calice. - 4. Fleur épanouie. - 5. Corolle. Diſque. Étamines. - 6. Étamines. Ovaire. Style. Stigmate. - 7. Étamines ſéparées. - 8. Ovaire, coupe en travers.[1]
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Sous-classe | Asteridae |
| Ordre | Gentianales |
| Famille | Loganiaceae |
| Genre | Potalia |
- Nicandra amara (Aubl.) Gmel.[2]
Potalia amara est une espèce d'arbuste néotropical, appartenant à la famille des Gentianaceae (anciennement Loganiaceae). Il s'agit de l'espèce type du genre Potalia (Aubl.).
En Guyane, elle est connue sous les noms de Mavévé grand bois, Matévé, Grand Matévé[3] (créole)[4], Anɨlapoy (Wayãpi), Aβatni awak nopsisa (Palikur), Anabi, Pau-de-cobra (Portugais)[5], Tsaantsutsu (Aluku)[6], bokokini (Taki taki)[7].
Potalia amara est un arbre ou un arbuste du sous-étage atteignant 1 ou 2 voire 5 mètres de haut, monopodial ou peu ramifié. Les tiges et branches cylindriques, glabres, mesurent jusqu'à 5 cm de diamètre. Les entre-nœuds sont longs de 1,5 à 24 cm.
Les feuilles pétiolées, opposées décussées, sont groupées vers l'apex des branches. Le pétiole plutôt court, atteint jusqu'à 2,5 à 5 cm de long. Le limbe, glabre, mesure (25-)43-62 x 8-19 cm[Comment ?], est membraneux, cartacé à légèrement coriace, de forme obovale, lancéolée, à oblancéolée, aiguë à acuminée à l'apex, atténuée à la base (limbe décurrent sur le pétiole). La face adaxiale vert plus foncé que la face abaxiale. Le nervation pennée eu-camptodrome se compose d'une nervure médiane saillante en dessous, d'environ 12 à 15 paires de nervures secondaires, et de nervures tertiaires peu visibles. Les marges sont entières, peu ou pas révolutées, les stipules sont soudées en une petite gaine entourant la tige au niveau du nœud.

L'inflorescence terminale, cymeuse, avec des axes jaunes ou orangés majoritairement trichotomiques, peut comporter jusqu'à 40 fleurs. Les bractées et bractéoles, marquées, sont ovales à triangulaires, longues de 2-3(5) mm. Le pédicelle est long de 10-18(-30) mm.
Les fleurs tétramères sont dressées, présentent un calice jaune, orange ou blanc (rarement avec des pointes vertes), à sépales imbriqués, elliptiques à orbiculaires, mesurant 3-6 x 3-6 mm, (5-6 x 4-6 mm au stade du fruit), à bord plat, non hyalin, et obtus à l'apex. La corolle jaune, blanche ou crème, est tubulaire, longue de 10-13 mm pour 4-6 mm de large à l'extrémité. Ses 10 lobes, s'ouvrant à peine, sont étroitement elliptiques, mesurent 3-5 x 1-2 mm, aigus à l'apex. Les 10 étamines, insérées au milieu du tube, alternes avec les pétales, ne dépassent pas les lobes de la corolle, ont les filets droits, soudés, longs de 2-3 mm, et des anthères blanc verdâtre à vertes, linéaires, longues de 3-4 mm, légèrement courbées. Le pollen a l'exine lisse, perforé. Le pistil est long de 6-7 mm. L'ovaire, contenant deux loges, mesure environ 4 × 2 mm, avec une partie apicale globuleuse stérile. Le style, renflé à la base, filiforme à l'apex, est long de 2-3 mm, porte un stigmate capité d'environ 1 mm de diamètre.
Le fruit, dressé, est indéhiscent, vert à l'état immature ou frais (vert rougeâtre), devenant brun foncé en séchant, de forme globuleuse ovoïde, mucroné à l'apex, à légèrement connée, mesure 11-15 x 10-15 mm (la partie apicale stérile moins distincte et confluente avec un anneau épaissi moins distinct que chez P. resinifera). Les nombreuses graines anguleuses sont brun foncé, et mesurent environ 4 × 2 mm[7],[4],[8].
Taxonomie
Le genre Potalia a fait l'objet d'une révision taxonomique en 2004[9], à l'occasion de laquelle il a été divisé en 9 taxons, dont certains étaient auparavant considérés comme Potalia amara. Le taxon le plus proche de Potalia amara serait Potalia turbinata (Struwe & V.A. Albert) d'Amérique Centrale, qui a les fleurs et les fruits les plus similaires[7].
Répartition
Écologie
Potalia amara est un arbuste commun dans le sous-bois des forêts tropicales anciennes[5], principalement non inondées, mais aussi dans les forêts secondaires, le long des pistes et des sentiers, sur les berges des cours d'eau, souvent sur des sols latéritiques, autour de 70-700 m d'altitude. Elle fleurit et fructifie toute l'année[7].
Ses fruits sont disséminés par des chauves-souris[5].
Utilisation
En 1897, le Dr Heckel signale que les gouttelettes de résine transparente jaunâtre produites par les feuilles et jeunes tiges de Potalia amara, émettent en brûlant une odeur rappelant le benjoin. Il signale aussi qu'on fait de cette plante très franchement amère, une tisane sudorifique contre les maladies vénériennes, un vomitif employé en cas d'empoisonnement par le manioc (Aublet), et qu'elle a des vertus emménagogues, antisyphilitiques, antispasmodiques, fébrifuges, et antiictériques[10],[3].
Potalia amara est une plante typique des pharmacopées amazoniennes.
La décoction des parties aériennes de Potalia amara est considérée comme fébrifuge par les Créoles (bue) et les Wayãpi (administrée en bain).
Les Palikur mettent à exsuder à la flamme les jeunes feuilles, et rameaux écrasés de Potalia amara, puis les imbibent d'huile de carapa, avant de les appliquer en cataplasme sur les zones douloureuses, pour soigner les abcès profonds (tukuke) et les enflures causées par du pus (wahau). Potalia amara est associée à Picrolemma sprucei, Gossypium barbadense et Tabebuia serratifolia dans un traitement Palikur contre le diabète[5].
Potalia amara aurait aussi des vertus pour soigner les urétrites [11], la syphilis au Brésil[12] et dans les Guyanes[13], les intoxinations au manioc (antidote de la manihotoxine)[14], les envinimations (feuilles alexitère en Amazonie chez les Tukano, les Maku et les Bora)[15] et les conjonctivites (à petite dose)[16].
Chimie
Potalia amara contient des swertiamarine (iridoïde)[5].