Prajnaparamita

concept bouddhique mahayanique de la « perfection de la sagesse » From Wikipedia, the free encyclopedia

La littérature prajñāpāramitā (terme sanskrit ; devanagari: प्रज्ञापारमिता) ou perfection de la sagesse est un ensemble de textes du bouddhisme mahāyāna[1] développant le thème de la perfection (paramita) de la sagesse transcendante (prajna, de jñā « connaître » précédé du préfixe d’insistance pra), perception aiguë permettant de reconnaître la nature réelle de toutes choses et concepts comme vide (shunya), et d’atteindre à l’éveil de la bouddhéité.

Prajñāpāramitā sous la forme d’une déesse, temple de Singosari, Java oriental

Il s’agit d’un des corpus mahāyāna les plus anciens et les plus importants, aussi bien par sa taille que par son influence. Les éléments les plus connus, préservés et traduits par Kumarajiva, en sont le Sūtra du Cœur et le Sūtra du Diamant ; le second occupe une place particulière dans le courant chan / zen. Un Traité de la mahāprajñāpāramitā est attribué à Nāgārjuna. La tradition hindoue a reçu son influence par l’intermédiaire de Gaudapada et d’Adi Shankara.

Parfois comparée à la « mère des bouddhas », la prajñāpāramitā a fait l’objet dans le bouddhisme tantrique de représentations sous forme de bodhisattva ou de déesse à qui sont associés des rituels et sādhana.

Prajñāpāramitā dans les autres langues du mahāyāna : chinois : 般若波羅蜜多/般若波罗蜜多 bōrě-bōluómìduō ; japonais : hannya-haramita ou haramitsu ; vietnamien : Bát Nhã Ba La Mật Đa ; tibétain : Shes-rab-pha-rol-phyin ; mongol : Bilig-un Chinadu Kichaghar-a Kürük-sen.

Développement du corpus

La littérature prajñāpāramitā comporte trente-cinq textes, auxquels s’ajoutent des commentaires et des shāstras (traités).

Le premier soûtra prajñāpāramitā, qui est aussi l'un des premiers textes mahāyāna connus, est l’Aṣṭasāhasrikā Prajñāpāramitā Sūtra ou Perfection de la sagesse en 8000 lignes (~100). Son résumé, le Ratnaguṇasaṁcaya Gāthā, Vers sur l’Accumulation des Qualités Précieuses, pourrait être plus ancien, en particulier les deux premiers chapitres, car il n'est pas écrit en sanskrit littéraire mais en sanskrit bouddhique hybride. Entre le début du IIe siècle et celui du IVe siècle apparurent des versions en 10 000, 18 000, 25 000 et 100 000 lignes. Ces textes, appelés Grande perfection de sagesse (Mahāprajñāpāramitā), furent ensuite réduits durant les deux siècles suivants, donnant entre autres le Soûtra du Cœur (Prajñāpāramitā Hṛdaya Sūtra), courte proclamation de l'importance essentielle de la prajñāpāramitā récitée quotidiennement par de nombreux bouddhistes mahāyāna, en particulier avant et après les séances de méditation, et le Soûtra du diamant (Prajñāpāramitā Vajracchedikā Sūtra). Apparurent même des versions dharanis ou mantras, dont la plus courte est le Soûtra de la Perfection de la Sagesse en une lettre, réduit à la lettre A, préfixe sanskrit négatif, signifiant que la réalité que permet de percevoir la prajñāpāramitā n’est rien de ce que l’on conçoit habituellement.

La tradition prétend que le Bouddha - à qui ce corpus est attribué comme tous les soûtras - le jugeant trop difficile, le confia aux Nagā qui le remirent en temps utile à Nāgārjuna, considéré comme le premier capable de le comprendre. Les premiers soûtras prajñāpāramitā prédatent en fait Nāgārjuna et, bien qu’un Traité de la grande prajñāpāramitā lui soit attribué et qu'il ait abondamment discuté de la vacuité, un des thèmes centraux de ces soûtras, son degré de familiarité avec ce corpus n'est pas certain.

Du VIe siècle au début du XIIIe siècle, des versions tantriques apparurent, et en même temps la représentation de la prajñāpāramitā sous forme de bodhisattva ou de déesse.

Contenu

Voir aussi

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